samedi 28 juin 2014

L'Ardéchoise 2014 - La Méridionale

C'est la cyclo qui rassemble le plus de monde en France, tous parcours confondus. Et il faut dire qu'il y en a pour tous, avec des parcours en randonnées qui peuvent se faire sur 2, 3 ou 4 jours, ou des cyclosportives qui ont lieu le samedi.
 
Pour cette première participation, j'ai choisi le parcours de la Méridionale en 4 jours. C'est le plus long, avec un total de 619 kms pour 10800m de dénivelé. Cette option me permettra de découvrir l'Ardèche en en effectuant quasiment le tour du nord vers le sud.
 
Inscrit au mois de novembre, on me fait rapidement un retour par mail, pour me proposer les différents hôtels où je séjournerai chaque soir, et par conséquent la distance et le dénivelé de chacune des étapes (entre 150 et 160 km à chaque fois, mais des dénivelés sensiblement différents, en fonction des zones). N'habitant pas dans le coin, je réserve en plus un hôtel la veille du départ et le soir de l'arrivée.
 
Mardi 17 juin, je me rends à St Félicien, pour y retirer mon dossard. J'y dépose le sac avec les affaires qui me suivront d'hôtel en hôtel. Celui-ci ne doit pas excéder 10 kg, et j'ai dû sacrifier une paire de tong ainsi qu'une bombe de mousse à raser, pour atteindre le poids escompté. D'ailleurs, la pesée au moment de remettre mon sac, confirme que je suis tout juste à 10 kg. Ensuite, direction St Péray où j'avais réservé un hôtel pour la nuit. Avec la petite route de montagne, c'est un peu plus long que ce je pensais pour s'y rendre, mais ce n'est pas grave, je n'aurais pas d'heure de départ fixe le lendemain..
 
Jour 1:
 
Réveil de bonne heure, pour me rendre à St Félicien où un parking, improvisé dans un champ, est prévu pour les participants de plusieurs jours. Je monte le vélo, et vérifie que je n'oublie rien. Déjà, pour certains, les choses se présentent mal: quelqu'un a oublié d'éteindre ses feux, alors qu'il ne reviendra pas avant 4 jours, un autre se rends compte au moment de partir, qu'il a oublié ses chaussures, alors qu'il habite à 60 km de là.
 
Je me rends au contrôle de départ, et m'élance pour cette première étape qui compte 158 km pour 2720 m de dénivelé, avec déjà de nombreux cols à franchir.
 
Hormis, une première difficulté vers le début de parcours, avec des pourcentages à 14%, le reste se monte plutôt bien.
 
Nous traversons de nombreux villages, où nous sommes à chaque fois très chaleureusement reçus. Tous les habitants se sont mobilisés pour faire de cet instant une grande fête, et les villages sont très joliment décorés aux couleurs de l'ardéchoise (le jaune et le violet), le vélo y étant à l'honneur sous toutes formes, et dans les endroits les plus improbables. Les habitants se prennent au jeu en se déguisant sur un thème différent à chaque fois. Et quant aux ravitaillements ils sont copieux, variés, et le plus souvent pourvus de produits locaux.
 
Ah vraiment, plus le parcours avance, et plus on prends du plaisir à s'arrêter dans ces petits villages, et faire un petit bout de causette avec ses habitants.
 
Le parcours n'étant pas chronométré, il s'agit de bien gérer ses efforts et surtout ses arrêts, pour ne pas arriver à une heure trop tardive, mais cela laisse de la marge.
 
En cours de matinée, et régulièrement ensuite, nous subirons un peu de pluie.
 
Nous montons le col de la Faye, la principale difficulté du jour. En haut, je profite d'un ravitaillement, pour manger un peu. Je ne m'attarde pas trop car il ne fait pas très chaud.
 
Redescente, puis montée du col de Tauzuc. Arrivé en haut, je ne note pas de flèchage au sol, comme il y en avait jusqu'à présent, et je continue en descente. Au bout de 5 km, je me sens un peu seul, plus personne derrière, ni devant. Effectivement, je n'ai pas pris la bonne direction, et je dois remonter ces 5 kms où je retrouve au col, la petite pancarte que je n'avais pas vu.
 
Nous retrouvons la pluie vers la fin de la montée du col de la Fayolle, et les conditions se dégradent au col, avec l'arrivée de l'orage. Il ne reste plus qu'une longue descente vers Privas, mais la pluie va laisser place à des trombes d'eau. Il n'y a pas où s'abriter, et je continue la descente derrière un petit groupe de coureur, le freinage étant assez inefficace dans les virages.
 
Nous arrivons à Privas, trempés et transis de froid.
 
Je regagne mon hôtel, où je retrouve mon sac avec de quoi me changer, après une bonne douche.
 
Je fais la connaissance de Joël, qui partagera la chambre avec moi. Il est venu avec un petite bande de copains, et je me joins à eux pour le diné.
 
Jour 2:
 
Levé de bonne heure, car nous devons déposer nos sacs avant 7h30 si l'ont veux qu'ils soient pris en charge par les transporteurs. J'en profite pour faire un petit nettoyage et re-huilage du vélo qui a bien pris avec l'averse de la veille.
 
Cette seconde étape nous emmènera jusqu'à Les Vans, avec 156 km pour 1995 m de dénivelé. C'est en principe, la journée la moins difficile.
 
Il fait beau à présent, et il est prévu grand soleil pour les 3 derniers jours à parcourir.
 
Je pars avec mes nouveaux compagnons de route: Joël, Jean, Pascal, Alain, Paulo et Luc.
 
Depuis Privas, nous arrivons rapidement au pied du col du Benas, la principale difficulté du jour, mais le col est régulier et il se monte bien.
 
Au ravitaillement de St Rémèze, nous ne sommes pas très loin des gorges de l'Ardèche, qui ne sont pas sur le parcours de la Méridionale. Certains dans le groupe veulent profiter de l'aubaine, et faire un petit crochet supplémentaire pour prendre la route des Gorges, et c'est vrai qu'il aurait été dommage de s'en priver, tant le panorama en vaut la chandelle. Nous poussons même jusqu'au Pont d'Arc, même s'il nous faut ensuite remonter le col de Serre de Tourre descendu pour l'occasion.
 
Nous rejoignons St Martin d'Ardèche, et reprenons le fil du parcours, même si ce petit détour nous aura valu 30 km supplémentaires.
 
Nous traversons de nombreux villages toujours aussi bien accueillis. A Orgnac l'Aven, on nous remet un petit sachet de Lavande, alors qu'à Vagnas, nous sommes accueillis par Mario qui nous offre une bouteille de vin d'Ardèche. Image un peu surréaliste ensuite, du porteur de la bouteille qui doit la caler dans son porte bidon.
 
A la sortie, d'un village, une petite fille me tire un sourire, en m'encourageant, alors que je porte un maillot à pois: "Allez la rougeolle!".
 
Même si les cols ne sont pas bien longs aujourd'hui, le parcours continue à monter et descendre régulièrement, et le petit col de la Serre vers la fin, comportera même quelques passages sévères qui feront mal, le tout sous une route au goudron collant sous le soleil.
 
Le col de Pigère, le dernier qu'il nous faut monter, nous fait traverser un magnifique village médiéval, et vers la fin de la montée, nous sommes conviés à nous arrêter à un ravitaillement en pleine forêt. Celui-ci est tenu par les habitants d'un autre village, qui n'est pas sur le parcours cette année mais le sera l'année prochaine, et ils tenaient à prendre un peu le pouls en vue de l'année prochaine. Nous sommes reçus royalement, avec un bon verre de "Marquisette", cocktail de là-bas, à base de rhum et de rosé. Rien de mieux, pour nous requinquer, ou pour nous couper les pattes... c'est au choix.
 
Nous arrivons aux Vans. Je laisse mes compagnons de route, s'ils me lisent, merci encore à eux pour leur sympathie, et pour m'avoir attendu lorsque j'étais un peu à la traine.
 
Je me rends au petit hôtel situé près de l'arrivée: un ancien couvent transformé en hôtel, plein de charme et très plaisant.
 
Je fais la connaissance de Jean, mon nouveau compagnon de chambre, et je me joins à lui, Jean-Régis et Bernard pour le repas.
 
Jour 3:
 
Aujourd'hui, 150 km à parcourir, avec un dénivelé de 3395 m, c'est l'étape la plus difficile de ces 4 jours.
 
Le petit déjeuner étant servi à partir de 6h30, je laisse Jean et ses amis partir plus tôt, et je préfère prendre mon temps, et partir un peu plus tard.
 
Depuis Les Vans, nous regagnons le petit village de Ste Marguerite, encore une fois très bien accueilli. Alors que je suis remonté sur mon vélo, j'ai d'ailleurs un peu de mal à repartir, tant les gens sont charmants et viennent discuter avec moi.
 
Du village, démarre ensuite la montée au col de Terre Rouge, probablement le plus difficile de ces 4 jours, avec 16 km de montée.
 
En haut du col, une voiture arrive à notre hauteur, et je reconnais Gérard Misler, le président de l'Ardéchoise. Nous le retrouverons d'ailleurs au village de Montselgues, alors que nous mangeons une bonne soupe chaude (leur fameuse potion magique), et aurons grand plaisir à discuter avec lui.
 
Sur le parcours, je croise régulièrement mes compagnons de route de la veille.
 
Les cols se succèdent, et dans une descente, je me fais doubler par un gars, qui me signale son maillot de la main. Il porte le maillot vert du Tour de France, et je me porte à sa hauteur avec mon maillot à pois, et j'en profite pour faire connaissance. Le maillot jaune n'est pas avec nous, mais ça fera parti de ces petits moments improvisés qui laissent de bons souvenirs.
 
Nous sommes à 20 kms de l'arrivée, et je m'arrête à un ravitaillement. Alors que je reprends mon vélo, je m'aperçoit que celui-ci est crevé. Effectivement, je retire une écharde métallique plantée dans le pneu. Changement de chambre à air et je repars. Nous empruntons ensuite une petite route en mauvais état, au bord du lac d'Issarlès, et après 5 ou 6 kms, je me retrouve de nouveau crevé. Ma mini pompe, ne m'ayant pas permis de regonfler à bloc, j'ai probablement été plus vulnérable en passant sur un trou. Je n'ai plus de chambre à air, juste des rustines, et j'ai toutes les peines du monde à trouver où ma chambre a été percée. Un petit groupe de coureur aura la gentillesse de s'arrêter et de me dépanner d'une chambre à air, me permettant ainsi de terminer mon périple.
 
Arrivé au Béage, je n'ai pas de mal à trouver mon hôtel, celui de Beauséjour, puisqu'il est situé juste en face le dernier ravitaillement. Mention spéciale pour cet hôtel, où le repas qui nous a été servi, était excellent et bien garni.
 
Je retrouve Jean et ses compagnons, qui sont également hébergés à cet hôtel, et Pol, qui partagera la chambre avec moi.
 
Jour 4:
 
C'est la dernière étape, il reste 161 km pour 2760 m de dénivelé, pour regagner St Félicien.
 
Nous nous levons de bonne heure, et partons tous ensemble un peu après 6h30, une fois le petit déjeuné pris.
 
Nous montons quelques premier cols, et nous atteignons le col du Gerbier de Jonc, bien connu par son Mont où la Loire y prends sa source.
 
Je fais la descente par le coté droit du Gerbier, alors que j'aurais dû prendre à gauche, en reprenant le parcours des Sucs. Malgré ce raccourci involontaire, je reprendrais ensuite le fil du parcours avant la montée du col de l'Ardéchoise.
 
Je m'arrête moins aux ravitaillements, on est samedi, et il y a à présent beaucoup de monde.
 
Encore les cols de Clavière, et de Lalouvesc à franchir, et il ne reste plus qu'une longue descente jusqu'à St Félicien.
 
A l'arrivée, le village est noir de monde, et je ne m'attarde pas. Je récupère mon sac, et j'ai l'impression d'être un escargot transportant sa maison, lorsque je retourne en vélo au parking avec mon sac de 10 kg sur le dos.
 
 
Cette Ardéchoise me laissera d'excellents souvenirs. L'épreuve est certes sportive, mais c'est aussi une belle aventure humaine, où l'ont fait de très belles rencontres, tant sur le vélo que dans les villages. L'Ardèche est une très belle région, aux décors variés, et où les gens sont vraiment accueillants. Avec la multitude de parcours qui sont proposés, il y en a pour tous les niveaux.
 
 
 

lundi 2 juin 2014

La Mont Ventoux Beaumes de Venise 2014

Cette épreuve n'était pas inscrite dans mon programme initialement, et je me suis laissé tenter lorsque Timothée, profitant d'une semaine de vacances dans la région, m'a proposé d'y participer avec lui. L'idée de me frotter une nouvelle fois au mont Ventoux, ne pouvait que me séduire.
 
Le parcours de cette cyclo, alterne tous les 2 ans, et nous avons droit cette année au parcours le plus difficile, avec 170 kms, une montée du Ventoux par Bédoin, et une seconde depuis Sault. Le dénivelé total est proche des 4000m.
 
 
 
Je prends la route et rejoins donc Timothée, le vendredi après-midi, et nous nous rendons à Beaumes de Venise qui est très proche, pour y retirer nos dossards. Au passage, j'en profite, pour passer chez un caviste, et faire quelques dégustations, en prenant soin d'éviter tout abus.
 
Samedi matin, nous partons à Beaumes de Venise en voiture. Il y a peu de parking dans le village, et nous trouvons une place dans une rue où nous pouvons stationner. Une habitante nous fait part de son mécontentement de voir ainsi tant de voitures près de chez elle. Visiblement, nous ne sommes pas les bienvenus.
 
Nous nous rendons sous l'arche de départ, où celui-ci sera donné avec quelques minutes de retard. Le temps est idéal, avec un grand soleil, et une vingtaine de degrés.
 
Nous nous élançons, et déjà le tempo est donné par ceux qui sont devant. Tim me passe dans une des premières lignes droites, et je m'efforce de mon coté de rester au contact. On est qu'en début de course, et il faut que je redescende le cardio, sinon je le paierais dès la première montée du Ventoux.
 
J'ai un groupe en point de mire, mais je préfère me contenter de maintenir mon allure, quelques gars étant dans ma roue. A l'approche d'un village, un gars passe devant, mais il interprète mal la direction d'un signaleur et prends a droite au lieu de filler tout droit. Du coup je le suis, et nous devons faire demi-tour. Je me rends compte alors, que ce n'est plus quelques gars que je trainais derrière moi, mais un peloton assez conséquent.
 
Nous passons Bedoin. Les signaleurs sont là pour nous faciliter la traversée, mais quelques coups de klaxons des automobilistes qui sont obligés d'attendre notre passage, laisse une nouvelle fois à penser que nous ne sommes pas les bienvenus ici aussi.
 




Nous arrivons au début de la montée du Mont Ventoux, jusque-là rien de trop méchant, j'essaye de rouler à bonne allure, sans faire d'effort inutile. Nous passons St Estève, et je sais que c'est là que les choses se corsent, avec 10 bornes proches des 10%. Je roule à mon rythme, sans me mettre dans le rouge, et arrivant à remonter régulièrement d'autres cyclistes (parfois même ne faisant pas partie de la course). Je passe le chalet Reynard, mais ne m'arrête pas au ravitaillement. La fin de la montée est toujours aussi magique, il continue à faire beau, et il y a peu de vent.

 



Arrivé en haut du Mont Chauve, j'enfile le coupe vent, et c'est parti pour une descente à vive allure. Les premiers virages ne permettent pas de battre des records de vitesse, mais je me surprends à frôler les 80 km/h dans quelques lignes droites.
 




Nous traversons Malaucène, et je m'arrête au ravitaillement situé à la sortie. Je ne traine pas et repart en direction du col de Veaux. Je suis dans un petit groupe, sur une petite route tranquille, quand nous apercevons un groupe de coureurs en train de réparer sur le coté. Je me dis que c'est sans doute dû à quelques gravillons, mais au fil des kilomètres, la densité de coureurs en train de changer ses chambres à air, est telle, que ça ne laisse plus de place au doute. Il s'agit bien d'un acte de malveillance, et une zone de plusieurs kilomètres, a été copieusement semée de clous. Quelle honte !...
 
Je continue la traversée de la zone, prudemment, et en percevant toute la détresse de ceux qui ayant les 2 roues crevées sont dans l'impossibilité de repartir. J'ai l'impression que mes pneus sont plutôt résistants, mais je sens comme du mou dans ma roue avant. Je m'arrête, et force est de constater que me voila crevé à mon tour. Je m'arrête à coté d'un groupe de hollandais, qui font un sitting dans l'herbe. Visiblement, pour eux la course est terminée, et ils attendent que quelqu'un vienne les chercher. Je répare et je repart.
 
Pendant encore quelques kilomètres, de nombreux coureurs sur les cotés, et je sais qu'une nouvelle crevaison reste toujours possible.
 
J'arrive au col de Veaux, là où les 2 parcours bifurquent. Ouf, il semble que mes 2 roues devraient tenir le coup à présent. Je prends à droite, et je me retrouve avec quelques cyclistes, mais nous sommes déjà moins nombreux. Finalement, notre petit groupe va monter à une quinzaine d'unités, et je ne cache pas mon plaisir de pouvoir rouler avec eux.
 
Cette partie comporte quelques portions roulantes, mais de nombreux passages en montée régulièrement. La fatigue commence à se faire sentir, et j'ai un peu de mal à rester au contact par moment. Je vais finalement décrocher du coté d'Aurel, alors qu'il reste encore toute la montée jusqu'au Chalet Reynard, depuis Sault. D'ailleurs, je n'ai même pas remarqué que j'avais passé Sault, puisqu'on ne traverse pas le village.
 
Au fil de ces derniers kms, le temps a rapidement changé se faisant plus nuageux, et j'ai même droit à quelque gouttes de pluie. Il y a même un éclair suivi d'un coup de tonnerre assez proche. Je n'ai d'ailleurs plus beaucoup de tonus, et tout ça me laisse imaginer une fin de course des plus difficile.
 
Même si les pourcentages ne dépassent pas les 5 ou 6%, il reste cependant encore de nombreux kms, et je sens bien que je ne suis plus trop dans le coup. Je m'accroche en espérant limiter la casse.
 
J'entends un autre cycliste, arrivant à ma hauteur: "Ca y est, on se retrouve!". Je me retourne, c'est Timothée! Je m'attendais à ce qu'il soit loin devant. Il me raconte alors son passage dans la zone à clous, et de sa malchance, qui lui a coûté la crevaison de la roue avant et de la roue arrière. N'ayant qu'une chambre à air, il a pu être dépanné par un cycliste extérieur à la course. Il m'a d'ailleurs vu passé, alors qu'il terminait sa réparation, mais avec tous ces cyclistes au bord de la route, je ne l'ai malheureusement pas remarqué.
 
Tim a conservé un bon coup de pédale, et je suis incapable de continuer à son allure. Je sais alors que je ne le reverrais plus avant l'arrivée.
 
Les derniers kilomètres avant le chalet Reynard, redeviennent moins pentus, et je peux repasser le grand plateau.
 
Arrivé au chalet, je fais le plein de mes bidons et mange quelques fruits. J'ai du mal à manger autre chose à vrai dire.
 
Je fais la descente que nous avons monté le matin dans l'autre sens, jusqu'à Bedoin. Le Mistral s'est levé et sur la fin, quelques bons coup de vents m'incitent à réduire ma vitesse dans la descente.
 
Même si le plus dure est à présent derrière moi, il reste encore quelques petits cols à passer: le col de la Madeleine, le col de la Chaine et le col de Suzette. Quelques coureurs vont me dépasser, mais je me retrouverais seul pour effectuer ces montées et la fin du parcours, avec parfois un peu de mistral.
 
Je ne me rappelles plus trop de leur longueur et de leur pourcentage, mais je m'accroche à chaque fois. Le col de la Chaine est celui qui présente les plus forts pourcentages, mon compteur affichant 9% par moment. Finalement, ce sont les parties dans lesquelles je semble perdre le moins de temps.
 

Passé Suzette, il ne reste plus qu'une longue descente jusqu'à Beaumes de Venise. Je passe l'arche d'arrivée, en 8h 31, et Tim vient me rejoindre, ayant lui, passé la ligne 25 mn avant moi. Malgré nos différences d'âge et de catégories, nous décrochons tous deux le brevet d'argent.

Je termine finalement 430e, à mon niveau quoi, et je ne regrette pas d'avoir opté pour le grand parcours, car il était vraiment somptueux. Et cette succession de petits cols, en plus des 2 montées du géant de Provence, s'est révélée finalement assez usante.

Dommage que la course aie été faussée par quelques êtres irrespectueux, qui ont jugés bons de semer la zizanie à mi course.

La vidéo:


 

dimanche 27 avril 2014

La Blé d'Or 2014

C'est devenu une tradition, cette cyclo démarrant à 20 mn de chez moi, je me suis inscrit cette année encore. Mais cette fois-ci, j'ai décidé de me tester sur le grand parcours, qui fait 169 km, et nous permet d'aller chercher quelques bonnes côtes dans le Perche.
 
Je ne me fixe pas d'objectif de classement, de toute façon, il est clair que ce parcours rassemble les meilleurs coureurs, et que mon nom apparaitra probablement plutôt vers la fin du classement. Je vais quand même essayer d'effectuer la parcours en moins de 5h43, ce qui constitue la limite pour obtenir le brevet d'argent.
 
Dimanche matin, j'avoue que je suis un peu anxieux. Il a plu une bonne partie du samedi, avec quelques orages, et ça ne s'annonce pas terrible pour ce dimanche non plus.
 
Je me rends à Lèves, et déjà la pluie fait son apparition. J'attends le dernier moment pour aller m'échauffer, et avec les pieds déjà mouillés, je décide finalement de repasser à la voiture, et d'ajouter les protections pour les chaussures. Ce petit détour, me fera perdre un peu de temps, et je me positionnerais dans l'aire de départ, 1 à 2 mn avant qu'il ne soit donné. Je suis donc dans les tous derniers à m'élancer. Il pleut toujours.
 
Le départ est donné, et j'arrive à remonter quelques places, mais arrivé dans la première petite côte, où la route est peu large, impossible de remonter vers l'avant. A la sortie de la côte, nous nous retrouverons une petite dizaine à rouler ensemble.
 
Nous prenons un virage à gauche, à Poisvilliers, et là un gars chasse de la roue arrière et s'étale sur la route. J'arrive à passer sur le coté, mais cette petite déconvenue désorganisera le groupe, et je me retrouverais finalement seul avec un autre gars de Versailles.
 
On aperçoit au loin un gros groupe constitué de l'ensemble des coureurs. Je me dis que rien n'est perdu, et qu'il y a peut-être encore moyen de revenir. Je ne ménage pas mes efforts, et mon compagnon assure lui-aussi quelques relais, mais je vois bien que l'allure est un peu trop rapide pour lui. Il me le confirme d'ailleurs un peu plus tard.
 
Nous récupérons un autre lâché, et notre duo devient un trio.
 
Je suis partagé entre accélérer un peu l'allure au risque de perdre mes 2 compagnons, ou essayer de les garder le plus longtemps possible. Mais la raison est la plus forte, et je vais m'économiser beaucoup plus en roulant avec eux, d'autant que le parcours est encore très long.
 
Nous avons vent de coté puis vent de face, et notre 3eme compagnon nous donne quelques conseils pour nous placer, et faire tourner nos relais a 3 tout en nous protégeant du vent, et effectivement c'est assez efficace. Malheureusement, nous le perdons sous un relai un peu trop appuyé, et nous ralentissons un peu pour lui permettre de recoller. Nous allons assurer les relais à 2 ensuite.
 
Le gars de Versailles donne quelques consignes, et fini en s'adressant à moi: "Et toi, arrêtes de faire le mariol...". Il a raison au fond, et forcer trop l'allure, n'aurait été bénéfique pour personne. J'ai réussi à adapter mon allure, et au final, je ne le regrettes pas, puisque nous aurons parcouru une cinquantaine de kms, tous les 3, sans voir personne d'autre.
 
Un moment donné, une voiture nous double, avec un gars se tenant à la portière. Nous sommes un peu perplexe, et avons du mal à comprendre quel mérite il pourra en tirer.
 
Nous passons la côte de Pontgouin. J'ai de nouveau trop appuyé, et je dois attendre mes 2 compagnons pour pouvoir continuer.
 
2 coureurs nous rejoignent, puis un autre. C'est de bonne augure, et nous pouvons récupérer et partager des relais avec eux.
 
Nous arrivons à l'embranchement des 2 circuits. Je m'attendais à ce que les premiers du petit circuit, partis une demi heure après nous, nous aient déjà rattrapés, mais finalement non.
 
D'autres coureurs nous rejoignent, nous sommes une bonne dizaine à présent. Il y en a un qui joue le chef et donne des consignes à tout le monde pour organiser un relai. J'ai l'impression que ça en agace beaucoup, mais finalement tout le monde s'exécute, et nous roulerons efficacement.
 
Nous sommes dans le Perche, et passons les premières bosses. Un de mes compagnons du matin, ne sera plus en mesure de nous suivre.
 
Nous faisons la jonction avec un autre groupe devant nous, et au fil des bosses, le groupe va se scinder, et je me retrouverais dans le groupe de devant.
 
J'arrive à tenir ma place dans le groupe, mais j'ai des début de crampe, et une des dernières bosses me sera fatale et je décrocherais.
 
Heureusement pour moi, nous revenons à présent vers la Beauce, et avantage non négligeable, j'ai à présent le vent dans le dos. Je vais faire une trentaine de km, tout seul, à vive allure, je vais remonter ma moyenne et me refaire une santé par la même occasion.
 
Je m'arrête au ravitaillement, le temps de remplir un bidon et repars.
 
La fin du parcours est un peu en escalier sur la carte, et il y a du coup quelques portions de route où on reprends le vent de face. Je suis scotché par moment, et j'ai des doutes sur la possibilité de faire le temps souhaité.
 
A 10 kms de l'arrivée, je me fais reprendre par un groupe d'une dizaine de coureurs, avec qui j'étais lorsque nous passions les premières bosses dans le Perche. L'allure étant idéal, je vais finir avec eux jusqu'à la ligne d'arrivée.
 
Je termine en 5h50 et je loupe le brevet d'argent pour quelques minutes.

Cette édition aura été marquée par les averses et le vent, et sur les 222 coureurs au départ, seuls 157 rescapés rallieront l'arrivée, avec de nombreux abandons dû à des crevaisons. Je ne termine que 131e, mais je suis tout de même content de ma course, je ne m'attendais pas à mieux à vrai dire.

Du côté des pros, Alexandre Pichot (Europcar) et Thierry Marie (ex pro) étaient venu participer à l'épreuve.
 
J'ai beaucoup apprécié tous ces gens qui nous ont encouragés, au bord de la route, dans les petits villages traversés. Incroyable, j'en ai vu plus ici, que lors de mon Paris Roubaix, il y a 15 jours.
 
Coté organisation, j'avais un peu peur, ne connaissant pas le grand parcours, qu'il ne soit pas bien indiqué, mais j'ai été rassuré. Les traces au sol étaient bien visibles et il y avait énormément de signaleurs (et même plusieurs sur les ronds points). Un grand merci à eux, d'autant qu'ils sont restés fidèlement à leur poste, malgré les averses.
 

lundi 14 avril 2014

Paris Roubaix Challenge 2014

Cette épreuve, avec le Tour de France, fait partie des événements cyclistes que tous les étrangers nous envient en France. Les coureurs qui la remportent ne sont jamais là par hasard, et même lorsque l'arrivée se termine au sprint, il aura déjà fallu être costaud pour arriver à rester en tête de la course.
 
Le petit village de Mayenne où je suis né, a vu grandir un vainqueur majeur de Paris Roubaix: Marc Madiot qui l'a remporté par 2 fois. Il fait parti des champions qui m'ont fait vibrer lorsque j'étais tout gamin et qui m'ont fait me passionner pour cette course si particulière. Je me devais de goûter aux pavés à mon tour, afin d'en comprendre toute la subtilité, et vérifier si son surnom d' "Enfer du Nord" était mérité.

Les pavés seront à l'honneur cette année, puisqu'une étape du Tour de France empruntera une partie des secteurs pavés habituels.
 
Le parcours
 
Plusieurs parcours sont proposés. Le must est le parcours de 170 km, qui inclue la totalité des 28 secteurs pavés (soit 50 km), mais n'ayant aucune expérience des pavés, j'ai préféré assurer en participant au parcours de 141 km. Celui-ci inclue les 18 derniers secteurs pavés (soit 32 km), il part de Roubaix, pour y revenir ensuite, via les 100 derniers kms du parcours officiel.
 
Les 3 secteurs les plus durs, et les plus mythiques (trouée d'Arembert, Mons en Pévèle et Carrefour de l'Arbre) font partie de ce circuit de 141 km, ce sera déjà une expérience très intéressante pour moi.
 
Le matériel
 
Avec l'acquisition d'un nouveau vélo en début d'année, mon ancien vélo sera idéal pour ce type d'épreuve, et en cas de casse, je ne mettrais pas en péril le reste de ma saison. Il y a 2 ans, j'ai eu un problème de casse de la patte de fixation de ma roue arrière, j'espère juste qu'elle résistera au passage répété sur les pavés.
 
Pour les roues, j'ai opté pour des DT Swiss Axis 1.0, achetées sur le Bon Coin. Ce sont des roues d'entrée de gamme, mais robustes (32 rayons à l'arrière) et qui équipent les vélos Specialized Roubaix. On ne les trouve pas dans le commerce, et on peux les acheter à bon prix en occasion.
 
Je les ai équipées de pneus Schwalbe Durano de 28, gonflés à 6 bars. J'ai fait quelques essais sur route ainsi équipé, et franchement, les performances de l'ensemble sont loin d'être mauvaises.
 
Mes bidons Camelbak calés dans mes portes bidons Elite, devraient aussi m'éviter la perte de mes bidons lors des passages pavés.
 
Afin d'emmener tout ce dont j'aurais besoin: chambres à air, pompe, outils, portable, j'utilise mon sac Camelbak auquel j'ai retiré la poche à eau. Je garderais juste des barres et des gels dans mes poches. Ca m'évitera de perdre la moitié de mes affaires en cours de route.
 
La préparation
 
Depuis plusieurs mois, j'ai pris l'habitude de faire quelques séries de pompes régulièrement, histoire de renforcer les bras et la ceinture abdominale, qui seront un peu plus sollicités que d'ordinaire.
 
Pour le reste, ma préparation reste similaire à celle des autres cyclos.
 
Début de Week-End
 
Afin de profiter au mieux du week-end, j'ai réservé de longue date un petit hôtel à Tourcoing (à 5 km du vélodrome). Je peux ainsi faire tranquillement la route le vendredi, dormir là-bas la veille de la course, et être présent le dimanche pour aller voir les coureurs pro sur les pavés.
 
Le samedi matin, je me lève sans stress sur le coup de 6h du matin, alors que ceux qui participent au parcours de 170 kms se sont eux levés vers 4h et sont déjà en route vers le départ.
 
Je prends mon temps, de toute façon, j'ai jusqu'à 10 h pour me présenter au départ, mais je préfère partir assez tôt, pour profiter de l'effet de ceux qui arriveront derrière moi, et avec qui je pourrais rouler ensuite.
 
Je prépare mes bidons, prends soin de me protéger les mains (sparadraps à la base des pouces et pansement sur la paume des mains), et je me rends au départ.
 
La course
 
On ne peux pas vraiment appeler ça une course, étant donné que l'épreuve se déroule en format randosportive, et qu'il n'y a pas de classement à l'arrivée. Enfin, il y a eu quelques efforts de fait par l'organisation, qui a ajouté le chronométrage de quelques secteurs pavés cette année, dont la trouée d'Aremberg et le carrefour de l'Arbre.
 
7h30, je suis prêt à partir, mais c'est assez bizarre, tout le monde flâne sur l'aire de départ, et je dois attendre que quelques coureurs se lancent pour me joindre à eux.
 
Il y a pas mal de brouillard, et j'ai pris soin de mettre une led clignotante à l'arrière. Je me rends compte que je suis un des rares à l'avoir fait, d'autant que nous devrons rouler sur une route ouverte à la circulation.
 
Nous traversons Roubaix, et petit à petit, d'autres coureurs se joignent à notre groupe.
 
Nous avons 40 kms à faire avant de rejoindre le parcours officiel et ses secteurs pavés. Le brouillard étant toujours aussi dense, ce n'est pas la partie la plus intéressante. Toutefois, l'allure augmente progressivement et permet de se mettre en jambe.
 
Alors que nous roulons, j'entends un petit bruit de clochettes, et je n'en crois pas mes yeux, lorsque nous doublons un gars sur une draisienne en bois. Il nous lance quelques mots (en flamand, je pense), et on le sent débordant de bonheur, alors qu'il semble s'être lancé dans un bien étrange périple. Je fais un rapide calcul, me disant qu'il devait pouvoir avancer à 6 ou 7 km/h et que cela semble jouable de réaliser le circuit de 70 km en un peu plus de 10 heures.
 
Au ravitaillement situé à 30 kms, je décide de continuer, et je laisse le groupe où j'étais pour rouler avec d'autres coureurs.
 
Un panneau nous indique que nous rejoignons le parcours officiel, nous tournons à droite, et là sans le temps de dire ouf, nous nous retrouvons au début de la tranchée d'Aremberg. Je suis pris au dépourvu et je suis déjà embarqué sur les pavés avant même que je n'ai eu le temps de démarrer ma caméra. Tant pis, je garde les mains sur les cocottes, mais les vibrations sont telles, que je réalise combien il sera difficile de tenir cette position en permanence, et je comprends rapidement l'intérêt d'avoir doubler la guidoline et de positionner les mains sur le cintre.

Ce secteur mérite sa réputation, les pavés sont disjoints à souhait, formant des creux et des bosses, des touffes d'herbes, et je me ravise parfois lorsque j'essaye de doubler en quittant la bande du milieu, alors que les cotés laissent soudainement apparaitre de grosses irrégularités. L'appréhension disparait assez vite, et on se prends vite au jeu d'envoyer le maximum de puissance pour passer les pavés.
 
J'arrive au bout du secteur. Je regarde mon compteur, et je me rends compte qu'il s'est déclipsé suite aux vibrations. Ca a probablement dû se produire dans les derniers mètres, sans quoi j'aurais sans doute eu toutes les misères du monde pour retrouver mon compteur.
 
Le secteur suivant me semble facile, d'après les premiers pavés, mais l'état ne sera plus le même ensuite. Nous passons le fameux "pont Gibus", où un gars est d'ailleurs en train de repeindre l'inscription, pour la course du lendemain.
 
Les secteurs vont ensuite se succéder, et la numérotation des secteurs n'étant pas forcément bien visible, je ne sais plus trop bien combien il en reste. On a parfois l'impression d'en avoir passé plusieurs alors qu'un même secteur est parfois entrecoupé de quelques zones bitumées.

Il y a parfois des bandes non pavées sur les cotés, où on peux rouler, mais comme il n'y a pas de classement, et que je suis venus pour les pavés, je continue à rouler au milieux sur chacun des secteurs.
 
Au fil des kilomètres, les pavés créent des différences de rythme, et il n'y a plus de groupes massifs de coureurs, mais il y a régulièrement des coureurs isolés sur les pavés avec lesquels on peux lutter, ou rouler de concert.
 
Je m'arrête au ravitaillement d'Hornaing, et je repars avec des gars avec qui j'avais bien aimé roulé précédemment, et qui avaient une allure proche de la mienne.
 
Arrive ensuite le secteur d'Hornaing, le plus long avec ses 3.7 km.

Il y a quelques VTT par moment, et ceux-ci semblent plus à l'aise sur les pavés. A l'inverse, on les reprends facilement dès qu'on retrouve le goudron.
 
Sur l'un des secteurs suivants, je reconnais un britannique sur le coté, que je croise régulièrement depuis le début. Il suit un autre coureur et me reconnait lui aussi grâce à ma caméra, j'ai droit à quelques encouragements au passage.
 
Encore d'autres secteurs, puis à l'entrée d'un secteur, la rampe pour détecter la puce électronique est en place, je réalise alors que je suis arrivé au carrefour de l'arbre, autre passage mythique du Paris Roubaix. Les pavés y sont assez inégaux, avec des parties un peu rapiécées, et des pavés qui tapent pas mal par endroit.
 
Encore 2 secteurs, et nous n'avons plus qu'à traverser Roubaix et à regagner le vélodrome, où nous pouvons à l'instar des pros, passer la ligne d'arrivée de ce lieu qui a vu tant de champions s'imposer.
 
Tout ce sera bien passé, sans casse, crevaison, ni chute. Le brouillard aura même fini par se lever en cours de matinée.
 
On peux juste regretter que l'épreuve ne soit pas en format cyclosportive. Il manquait sans doute cette petite pointe d'adrénaline qui fait qu'on se défonce encore plus lorsqu'on cherche à faire le meilleur résultat, mais ça reste une belle épreuve tout de même, où on peut prendre beaucoup de plaisir.

En me levant le dimanche, quelques courbatures et ampoules, me rappellent que ce genre d'exercice reste éprouvant pour le corps, mais il n'y paraitra plus d'ici quelques jours.

Afin de profiter une dernière fois des pavés, mais en tant que spectateur cette fois-ci, j'irais ensuite me placer sur l'un des secteurs pavés et y admirer le passage des pros.


 
J'espère bien pouvoir y revenir un jour, et pouvoir me frotter à l'ensemble des secteurs pavés cette fois-ci. Alors plutôt que de faire le parcours de 170 km (50 kms de pavé), pourquoi pas participer à la randonnée cyclotouriste organisée par le VC Roubaix, tous les 2 ans, et qui propose un circuit de 210 km (55 kms de pavé).
 
En tout cas, ce week-end me laissera d'excellents souvenirs. 
 
 
La vidéo:


lundi 3 mars 2014

La Jacques Gouin 2014

La saison redémarre avec cette première cyclo de l'année, à laquelle j'avais déjà eu l'occasion de participer l'année dernière, et où, je dois bien l'avouer, je n'avais pas particulièrement brillé, en finissant loin dans le classement.
 
L'année dernière j'étais parti trop rapidement et l'avais payé sur la fin du parcours, je vais essayer de mieux gérer cette année et de faire un meilleur résultat. L'entrainement hivernal n'a pas été trop mauvais et je note de meilleurs performances en ce début d'année, qu'elles ne l'étaient l'année dernière à la même période, et pour couronner le tout, j'ai reçu il y a quelques semaines mon tout nouveau vélo.
 
Sur cette cyclo, un seul parcours de 115 km entrecoupé de plusieurs côtes. C'est tout à fait dans mes cordes à l'entrainement, mais je sais que sur cette course, c'est loin d'être la même chose. Les habitués des grands parcours s'alignent eux aussi sur ce même parcours, ce qui a tendance a imprimer un rythme rapide dès le départ.
 
Je me rends à Mennecy, assez tôt, et le thermomètre affiche -2°C lorsque j'arrive. Le temps de récupérer mon dossard, de m'échauffer et je me présente au départ.
 
Les consignes sont données, et à 9h le départ de la course est donné.
 
 


La course est lancée par une voiture ouvreuse, l'allure n'est pas encore trop folle, mais beaucoup essayent déjà de se placer, alors il faut rester vigilant pour éviter la chute. C'est d'ailleurs ce qui se produira un peu plus loin, avec un gars à terre.

Il fait beau, mais 0°C et j'ai un peu froid aux orteils, mais les températures vont rapidement remonter de quelques degrés ensuite.
 
Au fur et à mesure des premiers kilomètres, l'allure va être lancée et les groupes vont se former. Je me retrouve dans un groupe d'une cinquantaine de coureurs, avec probablement de nombreux autres groupes devant.
 
Cette fois-ci, je ne tente pas l'impossible, et je reste tranquillement dans ce groupe. Quand des gars devant moi subissent des cassures, je m'efforce de recoller dans ces moments-là.

Je reste vigilant lorsque nous tournons aux intersections, pour ne pas me faire piéger lors des relances. J'apprécie d'ailleurs mon nouveau vélo qui s'avère plutôt efficace dans cet exercice.
 
J'arrive à mieux gérer mon alimentation, mais l'allure est rapide, et le cardio reste élevé. Au bout de 40 km, des premiers signes de crampe. Je me laisse glisser en fin de peloton, histoire de m'alimenter plus conséquemment et de récupérer un peu.
 
Alors que je suis avec une dizaine de coureur, un gars devant moi mange une barre et son emballage vient se coller directement dans mes rayons, provoquant un bruit de frottement. Je me dis que ça va partir tout seul, mais il faudra quelques centaines de mètres avant que l'emballage vienne se coller sur ma fourche et que je puisse l'enlever. Le gars était un peu gêné, mais tout est rentré dans l'ordre.
 
Passé 60 km, un regroupement s'est fait, et nous sommes assez nombreux. Je suis en fin de peloton, continuant à faire les efforts pour rester dans le groupe, mais en devant gérer de nouvelles crampes.
Je fini par décrocher, mais j'arrive à produire l'effort suffisant pendant plusieurs kms, pour rester pas trop loin derrière.
 
Je vois deux autres coureurs qui décrochent à leur tour et je fais l'effort pour revenir sur eux. A trois, on a pu ensuite se relayer et économiser de précieuses forces.
 
Nous nous retrouvons éparpillés dans une côte assez longue, et je continuerais avec d'autres gars.
 
Ensuite, s'ensuivra des périodes où je me retrouverais tout seul et d'autres où j'arriverais à prendre quelques roues. Heureusement, le vent n'est pas trop fort aujourd'hui, et il y a moyen de maintenir l'allure quand on est seul, mais par moment je dois lever le pied car ces satanées crampes reviennent.
 
Une ambulance est arrêtée sur le bord de la route, on apprendra à l'arrivée que le gars souffre d'un traumatisme crânien.
 
Dans une montée à la sortie d'un village, un habitant me fait "c'est la dernière". J'aimerais bien le croire, mais je sais qu'il en reste encore une autre un peu plus loin.
 
Et effectivement, à 10 km de l'arrivée, je retrouve la dernière côte, celle de Champcueil. Mon compteur indique déjà 9%, et les cuisses me brûlent. Des gars on mis pied à terre, et je ne fais pas le malin, à ce moment-là je ne sais pas encore si j'arriverais au bout. Comme je m'y attendais, mon compteur indique à présent 17%, et bizarrement, j'arrive à maintenir ma cadence sans que tout explose. Ouf, c'est passé encore cette fois-ci.
 
Les 10 derniers kms seront assez roulants, et je me paierais même le luxe d'un dernier dépassement au sprint sur la ligne d'arrivée.


 
J'ai les jambes en compote, je regarde mon compteur, mon temps s'est amélioré d'une vingtaine de minutes par rapport à l'année dernière. Je termine finalement 436e sur 622 classés.

J'aurais sans doute un peu mieux géré cette fois, mais probablement pas suffisamment encore.
 
Enfin, c'est pas grave, j'aime me faire mal de toute façon, et j'ai passé un bon moment c'est le principal.

Coté course, on voit que l'organisation est bien  rodée. Merci à tous ces bénévoles qui ont bien assuré, lors des passages d'intersection.
 

lundi 30 septembre 2013

La Gentleman du Coeur 2013

La Gentleman du Coeur se courait ce samedi à l'hippodrome de Longchamp, à Paris, et Timothée qui y avait participé l'année dernière (et était également présent avec moi sur la Marmotte cette année), m'a proposé de me joindre à lui. Cette épreuve est organisée par le Mécénat Chirurgie Cardiaque, et notre participation est reversée sous forme de don à l'association, une excellente initiative.
 
Pour les non initiés, une gentleman, c'est un contre la montre qui se déroule par équipe de deux. Certaines comportent même parfois un système de bonus/handicap en fonction de l'âge, mais ce n'est pas le cas de celle-ci.
 
Je suis habituellement plutôt adepte des longues distances, avec du dénivelé, et même si je n'ai pas spécialement l'âme d'un rouleur, j'avoue que le défit me tentait bien. Là, il nous faudra effectuer les 18 kms du parcours à fond, tout à l'opposé d'une épreuve de montagne, où il nous faut gérer nos efforts sur plus de 8 heures de course.
 
Le circuit de Longchamp est bien connu des parisiens, puisque c'est le lieu où ils se retrouvent habituellement le week-end, pour rouler soit à leur propre allure, soit pour se tirer la bourre. Le circuit fait un peu plus de 3.5 kms, et est relativement plat, avec une légère montée, suivi d'une légère descente.
 
Je n'avais jamais roulé sur ce circuit jusqu'à présent, aussi, afin de trouver nos marques avec Timothée, nous nous y sommes rendus le Week-End précédent, afin de faire quelques essais. Les tests s'étaient avérés concluant, et sans vraiment nous concerter, nous nous sommes répartis les relais, chacun y trouvant les zones dans lesquelles il était à l'aise pour les relances. Notre duo semblait plutôt homogène, et les relais assez réguliers.
 
Je pense que c'est un des points essentiels de ce type d'épreuve; le duo doit être composé de coureurs ayant un niveau identique, si l'on veut être efficace, sinon le coureur ayant le meilleur niveau doit être en mesure d'effectuer le maximum de relais, sans pour autant décrocher son partenaire.
 
Nous nous retrouvons donc sur place, samedi en début d'après midi. La météo était assez incertaine, avec des risques de pluie, et finalement, le ciel va se dégager progressivement, laissant place à un peu de soleil.
 
Nous avons juste le temps de faire 2 tours de circuit pour nous échauffer. Nous nous mettons bien entendu en retrait, afin de ne pas gêner les concurrents qui se sont déjà élancés sur le circuit, et qui effectuent leur chrono.
 
Nous allons nous placer au départ, dans l'ordre des numéros de dossard. L'équipe avec le numéro précédent le notre, n'est pas là, et nous nous retrouvons projetés plus vite que prévu vers la rampe. On nous installe la plaque avec notre numéro, ainsi que la puce électronique. J'ai juste le temps de déclencher ma caméra, et de m'installer sur la rampe de lancement. Celle-ci est fournie par ASO, il s'agit de celle qui est utilisée lors des contre la montre du Tour de France, même si elle n'est pas aussi joliment décorée que sur cette dernière.


 
Je clipse mes 2 pédales, pendant que quelqu'un sur la rampe retient mon vélo. Le décompte électronique se fait entendre, et au dernier bip, le vélo est alors lâché. Je descend devant, et sitôt la rampe passée, je lance l'allure. Après quelques mètres, je me retourne et aperçoit Timothée, distancé de quelques mètres. Dans la précipitation, il n'a pas eu le temps de clipser ses pédales, mais tout rentre dans l'ordre et il recolle rapidement.
 
Nous allons ensuite rouler tel que nous l'avions répété à l'entrainement, en restant bien concentrés et homogènes dans notre duo, chacun effectuant les relances et relais aux endroits que nous avions déjà travaillés. Nous allons doubler régulièrement d'autres duos, et, c'est le jeu, nous faire doubler également par d'autres bons rouleurs.


 
Les équipes ont été réparties au départ, en fonction du niveau des binômes, aussi nous n'avons pas trop à en découdre avec de fortes équipes pour l'instant.
 
A 2 tours de l'arrivée, j'ai un doute, je ne vois pas la puce électronique sur mon vélo, et j'ai peur qu'on aie oublié de me l'installer, mais je me rendrais compte plus tard, que seul l'un des deux concurrents en est équipé.
 
Arrivé dans le 5ème tour, il ne faut pas se louper à l'arrivée, car il nous faut penser à bifurquer à droite, où le dernier passage mettra fin au chrono. Par sécurité, Timothée me le rappelle, et je lui confirme.
 
Notre chrono sera de 28:15, à 38.21 km/h de moyenne et des tours réalisés entre 5:30 et 5:44. Nous aurons été assez constants, même si avec la fatigue, les performances se sont dégradées au fil des tours.


 
Un affichage des résultats intermédiaires, nous place 22ème sur 79, mais c'est sans compter tous les cadors, qui eux s'élanceront au delà de cette position. Là, on commencera à voir beaucoup plus de casques profilés, et vélos de contre la montre équipés de roues lenticulaires s'élancer.
 
Nous serons finalement classés 62ème sur 132. Plutôt satisfait, étant donné notre niveau.

Les 1ers remportent la gentleman en 21:12 (50.93 km/h)
 
Plusieurs personnalités étaient présentes et y participaient elles-aussi. Voici leur temps (à pondérer suivant le niveau de leur coéquipier):

 2 . Romain Zingle (coureur cycliste Cofidis) en 22:25 (48.15 km/h)

14. John Gadret (coureur cycliste AG2R) en 24:43 (43.67 km/h)

30. Laurent Brochard (ex coureur cycliste) et Roger Legeay (ex coureur cycliste et directeur sportif) en 25:44 (41.95 km/h)

60. Magali Le Floc'h (coureuse cycliste) en 28:09 (38.36 km/h)

110. Anthony Delon (comédien) et David Brécourt (comédien) en 32:32 (33.18 km/h)

111. Magali Le Floc'h (coureuse cycliste) et Satya Oblette (mannequin) en 32:39 (33.06 km/h)

118. Christian Morin (présentateur TV et radio) en 35:08 (30.73) 

 
L'après-midi s'est terminée par la remise des prix, ainsi que d'une tombola, plutôt bien dotée.

(Laurent Brochard, Roger Legeay et Satya Oblette)
 
Une très belle épreuve, organisée par des bénévoles, et dans le but d'aider l'association. L'occasion pour tout cycliste, quelque soit le niveau, de passer une très agréable journée.
 
 La Vidéo:
 
 
 

jeudi 18 juillet 2013

La Marmotte 2013

Une Epreuve mythique

La Marmotte, c'est un des événements majeurs auxquels tout cycliste rêve de se frotter un jour. Cette cyclosportive est constituée d'un parcours à faire pâlir les plus belles étapes du Tour de France. Il faut tour à tour franchir les cols du Glandon, du Télégraphe, du Galibier, et effectuer la montée finale vers l'Alpe d'Huez, soit 174 kms pour 5000 m de dénivelé. Ces cols sont habituellement classés Hors Catégorie pour 3 d'entre eux et en 1ère Catégorie pour le Télégraphe. Le challenge est beau, les décors somptueux, les montées mythiques. Bref c'est pour cet ensemble de raisons que cette cyclosportive est mondialement connue, et que les 7500 places disponibles sont prises d'assaut dès l'ouverture des inscriptions.


 
Après m'être testé sur l'Etape du Tour l'année dernière, certes un peu moins difficile, mais avec un dénivelé assez similaire, l'objectif majeur pour cette année sera cette cyclosportive, le Saint Graal, pour le modeste cycliste que je suis !
 
J'attendrais tout de même l'annonce de l'Etape du Tour, en octobre, pour me décider, mais l'Etape s'annonçant finalement moins relevée que celle(s) de l'année dernière, je n'ai plus d'hésitation, et je suis fermement décidé à participer à la Marmotte. J'en discute avec Timothée, un collègue de travail, qui lui aussi est déçu par la prochaine Etape du Tour, et lorsque je lui fais découvrir le parcours de la Marmotte, il est immédiatement conquis, et il décide de se joindre à moi dans cette aventure.
 
Le 1er décembre est une date à ne pas manquer, car elle marque le début des inscriptions. Dès minuit, les serveurs sont saturés et je devrais me relever à 2h du matin pour effectuer mon inscription. Les 7500 places disponibles auront été prises en l'espace d'un Week End. Il ne me restera plus ensuite qu'à fournir le certificat médical dans le courant de l'année prochaine.
 
Quelques jours plus tard, je ne tarde pas à effectuer mes réservations, afin de trouver un lieu pour notre séjour. Le lieu de départ étant le même tous les ans, les hôtels les plus proches et les plus abordables ont bien sûre été réservés depuis longtemps. J'opte donc pour un camping situé à Rochetaillé. Nous aurons 7 kms à parcourir pour nous rendre au départ, mais je connais bien cette route, et je sais qu'il n'y aura que du plat, donc pas de quoi entamer nos forces avant le départ.
 
Préparation

Les mois qui vont suivre, seront dédiés à un entrainement en vue de la participation à la Marmotte. Jusqu'à fin décembre, il s'agira d'effectuer du foncier, puis à partir de janvier, d'intégrer du travail de force et de vélocité sur Home Trainer, et ensuite ajouter quelques simulations de montées de col, toujours sur Home Trainer. Ma saison est également entrecoupée d'objectifs intermédiaires, afin de rester motivé et de me mettre en situation. Je prendrais part à quelques cyclosportives (Jacques Gouin, Blé d'Or, Vélostar), ainsi qu'au Tour de la Sarthe (une épreuve cyclotouriste sur 3 jours). A 3 semaines de l'événement, je partirais une semaine près de Chambéry, afin d'effectuer quelques bonnes montées (14000 m de dénivelé au total).
 
J'arrive au terme de ma préparation. Je suis plutôt satisfait, j'aurais suivi mon programme d'entrainement à la lettre, et les sensations sont plutôt bonnes à une semaine de la course. Par rapport à l'année dernière, mon état de forme est même probablement meilleur. J'affiche un total de 4500 kms depuis le début de l'année.

J'ai la chance d'avoir déjà effectué toutes ces montées par le passé. Ce sera ma 4ème montée du Glandon (la 2nde par ce versant), 3ème du Télégraphe, 3ème du Galibier (2nde par ce versant) et seconde de l'Alpe d'Huez.
 
Je suis plutôt confiant, la météo s'annonçant en plus très bonne. Tout semble se passer trop bien, il n'y a pas eu le moindre grain de sable jusque là.
 
Le grain de sable

Nous sommes à la veille de l'épreuve, et je pars assez tôt le matin en voiture, et prends Timothée au passage, à une gare de RER. La route se passe bien, et à cette veille de grands départs, l'autoroute n'est pas trop chargée. Nous ne sommes plus qu'à 30 kms de Grenoble et devrions arriver à Rochetaillé en début d'après-midi, ce qui nous laissera largement de temps pour nous rendre à l'Alpe d'Huez pour retirer nos dossards.
 
C'est à ce moment précis, que le voyant de température s'affichera et que la voiture se mettra immédiatement en mode dégradé, nous obligeant à nous arrêter. Nous sommes remorqués par une dépanneuse jusqu'à la prochaine aire de péage. L'assurance nous réserve une voiture de location à Bourgoin Jailleu et nous envoie un taxi pour nous y emmener. Nous ne savons pas quel type de véhicule nous aurons, mais nous savons que ce sera un petit modèle, et nous sommes donc un peu inquiet à l'idée de devoir y rentrer 2 vélos ainsi que pas mal d'autres affaires pour le camping et pour les vélos. Le taxi nous appelle, il se trouve en fait à l'adresse de la société de dépannage, mais pas là où nous avons été déposés. S'en suivra ensuite une longue attente où régulièrement, lorsque je rappelle l'assurance, on nous mentionne qu'un taxi va arriver, mais où personne n'arrivera. A 18h30, nous finissons enfin par avoir notre taxi qui nous emmène à Bourgoin Jailleu. Le chauffeur est un peu surpris par l'adresse de l'agence de location que l'assurance lui a communiqué, et décide tout de même de passer à l'autre adresse au cas où. Lorsque nous arrivons, le responsable vient de fermer la grille et il s'apprête à partir. Il nous confirme que c'est bien ici, et il accepte très gentiment de nous faire les papiers et de sortir le véhicule. A 30 secondes prêts, je pense qu'on pouvait dire adieu veaux, vaches, cochons, Marmotte... Au mieux l'assurance nous aurait payé un hôtel pour pouvoir récupérer le véhicule le lendemain, mais là, il ne nous aurait plus resté qu'à rentrer chez nous bredouilles.
 
Nous reprenons donc le sens de notre route, et nous arrêtons à l'aire de péage où nous récupérons nos affaires. On nous a loué une 208, et même s'il ne reste pas beaucoup d'espace, nous arrivons à rentrer toutes nos affaires.
 
Nous arrivons au camping un peu après 21h00, le temps de monter la tente, manger un morceau (le repas du midi a été un peu zappé, pas top la veille d'une course comme celle-là), monter les vélos, et à 22h30 nous nous couchons.
 
Bien entendu, avec toute cette histoire, nous n'avons pas eu le temps de retirer nos dossards, il nous faut donc nous lever à 4h30 le samedi matin, pour aller les retirer avant le départ. Nous arrivons là-bas dans les temps, ça prend quelques minutes à chaque concurrent, car il faut expliquer où fixer la plaque et la puce. On nous remet un sac avec quelques bricoles, je garde le brassard et quelques gels et me débarrasse du reste.
 
Nous nous rendons dans notre SAS (le dernier). J'aurais espérer, avec ma participation à l'Etape du Tour, gagner un SAS, mais il n'en a pas été tenu compte, et finalement ce n'est pas plus mal, c'est quand même plus sympa de se retrouver tous les deux à attendre le départ ensemble.

La course
 
7h50, le départ de notre SAS est donné, et je passerai sous l'arche 5 mn plus tard. Nous traversons Bourg d'Oisans, où s'en suit une longue ligne droite jusqu'à Rochetaillé, et j'essaye déjà de remonter quelques places dans la mesure du possible. J'aperçois Timothée me dépasser un peu plus loin, alors que je suis coincé derrière un groupe.


Une première partie de montée, mais le col ne démarre pas vraiment ici, il faut attendre de passer le premier barrage. Nous arrivons dans la forêt, où la montée commence, et j'en profite pour m'arrêter sur le coté et enlever mon coupe-vent.

Nous sommes au début de la course, et la population est assez dense dans ce début de montée. J'entends des hollandais qui râlent derrière moi, ils aimeraient pouvoir passer, mais je suis moi-même obligé de suivre l'allure de ceux qui me précèdent. Au fur et à mesure de la montée, des espaces vont se libérer ensuite, et il sera plus facile de garder le rythme souhaité.

Quelques bons pourcentages vers la fin de cette première partie, puis on traverse le village du Rivier d'Allemont. En passant, j'entends une vieille dame réprimander un coureur qui s'est arrêté le long d'un muret pour se soulager. Il est vrai qu'il aurait pu choisir un autre endroit, c'est tout de même pas ce qui manque sur un tel parcours.

S'ensuit une descente de 1 km très pentue, et la reprise de la montée qui fait toujours un peu mal après un tel changement de rythme. Le décor commence à se faire plus sauvage, avec plus de rochers, et de magnifiques lacs et barrages. Nous avons passé la partie la plus difficile, même s'il reste encore pas mal de kms. J'ai pris mon rythme, je me sens bien, et je décide d'accélérer un peu l'allure. Je vais remonter pas mal de places dans cette dernière partie du Glandon.



J'arrive en haut du col, il est à peine 10h00 et j'ai 20 mn d'avance sur mes prévisions. Il y a un ravitaillement, mais je ne m'arrête pas, je sais que j'ai de quoi tenir jusqu'à St Michel. D'après nos temps intermédiaires respectifs, qui nous seront donnés après la course, j'ai dû dépasser Timothée au cours de la montée, mais ni lui, ni moi, ne nous en sommes rendus comptes.

J'attaque la descente du Glandon. En raison de sa dangerosité, et de plusieurs accidents survenus par le passé, l'organisation a préféré neutraliser cette descente, aussi le temps passé à effectuer la descente, sera décompté du temps final. Peu après le début de la descente, un gars est en train de réparer sur le coté, un autre crèvera devant moi, et un autre également en train de réparer un peu plus loin. Probablement des gravillons dans cette zone.

Un peu plus loin, alors que je suis dans un groupe, ça freine violemment devant moi. Une vache est en fait au beau milieu de la route. Et oui, les routes de montagne c'est un peu ça aussi parfois.

Encore quelques kms de descente et malheureusement, l'inévitable s'est de nouveau produit. Un concurrent est à terre, les secours étant à son chevet. Malgré la neutralisation de la descente, beaucoup roulent encore trop vite, et sans vouloir mettre ce malheureux en cause, il a très bien pu être victime d'un autre concurrent qui se serait rabattu un peu trop vite.

Nous arrivons à St Etienne de Cuisnes, où le chrono redémarre. Il commence à faire de plus en plus chaud, et nous traversons la vallée de la Maurienne par la voie qui longe l'autoroute. Je suis dans un groupe qui roule à bonne allure, et j'ai repéré des gars d'un club que je décide de suivre, et lorsque nous reprenons de petits groupes de coureurs, je m'arrange pour rester dans leurs roues à chaque fois.

Un gars aperçoit ma caméra, et me demande en anglais si je suis en train de filmer, et je lui réponds en anglais. Je me rendrais compte ensuite qu'il était français lui aussi, lorsqu'il s'adresse à l'un de ses camarades. Mais il est vrai qu'avec près de 88% d'étrangers sur cette course, l'anglais s'impose comme langue par défaut.

Arrivé à St Michel, je profite d'un arrêt ravitaillement pour remplir mes bidons. C'est un peu long et on doit attendre que quelqu'un les remplisse.

Je démarre la montée du Télégraphe. Il fait très chaud. C'est en principe la montée la plus facile des 4, mais je me sens moins à l'aise que dans le Glandon, et même les passages à 5 ou 6% me semblent difficiles. J'avoue que je vais commencer à gamberger pas mal dans ma tête, la montée du Galibier qu'il faudra enchainer derrière, risque de s'annoncer assez pénible.


J'arrive finalement en haut, et en analysant ma montée après course, j'aurais assez bien temporisé, en ne perdant guère plus de 5 mn dans cette montée. Je remplis un bidon en haut du col, et repars en direction de Valloire, où débute le Galibier. Nous en sommes, à la moitié du parcours et j'ai mis tout juste 5h00, je suis exactement dans mes prévisions.

Je retrouve les mêmes sensations que dans le Télégraphe, et toujours cette chaleur qui me pèse. En passant devant le ravitaillement à la sortie de Valloire, que j'avais initialement décidé de laisser de coté, j'aperçoit un gars avec de beaux quartiers d'orange. Voilà qui va me requinquer! Je m'arrête finalement, et je me revitalise à coup d'orange et de banane.

Je repars. La première partie du Galibier, n'est pas la plus difficile, mais j'essaye de gérer la montée, sachant qu'il faut en garder pour après. J'arrive à Plan Lachat, le temps d'une pause bien naturelle, et j'attaque les 8 derniers kms, ceux qui sont les plus durs. Nous dépassons à présent les 2000 m d'altitude, et les températures vont redevenir plus agréables, avec même un léger vent. Lorsque les pourcentages se font à plus de 10%, je suis soulagé, j'arrive à les passer, et je commence à me sentir de mieux en mieux.


Plus on s'approche du sommet, et plus il commence à y avoir de concurrents à marcher à coté de leur vélo. La neige est encore présente.

Je m'arrête au ravitaillement, celui-ci est assuré par des militaires.

Je démarre la descente en direction du col du Lautaret. C'est assez agréable, il n' y a pas trop de monde et on peut descendre assez vite. Jusqu'à Bourg d'Oisans, la descente est très longue, avec près de 40 kms de descente depuis le col du Galibier.

Depuis le Lautaret, ce n'est pas très pentu, mais la route est assez droite, et on n'a pas trop à utiliser les freins. J'avoue que je redoutais un peu les nombreux tunnels qu'il fallait traverser, mais tout se passera bien, et même si certains étaient faiblement éclairés, je garderais toujours une distance de sécurité, par rapports à ceux qui me précèdent.
 
J'arrive à Bourg d'Oisans, il est 16h30. L'objectif était d'arriver avant 18h15, heure à partir de laquelle on ne m'aurait plus autoriser à monter l'Alpe d'Huez. Ca va, j'ai de la marge. Je profite du dernier ravitaillement pour refaire le plein de mes bidons, à vrai dire un seul aurait probablement suffit, mais comme je m'attendais à souffrir, j'ai préféré assurer.

Me voilà parti, pour cette dernière montée mythique. Au début de la montée, mon compteur indique 42°C en plein soleil. Je sais que les premiers kms sont les plus durs, jusqu'au virage N° 17, mais à vrai dire le premier virage me semble déjà si loin... Comme de nombreux concurrents, je ferais quelques petits arrêts, afin de récupérer un peu, de préférence dans les virages, comme ceux-ci sont plats et permettent de se relancer.

Je surveille mon chrono, je ne sais pas exactement combien de temps il me sera décompter dans la descente du Glandon, mais je sais que ça peut le faire, pour obtenir le brevet d'argent. Tout ça va me motiver, et il ne sera plus question de faire d'arrêts supplémentaires.

J'aperçoit la pancarte de l'Alpe d'Huez, même si on rentre dans le village, il reste encore quelques kms avant d'atteindre l'arrivée, mais la traversée du village sera agréable, avec les encouragements du public, le passage sous le tunnel, et la dernière ligne droite avant la ligne d'arrivée.

Je ne réalise pas trop le parcours que je viens de faire, je suis juste fatigué et juste content d'en terminer.

Je termine en 10h04 (hors descente du Glandon), l'objectif est atteint, et je peux savourer ma médaille d'argent.

Timothée, me rejoindra un peu plus tard, et même s'il aura pris son temps dans la partie neutralisée, nous n'aurons au final qu'une douzaine de minutes d'écart.

Pour la petite histoire, j'avais fait un pari avec mes collègues, et si jamais je n'avais pas atteint le temps limite de 10h18, pour obtenir le brevet d'argent, je ne me serais pas rasé pendant une semaine. Ouf l'honneur est sauf...

Quelques chiffres

7500: Le nombre de participants (plus de 85% d'étrangers)
4377: Ma position à l'arrivée
10h 46: Le temps total
10h 04: Le temps officiel après décompte de la descente du Glandon

Le Col du Glandon - Hors Catégorie:
- 24,1 kms de montée à 4,8%

Le Col du Télégraphe - 1ère Catégorie:
- 11,8 kms de montée à 7,3%

Le Col du Galibier - Hors Catégorie:
- 17,9 kms de montée à 6,8%

L'Alpe d'Huez - Hors Catégorie:
- 13,9 kms de montée à 8,1%

La vidéo:



Epilogue

Une semaine plus tard, ma voiture a été réparée (pompe à eau cassée), et j'ai pu retourner à Grenoble pour la récupérer. Tout est bien qui fini bien.

Pour mon anniversaire, les copains m'ont offert le maillot à pois officiel, du Tour de France. Il est magnifique, et j'ai hâte de retourner en montagne pour l'arborer fièrement !