mercredi 22 mai 2013

Le Tour de la Sarthe 2013

Le Week-End de la Pentecôte est traditionnellement le WE où se déroule le Tour de la Sarthe, dans le petit village de Tennie. Le nom pourrait laisser à penser qu'on effectue le tour du département, mais il s'agit en fait d'effectuer pendant les 3 jours, 3 boucles successives qui nous feront revenir à chaque fois à Tennie, pour un total d'un peu plus de 500 kms.
 
J'avais eu connaissance de cette épreuve cyclotouriste, via un magasine, et après m'être renseigné plus amplement sur internet, je me suis décidé à y participer. Plusieurs raisons à cela, la date à laquelle elle se déroulait, me permettait de la caller entre ma dernière cyclosportive et ma semaine de préparation à la montagne. De plus, je pourrais travailler un peu l'endurance, avec plusieurs heures de selle, et le fait que le cardio ne sera pas trop sollicité, favorisera la perte de poids, fort appréciable avant la montagne.
 
Jour 1

 
Je me lève à 3:45, et j'arrive à Tennie après 2h de route. Je me gare à l'entrée du camping municipal de Tennie où j'avais déjà réservé un emplacement quelques semaines auparavant. Le temps de monter le vélo et de m'équiper, et je me rends au lieu de départ situé à quelques centaines de mètres de là.
Je récupère ma plaque et en profite pour acheter quelques tickets que je pourrais utiliser lors des ravitaillements. Le prix est très modique et la prestation, assurée par des bénévoles, sera de qualité.
 
A 7:30, nous voilà tous partis pour notre première étape. Il y a des participants de tous ages, des vélos de toute sortes. La voiture ouvreuse en tête permet de réguler l'allure du peloton, mais également de signaler notre présence. Un grand nombre de motards sont présents, et assurent la sécurité du peloton, en signalant les rétrécissements et autres dangers potentiels que représente la chaussée, mais aussi en stoppant momentanément les véhicules, le temps de notre passage.
Pour ce premier jour, la météo n'est finalement pas si mauvaise, et nous avons même droit à un peu de soleil en cours de matinée.
 
Dans le peloton tout le monde parle du Belvédaire, qui constitue la difficulté du jour, mais également la plus importante sur ces 3 jours. Je ne connais ni sa longueur, ni son dénivelé, et lorsque nous arrivons au pied, je suis placé assez loin dans le peloton. Cette montée, bien qu'elle n'aie rien à voir avec le Galibier, sera pour moi un bon exercice de préparation à la Marmotte, qui aura lieu dans peu de temps, alors je décide de faire la montée à fond, et je remonte le peloton à bonne allure. Les derniers lacets m'obligent à passer le petit plateau (ce sera d'ailleurs le seul usage que j'en aurais au cours du Week End), et je suis surpris quand j'arrive en haut, de voir qu'il n'y a en fait que 5 ou 6 gars à être déjà arrivés. Enfin ne nous enflammons pas, lorsque je ferais la Marmotte, les concurrents seront d'un tout autre niveau, mais en tout cas, je me serais fait plaisir dans cette montée.



Le ravitaillement a lieu, et nous repartons ensuite pour 50 kms avant la prochaine pause.
Nous avions été épargnés par la pluie jusque là, mais nous allons rouler la dernière heure, sous une bonne averse continue.
 
Mon compteur indique 186 kms pour cette première étape.
 
Je rentre au camping et me rends sur mon emplacement. Le camping est vraiment très agréable et les blocs propres et bien équipés. Au niveau rapport qualité / prix, difficile de faire mieux.
Le seul problème c'est qu'il continue à pleuvoir, et je me résous à monter la tente sous la pluie. Le temps de prendre une bonne douche et je peux enfin souffler de cette première journée marathon.

Jour 2

 
Je croise un voisin de camping, fort sympathique, il m'explique avoir préféré dormir dans sa voiture. J'admire son courage, la nuit n'a pas dû être facile pour lui.

7:30 et nous voila parti pour notre second périple. Le parcours sera un peu différent des autres années. En effet, le grand prix de France de moto, a lieu le jour même au Mans, et afin d'éviter d'emprunter des routes fréquentées par les motards, nous ferons une boucle qui nous emmènera en Mayenne.
 
Nous croiserons quelques groupes de motard, qui nous encourageront par quelques vrombissements de moteur.
 
La matinée est ponctuée par un petit crachin continue, cette fois-ci j'ai installé un garde boue (acheté en urgence la veille de mon départ) à l'arrière, et c'est un confort appréciable, qui ne nuira pas à ma performance de toute façon.
 
A la pause déjeuner, j'en profite pour vérifier l'état de mes plaquettes de frein. A l'arrière, il ne me reste quasiment rien, et à l'avant elles sont pas mal entamées aussi. Je les avais vérifiées avant de partir, et je pensais largement avoir assez. Heureusement, j'ai au dernier moment rajouter une paire de plaquettes neuves avec mes affaires, par précaution. Il faut dire, qu'en roulant en peloton, à une allure qui nous est dictée par la voiture ouvreuse, on se retrouve très souvent dans les descentes, ou dès que la voiture régule un peu l'allure, à devoir solliciter ses freins. Pour l'après-midi qui va suivre, je vais utiliser principalement mes freins à l'avant, afin de ménager l'arrière, mais en hésitant pas à les utiliser pour les freinages plus poussés.
 
En début d'après midi, la route s'est asséchée et il fait un temps déjà plus agréable. Après la pause de l'après-midi, nous repartons, beaucoup ayant ôter les vêtements de pluie (j'ai moi-même longuement hésité), et 2 kms après être reparti, nous essuierons une première averse d'orage. Il s'en suivra quelques autres ensuite.
Nous passons par Ste Suzanne, où la côte, montée sous la pluie, créera des cassures dans le peloton, mais tout rentrera dans l'ordre et les retardataires pourront recoller au peloton.
 
Nous aurons effectué 185 kms pour cette seconde journée.
 
Je rentre au camping, et la priorité est de changer les plaquettes. Il ne reste quasiment plus rien, mais heureusement je n'aurais pas atteins le métal, et donc pas esquinté mes jantes.
 
Jour 3


 C'est la dernière journée, les muscles commencent à tirer un peu. A vrai dire ce sont les bras qui montrent les plus grands signes de fatigues. Il faut dire qu'ils sont beaucoup plus sollicités au freinage que lorsque j'effectue mes sorties seul.
 
Nous voilà parti pour notre dernière étape, la plus courte. Le temps sera dans un premier temps couvert, mais nous aurons ensuite droit à de la pluie régulièrement.
 
Alors que je suis vers l'avant du peloton, Roland (le speaker à bord de la voiture ouvreuse) nous fait part d'un truc incroyable; un cheval vient de quitter son enclos et de traverser devant sa voiture. Nous en voyons ensuite un second traverser juste devant le peloton. Heureusement plus de peur que de mal, mais il y aurait pu y avoir des dégats dans le peloton.
 
Nous sommes de retour à Tennie, moment de la fête pour tout le monde. Les habitants du village ont bravé la pluie pour venir nous applaudir, et tout le monde est content d'en terminer.
 
Nous aurons parcouru 145 kms pour cette dernière journée.

En retournant au camping, une bière m'attend à coté de ma voiture, je suppose que c'est une attention du camping, mais je n'ai pas su finalement qui je devais remercier.

Je retourne ensuite pour la remise des prix. Après le discours des différents élus locaux, les coupes sont distribuées aux clubs les plus représentés, ainsi qu'aux participants les plus agés. Chaque participant ayant parcouru la totalité du parcours se verra remettre également un trophée.


Il y aura eu finalement un peu plus de 200 participants chaque jour, et nous aurons parcourus un peu plus de 500 kms à travers la Sarthe, la Mayenne, le Maine et Loire et l'Orne.

Malgré les conditions climatiques qui n'étaient pas favorables, j'aurais malgré tout passé un excellent Week-End, tant d'un point de vue sportif, que du coté très convivial des participants.

Les organisateurs ont fait un très gros boulot, pour faire de ce Week-End une très belle fête du vélo, avec de beaux parcours, des ravitaillements très bien pourvus et une sécurité au top. Tout est géré par des bénévoles et le coût pour les participants est vraiment modique.

Encore bravo à toute l'équipe, et longue vie à cette épreuve!

mercredi 1 mai 2013

La Vélostar 2013

En ce jour de 1er mai, avait lieu la Vélostar, dans l'Essonne.
 
Levé 5h du matin, pour me rendre à Marcoussis, au Parc des Célestins. Heureusement que j'avais vu large au niveau timing, malgré le GPS, le parc n'y était pas répertorié, et j'ai un peu galéré dans les environs de Marcoussis pour trouver.
 
Je me gare dans la ZI et monte mon vélo. Cette fois-ci je roulerais avec une paire de Shimano RS80 C50, fraichement achetées et tout juste essayées le WE dernier. Ce type de roue est parfait pour les portions roulantes, et je ne les ai pas trouvées pénalisantes en montée. Par contre je dois m'habituer au niveau des relances, ça demande beaucoup plus d'énergie.
 
J'en ai aussi profité pour monter ma caméra sur mon casque, histoire de faire quelques tests, avant de l'utiliser sur la Marmotte. A vrai dire, j'étais peut-être bien le seul ainsi harnaché.
 
Je pars chercher mon dossard. Ma route croise forcément celle de ceux qui reviennent avec leur dossard et le sac qui leur a été offert, d'où dépasse un poireau. Je trouve la situation assez comique, avec tous ces poireaux qui défilent les uns après les autres, et je repartirais moi aussi avec mon poireau.
 
L'allez retour depuis la ZI m'aura finalement permis de m'échauffer un peu, comme il me reste un peu de temps, je refais quelques kms supplémentaires, et repars me placer dans mon SAS. En passant devant la ligne, j'ai le temps de reconnaitre Raymond Poulidor, venu pour l'occasion. Il était inscrit sur le petit parcours, mais ne montera finalement pas sur le vélo. Dommage, j'aurais eu plaisir à rouler à ses cotés.
 
Cette fois-ci, les SAS sont clairement affichés, il y a devant, les SAS de ceux qui font le grand parcours, et ensuite les SAS du petit parcours. Mon N° 70, me permettra d'être bien positionné pour le départ.
 
Nous attendons le départ. J'avoue que je suis d'humeur assez mitigée, contrairement aux autres cyclos que j'ai fait précédemment. J'avais une douleur dans un mollet après m'être levé et le temps ne s'annonce pas terrible, avec déjà du vent et de la grisaille. Pendant que j'attends dans le SAS, je veux me moucher une dernière fois, mais je me rends compte que j'ai épinglé mon mouchard en même temps que mon dossard, ce que je peut être c... parfois  ;-)
 
Le départ est donné pour le grand parcours, et quelques minutes plus tard c'est notre tour. Je fais un pas trop mauvais départ et essaye de me positionner autant que possible, et contrairement aux autres fois, j'essaye de ne pas trop me mettre dans le rouge sur les premiers kilomètres.


 
Nous sommes assez nombreux, et une première côte arrive 10mn après le départ, et j'en profite pour remonter quelques places, s'en suit une longue ligne droite, où un groupe d'une vingtaine de coureurs va se constituer. Nous reprendrons encore d'autres coureurs et notre groupe continuera à grossir.
 
Les 50 premiers kilomètres sont avalés à près de 35 de moyenne , et je prends un grand plaisir à rouler avec mes nouvelles roues, qui sont parfaitement adaptées à la situation. Par contre, la pluie fera son apparition.
 
Nous tournons à droite, nous sommes à présent vent de face, ma relance laisse un peu à désiré, et je n'arrive pas à recoller. Je me fais violence pour essayer de revenir car je sais que c'est le wagon qu'il ne faut surtout pas laisser filler. Le vent est vraiment très fort, et seul, ma vitesse s'écroule. J'ai l'impression de revivre la Jacques Gouin, je me dis que cette fois, ça ne sert à rien de batailler seul face au vent et qu'il vaut mieux attendre des renforts, mais pour l'instant personne à l'horizon. Un homme et une femme me rejoindront quelques kilomètres plus loin, ils étaient eux-aussi dans le même groupe que moi auparavant. Nous avons roulé ensemble de nombreux kms tous les 3, essayant de nous partager les relais (mais j'avoue que le gars a fait le gros du travail, j'étais un peu cuit sur la fin pour l'aider), merci à eux ! Quelques coureurs isolés nous ont finalement rejoints ensuite.
 
Pendant quelques kms, je roulerais ensuite avec d'autres coureurs isolés, décrochés de l'avant, ou remontant de l'arrière. J'aurais même droit à ma propre moto escorte, pendant un moment, bien que j'étais tout seul.
 
A une vingtaine de kms de l'arrivée, nous avons finalement été repris par un peloton très important. C'est cruel ce sport parfois, on se dit qu'on se donne parfois bien du mal et qu'on ferait mieux parfois de s'arrêter au bord de la route et d'attendre que ça arrive... Mais c'est ce qui fait tout le charme de ce sport et je retiendrais probablement plus ce type de moment, que mon temps ou mon classement.
 
Ce groupe va finalement m'emmener jusqu'au bout, même si parfois, à la faveur de quelques côtes, le groupe perdra de nombreux éléments, mais à chaque fois, les jonctions s'opéreront.
 
Nous arrivons à Marcoussis, l'arrivée étant jugée en haut de la côte de l'escargot (j'adorre ce nom si révélateur!), et j'en profite pour me repositionner vers l'avant du peloton, et lorsque nous arrivons dans la côte, là je me fais vraiment plaisir et je lâche tout, en faisant une belle montée, avec le soleil qui est revenu, en prime. Nous avons même droit aux honneurs des pom poms girls juste avant la ligne d'arrivée.


 
Finalement mon compteur indiquera 99.5 kms contrairement aux 95 kms annoncés. J'ai appris ensuite que des travaux ont impliqué la modification du parcours à un endroit.
 
Je retourne à la voiture me changer et ranger le vélo, et retourne chercher mon plateau repas (le poireau, ce ne sera pas pour ce midi).
 
Les résultats sont à présent disponibles. A ma grande surprise, je suis 126e sur 287 classés (sans doute un peu plus de 300 au départ). J'avais l'impression d'avoir un peu loupé ma course, dans la partie ventée, et le fait qu'aucun peloton ne revenait derrière nous, me laissait à penser qu'il ne restait peut-être pas tant de monde que ça derrière. Je suis plutôt satisfait finalement, et je sais que je pourrais encore faire mieux.
Le compte-rendu de Vélo 101:
 
 
 

dimanche 14 avril 2013

La Blé d'Or 2013

Aujourd'hui se courait la Blé d'Or, près de Chartres.
 
Je suis inscrit sur le petit parcours, l'objectif étant de tenir en moins de 3h15, pour atteindre le niveau argent. La finir est aussi un premier objectif en soi, l'année dernière, je n'avais pu effectuer que 5km suite à la casse de ma fixation arrière.
 
Cette cyclo se déroule pas loin de chez moi, aussi j'ai pu m'y préparer les semaines précédentes, en repérant déjà le parcours.
 
J'avais entrepris d'équiper mon vélo de roues Campagnolo, avec des jantes plus hautes, mais j'ai dû me résigner à conserver une roue plus classique à l'arrière. Il me fallait changer tour à tour la cassette, plus la roue libre, puis le moyeu. Bref inutile de tenter une configuration que je n'aurais pas eu le temps de tester au préalable de toute façon.
 
Le temps est idéal, grand soleil, avec des températures prévues à 24°C dans l'après-midi. Pour la première fois de l'année, je vais enfin pouvoir revêtir les vêtements courts.
 
Le départ n'est donné qu'à 10:30, mais je préfère arriver assez tôt, pour pouvoir me garer facilement. L'accès se fait par un petit chemin en terre bien défoncé, sachant qu'il a pas mal plu les jours précédents, inutile d'arriver avec une voiture trop propre. Je retrouve Sébastien, mon voisin, qui participe à sa première cyclo.
 
J'attends le départ de ceux qui font le grand parcours à 10:00, et je pars faire quelques kilomètres d'échauffement, et me replace sur la ligne 10 mn avant le départ, il y a déjà beaucoup de monde et me retrouve dans les dernières positions. Dans le SAS, 2 crevaisons ont lieu tour à tour, pas de chance...
 
Le départ est donné, tout se passe bien, et contrairement à la Jacques Gouin, je trouve que ça part plus calmement. Après les 2 premiers kms, une première côte, j'y suis à mon aise, et en profite pour remonter pas mal de places. C'est assez étiré, et au bout de quelques kilomètres, je me retrouve dans un groupe d'une douzaine de coureurs. Je profite d'une petite montée pour fausser compagnie à ce groupe et venir me placer dans un autre groupe devant.
 
A une trentaine de kms du départ, Seb revient à ma hauteur, il m'explique que son dérailleur a lâché peu après le départ, il est contraint de rouler sur le petit pignon, n'ayant plus que ses 2 plateaux pour faire varier ses développements. Ca semble mission impossible si loin de l'arrivée. Nous roulerons quelques kilomètres ensembles, et il partira ensuite devant.
 
Peu avant Pontgouin, j'ai réussi à partir avec quelques gars, il y a ensuite une côte assez longue, et je sais que c'est là que je devrais faire jouer mon va tout. Effectivement en abordant la côte nous ramassons pas mal de coureurs, et j'en profite pour reprendre quelques places, et sortir de la côte dans un groupe d'une dizaine de coureurs.


 
Arrivé vers St Germain, nous avons repris d'autres groupes, et nous sommes à présent une bonne trentaine. Je me laisse porter par ce groupe, j'ai déjà fais pas mal d'efforts et j'ai besoin de me refaire un peu les jambes. Nous roulerons ensemble pas mal de kms, mais le groupe finira par se scinder de nouveau. Heureusement, j'arrive à tenir jusque là. Je me permettrais même de partir vers l'avant par moment quand ça monte, pour ramener notre groupe vers ceux qui nous précèdent.
 
La fin du parcours est tout aussi ventée que ne l'était le début, en fait, on se rends compte qu'on prends le vent de coté la plupart du temps.
 
A un carrefour, à mon grand étonnement, nous filons tout droit, alors que j'avais pris l'habitude de prendre à droite, direction Fontaine-Guyon, lorsque j'effectuais le parcours seul. Il s'agissait peut-être de l'ancien parcours.
 
Notre groupe perds régulièrement des coureurs, et à mon tour, je commence à accuser le coup. Heureusement il y a des successions de petites bosses, et j'arrive à recoller dans les portions montantes. Nous arrivons à la Fontaine Guyon, ou une autre côte nous attends. Je ne prends pas de risque et repasse le petit plateau, et je déraille... Le temps de remettre la chaine, m'essuyer les mains pleines de cambouis et je repars. A ma grande surprise, je reviens très facilement à l'avant du groupe.
 
Il ne doit plus rester qu'une douzaine de coureurs, l'allure est plus faible qu'au début, mais nous arrivons toujours à maintenir une allure convenable.
 
Nous bifurquons à gauche, je suis à l'arrière, perds 10 mètres, puis 20... Nous sommes à 10 kms de l'arrivée, mais là je n'arrive plus à recoller. Je regarde mon compteur, je sens que ça va être juste pour les 3h15. J'arriverais à reprendre quelques coureurs lâchés eux aussi. Arrivé dans l'avant dernière côte, je sais qu'il me faudra terminer seul et je donne tout. S'en suit une descente et la montée final de la côte de la Chacatière.
 
D'après mon compteur, je termine en 3h18, c'est loupé pour l'argent, mais je m'en sors plutôt bien, depuis le début je n'aurais fait que remonter des places sans quasiment en perdre.
 
Une petite collation et je repars à la voiture, où je retrouve Seb. Malgré son problème de dérailleur, il a assuré comme un chef et termine honorablement en 3h12. Chapeau, nul doute qu'il pourra faire beaucoup mieux la prochaine fois.
 
Je me rends ensuite au gymnase, ou un plateau repas nous est offert.

Je termine 197e sur 336 (375 engagés).
 
Très belle cyclo en tout cas, une organisation au top, bien signalée, et le maillot commémorant les 20 ans de l'épreuve très sympa. Je prends déjà rendez-vous pour l'année prochaine.





dimanche 3 mars 2013

La Jacques Gouin 2013

Aujourd'hui avait lieu la Jacques Gouin, une cyclosportive de 115 kms au départ de Mennecy, dans l'Essonne.

J'étais au départ pour ma première cyclo de l'année, et en fait la première qui aie lieu sur un parcours de plaine, si j'exclu l'Etape du Tour et la Blé d'Or sur laquelle je n'avais fait que 5 kms avant de casser mon vélo l'année dernière.

Le départ était donné à 9:00, mais par sécurité j'étais la-bas dès 8:00 afin de m'équiper et de prendre le temps de m'échauffer sans stress.
Il était prévu des SAS en fonction du N° du dossard, mais la mise en place des participants a été quelque peu difficile. Il faut dire que les N° des dossards correspondant a chaque Sas avaient été posés sur des grilles, elle-mêmes sur le coté et masquées par les voitures des concurrents. Enfin tout est rentré dans l'ordre et le départ a pu être donné à l'heure. Les Sas n'avaient un rôle qu'assez virtuel et tout le monde a été laché en même temps.

Nous voila donc parti, tout le monde partant à fond, mais devant s'arrêter 2 kms plus loin, ou le départ réel était donné.
Contrairement à l'étape du tour où je préferrais gérer mon allure, cette fois-ci, je suis parti dans l'optique de partir à fond et de tout donner dès le départ, et ça part vite en effet. Après quelques kms je me retrouve isolé avec un groupe intéressant devant, je fais un gros effort pour revenir et le cardio s'affole. J'apperçoit au loin la camionnette de début de course, je me dis que je ne suis finalement pas si mal placé que ça.

Je vais resté pas mal de kms dans ce groupe, parfois on reprend des coureurs, parfois on en perds. L'allure est très rapide, et même si on se laisse emmener par le groupe, le cardio reste élevé. Dès qu'il y a des côtes à passer, je me rends compte que j'y suis plutôt à mon aise, et du coup les groupes explosent de nouveaux.

Je suis alors dans un groupe de 7/8 courreurs, devant 2 gars partent dans la montée et ceux qui les suivent ne sont pas en mesure de suivre le rythme. Je me décide à partir à mon tour espérant les rejoindre. Je vais en fait devoir batailler durant de nombreux kms seul, ils sont a porter de mire à 3/400 m et je réduis l'écart par moment, en reperds à d'autre moment. Beaucoup de coureurs ont été repris et font à présent partis de leur groupe. Je finirrais par revenir mais j'ai déja laché pas mal d'énergie, et au bout de 60 kms je commence à avoir quelques débuts de crampe. Il faut dire qu'au court de la bataille, j'ai probablement oublié de m'alimenter suffisamment.

A ce moment je préfèrre réduire un peu l'allure de façon à récupérer un peu, je me dis que d'autres vont finalement arriver par l'arrière en renfort, mais je vais finalement me retrouver seul pendant de nombreux kms. A un moment donné, je reprends un gars qui a cassé un rayon et a une roue voilée, je roulerais un peu avec lui, mais je n'aurrais pas la force de le suivre.

Un groupe fini par arriver, et je me mets dans les roues. Les crampes sont toujours là et je dois me faire violence pour arriver à les suivre. Régulièrement je me fait distancé, et arrive a revenir dans les cotes. Ensuite, je vais rouler de nombreux kms, où il n'y aura plus de groupe, des gars isolés avec qui je roulerais un peu.

A 15kms de l'arrivée, un groupe me dépasse, et je peux me mettre dans leurs roues, ca relance tout de suite mon allure, j'étais à l'agonie vent de face juste avant. Le groupe finira par se disloquer dans une côte. Encore une fois je suis à mon aise dans la montée, et lorsque je me rends compte que je suis sur le dernier pignon, je peste d'en être déjà là. Je regarde mon compteur et me rends compte que la côte fait en fait 15% (elle montera même à 17%), je me dis que finalement je ne suis pas si mal.

Les derniers kms se feront en prenant les roues de quelques coureurs isolés. Nous passons la ligne d'arrivée, quelle délivrance.

Je mettrais finalement 4h, c'est le temps que je mets quand je roule seul sur ce genre de parcours habituellement. Là j'aurais fait une grosse première moitié à fond, et une deuxième à plus faible allure à cause des crampes. La stratégie de course n'a pas été payante finalement, mais tant pis, au moins j'ai vécu une course de mouvement plus intéressante que si j'étais resté callé tout le temps à la même allure.

Après la course un plateau repas nous est offert, et les prix sont remis.

Les résultats sont à présent publiés sur le site. Je suis classé 408 sur 485 pour un temps de 4h07 (correspondant en fait au temps pris sur 117 kms incluant les 2 kms avant le départ réel). Pour un coursier, la performance serait très médiocre. A mon niveau, c'est assez logique finalement. Je peux me consoler en me disant que dans ma catégorie d'age, en non licensié, je finis 12e sur 22. En réalisant la course parfaite, je n'aurais probablement pas été au dessus de la 300e place, étant donné le niveau.
 
Enfin tant pis pour le classement, j'ai passé un bon moment, en plus il a fait très beau. Le prochain coup j'esssayerais de mieux gérer mon début de course et de m'alimenter convenablement pendant la course.

Au niveau du parcours rien à redire, c'était bien balisé, des signaleurs à chaque carrefour, qui géraient très bien , voire même nous encourrageaient pour certains.

Le relevé du dénivelé avec mon compteur:

 
Le compte-rendu de Vélo 101:
 
 
 
 
 
 
 

dimanche 9 septembre 2012

Sortie 200 kms

La sortie du jour, 200 kms, qui s'étendent sur la vallée de Chevreuse et Monfort L'Amaury.
En solo, avec ravitaillement au km 130.


Les principales côtes:

Clairefontaine, Les Bordes, La Ferté, St Rémy Les Chevreuses, Chateaufort, La Madeleine (par Milon La Chapelle), les 17 tournants, La Madeleine (par Chevreuse), Champ Romery, Gambaiseuil, Les Mesnuls

dimanche 26 août 2012

L'Etape du tour 2012 Acte 1 - Partie 1

L'Etape du tour 2012 Acte 1 : Albertville - La Toussuire (Partie 1)

L'événement vient d'avoir lieu il y a peu de temps, alors afin de garder une trace de tout ça, et avant que ma mémoire ne me fasse défaut, je vais essayer de retracer ici comment j'ai réussi à relever ce défit, en espérant que cet article aidera d'autres amateurs que moi dans leur préparation.
J'ai moi même consulté de nombreux blogs de personnes racontant leur Etape du Tour, ce qui m'a beaucoup aidé, et je me devais à mon tour d'en faire le récit.
Je mentionne beaucoup de détails (peut-être un peu trop), mais c'est cet ensemble de petits détails qui, à mon sens, a pu faire toute la différence.


  • Un rêve de gosse
Et oui, tout gamin je regardais le tour à la télé. Il y avait des Hinault, Fignon, Virenque un peu plus tard, et des Voeckler et autre Rolland aujourd'hui, qui m'émerveillent encore dans les étapes de montagne. Le vélo était plus pour moi un mode de locomotion à cette époque, mais je rêvais déjà d'être à leur place, même si j'aurais probablement vite déchanté dès les premiers km de montée. Ma passion pour ces forçats de la route a toujours demeurée, malgré les incessantes affaires de dopage.

Ce rêve, je viens donc de le vivre en participant à l'un des événements qui me tenait le plus à coeur: l'Etape du Tour, en effectuant quelques jours avant les coureurs du Tour de France une étape complète, et qui plus est, l'étape reine des Alpes de ce tour 2012. Ce défit je me le suis lancé il y a un an, et les quelques secondes de bonheur lors du franchissement de la ligne d'arrivée, sont l'aboutissement de nombreux mois de préparation. Franchir la ligne d'arrivée, c'est déjà en soi, et à mon échelle, une petite victoire.

  • Mon profil

Il y a à peine 3 ans, je pratiquais encore le cyclisme à un niveau cyclotouriste, c'est à dire le dimanche lorsque le temps et ma disponibilité le permettaient, avec environ 1000 à 1500 kms de vélo dans l'année.

Fin 2009, j'ai commencé par investir dans un Home Trainer, le système qui permet de travailler chez soi, à partir d'une vidéo ou chaque pourcentage de pente est reproduit fidèlement sur le rouleau qui supporte le vélo. Il existe des systèmes plus simples et moins onéreux, mais celui ci offre l'avantage de rendre l'exercice moins monotone et il me permet de conserver ma motivation durant les mois d'hiver.

2010 - J'investis dans un beau vélo Lapierre, tout carbone. Je prends beaucoup de plaisir à rouler avec ce nouveau vélo, et j'effectue mes premières montées de cols au mois d'aout (La Croix de Fer, L'Alpes d'Huez...). Mon ancien vélo (un Giant, avec encore les manettes de changement de vitesse sur le cadre) prendra place sur le Home Trainer où il finira sa vie. Un total de 4000 kms parcourus pour cette année.

2011 - Je hausse le niveau et m'applique à rouler au moins 2/3 fois par semaine sur Home Trainer ou sortie de route.
Je m'accorde une première semaine de vacances dans les Pyrénées au mois de mai afin de monter quelques cols mythiques: Le Tourmalet, l'Aubisque, Hautacam, Luz Ardidden.... Un second séjour au mois d'aout me permet de monter le Mont Ventoux, qui reste à ce jour celui qui m'a semblé le plus difficile. Un total de 6000 kms parcourus pour cette année.
  • La décision
C'est en juin 2011, alors qu'allait se courir l'Etape du Tour 2011 (Modane - l'Alpe d'Huez), que je décide que l'année prochaine ce serait mon tour. Il faut dire que cette étape avait de la "gueule" avec la montée du Télégraphe, du Galibier et de l'Alpe d'Huez, et me faisait un peu regretté de ne pas m'y être inscrit. Le prochain parcours du Tour ne sera dévoilé que mi octobre, mais tant pis je serais de la partie quelle que soit l'étape.

Septembre 2011, je tombe sur internet sur un site (Velowire) ou de nombreux passionnés de vélo tentent de déterminer quel sera le tracé du prochain tour de France. En fait, de nombreuses informations, telles que les réservations d'hotel à l'avance par les membres du tour ou de la caravane, ou des fuites de la part de certains élus, ont permis de déterminer assez précisément les villes étapes, et donc d'en déterminer le parcours. Fin septembre le parcours est donc quasiment connu, d'autant qu'une bourde de ASO (l'organisateur du tour) à rendu publique sur son site pendant quelques minutes, le futur tracé du tour, une quinzaine de jours avant la date officielle. Reste encore à déterminer quelles seront les 2 étapes qui seront proposées lors de l'Etape du Tour, mais là aussi, l'information avait été relayé bien avant l'heure sur le site de La Toussuire, la station y mentionnant l'accueil de l'étape pour les pros mais aussi pour les amateurs.

Une fois la seconde étape connue, celle des Pyrénées incluant Aubisque, Tourmalet, Aspin et Peyresourde, je devais donc décider à laquelle je participerais. Le choix de l'étape Alpine s'est fait tout naturellement. En effet, j'avais déjà programmé de passer une semaine dans les Alpes, un mois avant l'épreuve, de façon à monter de nouveaux cols qui m'étaient inconnus, et cette semaine me permettrait notament de m'essayer à la Madeleine et au Glandon. D'autre part, dans l'étape Pyrénéenne, je n'aurais monté que des cols que j'avais déjà monté un an auparavant.
Sitôt les étapes du tour connues, de nombreux articles paraissent dans les magazines où ils y décrivent les parcours. Ils ne manquent pas de rappeler que les 2 étapes seront très difficiles cette année, avec pour chacune près de 5000m de dénivellé. Il fallait remonter à l'étape du Tour de 1998 pour avoir des étapes aussi difficiles avec autant de cols et de dénivellé à passer. Je comprends alors que la tâche ne sera pas facile, mais je ne reculerais pas. A ce moment-là, j'estime mes chances à 50% d'aller au bout, mon seul point de repère étant la plus grosse sortie à ce jour que j'ai faite, dans les Pyrénées, en enchainant le Tourmalet et l'Aspin, soit environ 2000m de dénivellé, et où j'étais déjà bien entammé en atteignant l'Aspin.

Pour ma première participation, et qui plus est ma première compétition, l'objectif sera de franchir la ligne d'arrivée, après si je peux arriver à me positionner vers la moitié du classement, ce sera déjà plus qu'inespéré. Mais bon, je sais que viser un classement peux m'obliger à lacher les chevaux trop tot et peux risquer de tout me faire perdre, alors s'il agira probablement plus d'acquérir de l'expérience cette fois-ci, pour peut-être envisager mieux une prochaine fois.

J'avoue que, au cours de l'année qui va suivre, je penserais très souvent à ce jour qui va se rapprocher de plus en plus. Prenant le métro, et descendant à la station Madeleine, j'aurais forcément une pensée toute particulière pour ce col.

Nous voila en octobre, je dois encore attendre l'ouverture des inscriptions à l'Etape du Tour, mi novembre, mais je sais dorénavant ce que je devrais préparer.
  • La préparation
Octobre

Une saison pour un cycliste se termine généralement vers cette période, mais c'est aussi là que démarre la prochaine saison, même si beaucoup pense souvent qu'on ne la prépare qu'au 1er janvier.

J'ai de la chance, le temps est assez clément en ces mois d'octobre et de novembre, et je peux donc continuer à faire de bonnes sorties le week-end. En parallele, je maintiens un minimum d'une sortie de Home Trainer en cours de semaine. Même si l'objectif est encore loin, je m'y tiendrais et resterais motivé. Je commence par inclure quelques exercices de fractionnement, lors de mes séances sur Home Trainer.

Le matin, je passe 45 mn dans le train, je décide de mettre à profit ce temps, pour y travailler la théorie. Le blackberry du boulot, même si certains sites sont bloqués, me permet d'accéder à de nombreuses informations sur internet, pour déjà déterminer les nombreux axes que j'aurais à travailler pour être prêt le jour J. Régulièrement, je complète mes lectures du matin par des magazines, y compris le Week-end où je prends le temps de lire les articles interessants lorsque je passe devant le rayon presse, tout en faisant mes courses.

Afin de rester motivé tout au long de l'année qui vient, au cours de mes entrainements, je mets en place un calendrier, avec des objectifs intermédiaires: cyclosportives, semaine en montagne, mais aussi des kilométrages intermédiares à atteindre, des temps à atteindre...

J'ai mon rendez-vous chez l'ophtalmo à cette période, sachant que j'avais changé mes lunettes un an auparavant, qu'elles ne sont pas abimées et que ma vue n'a pas bougé, je profite de l'occasion pour me faire faire des lunettes de soleil correctrices, et adaptées à la pratique du vélo. Le modèle qui puisse intégrer mes verres, n'a pas été simple à trouver, mais j'ai finalement opté pour un modèle très bien, protégeant parfaitement les cotés et évitant ainsi au vent de s'engouffrer dans les descentes.

Novembre

Mi novembre, les inscriptions sont ouvertes sur le site de l'Etape du Tour, en rentrant du boulot le soir, je me connecte et m'inscris. Au moment où je cliquerais sur le bouton "Valider", je sais que je ne ferais plus machine arrière.
Pour les 3000 premiers, le tarif est de 75€, pour les suivants de 95€. Je fais parti des 3000 premiers inscrits, mais un rapide coup d'oeil a la liste des inscrits me laisse à penser que les 3000 ont dû être atteints dès le premier jour. Le tarif n'est pas donné, mais je me rendrais compte plus tard que c'est justifié, étant donné toute l'organisation qu'il y a autour. Je profite de l'inscription pour y réserver aussi la navette de retour de La Toussuire vers Albertville, la veille de la course (pourquoi? j'y reviendrais plus tard)

Sur mon vélo, il y a un petit moment que je souhaitais réhausser un peu ma selle, mais je voulais éviter de le faire à l'approche des grands rendez-vous. Je note la position actuelle et la remonte, j'aurais tout le temps d'affiner le réglage ou de revenir en arrière en fonction des sensations que j'aurais pendant les mois qui viennent.

Coté alimentation, je suis conscient que ce sera crucial le jour J, et je me rends compte que même si j'ai l'habitude de boire et manger régulièrement sur le vélo, je bois moins qu'il le faudrait. J'instaure donc un "timing" lors de mes sorties pour boire tous les X temps et j'évalue à la fin la quantité correspondante. Il me faudra plusieurs réglages pour arriver à ce qui correspond à mes besoins. Pour les séances de Home Trainer, je bois toutes les 5mn, ce qui correspond à 0.750 L / H, et pour la route, pour les circuits types autour de chez moi, je bois tous les 4 kms (mon compteur ne me permettant pas d'afficher le temps en même temps que le kilométrage), ce qui correspond à 0.5 L / H. A noter, que les dépenses hydriques sont beaucoup plus importantes sur Home Trainer. Après, tout ça n'est qu'une base, et si j'oublie de boire une gorgée, je peux en boire 2 la fois d'après. De même qu'en fonction de la difficulté, de la chaleur ou d'autres paramètres, je peux augmenter la quantité. Pour l'Etape, ce sera plus de l'ordre de 0.750 L par heure.
Pour l'alimentation solide, j'en profite pour essayer diverses barres énergétiques. Il faudra que le modèle retenu soit bien testé, afin d'éviter d'essayer un truc au dernier moment que je digérerais mal.

Décembre

Les conditions météos se sont dégradées, je devrais me contenter de rouler sur Home Trainer, j'en profite pour aborder un travail de force et de vélocité. Toujours en conservant une première partie d'échauffement, je n'hésite pas à me faire mal, et je ferais même 2 ou 3 séances où je n'aurais plus assez de jus pour aller au bout.

Janvier

Les fêtes sont passées, bien que j'ai continué à rouler régulièrement, j'ai repris un peu de poids et il faut à présent me soucier de revenir au poids idéal dans quelques mois, idéalement pour mon premier rendez-vous en juin dans les Alpes. L'objectif est de redescendre à 65 kgs, soit perdre 5 kgs.

Mon boulot me permets de manger à la cantine le midi, et jusque là, la formule étant forfaitaire, le prix était le même pour un plat que pour un plat et 3 accompagnements, ce qui incitait à manger plus que de raison. Heureusement, au 1er janvier, la cantine est repris par un autre groupe et la formule devient à la carte. J'en profite pour m'aménager un repas type avec salade, plat avec du poisson et fruit en dessert. Ce type de repas m'accompagnera pendant de long mois et je ne ferais que rarement exception. Je m'accorderais juste un peu plus de variété le week-end.
Le résultat est sans appel, et je perdrais en moyenne 500g tous les 15 jours, jusqu'à redescendre à 64 kgs fin mai (je reprendrait un kg suite à ma semaine alpine, mais principalement en muscle, enfin je crois)

Les conditions climatiques se sont améliorées, et je reprends les sorties sitôt janvier, pour atteindre progressivement les sorties de 100kms le week end, tout en commençant à donner un peu plus d'agressivité à mes sorties.

Pour travailler le gainage, j'incluerais dorénavant quelques séries d'abdo (quand j'y penserais à vrai dire) avant de me coucher le soir, sur le dos, en remontant le haut du corps.

Février

Conditions hivernales, neige, froid... je dois me résoudre à rouler exclusivement sur Home Trainer.
J'en profite pour changer quelques pièces maitresses sur mon vélo, afin que celles-ci ne soit ni complètement usées le jour J, ni trop neuves et non rodées: pneus, chaine, patin de frein, calles de chaussure. Je note leur kilométrage, afin de controler plus facilement leur usure la prochaine fois.

Mars

Début mars, a lieu le prologue du Paris-Nice, non loin de chez moi, à St Rémy Les Chevreuse. A cette occasion, le conseil général des Yvelines organise une randonnée cyclotouriste la veille du prologue. Je profiterais de cette occasion pour effectuer une sortie en groupe et me préparer aux cyclosportives que j'ai prévu dans la suite de mon programme. Malgré quelques averses sur la fin, j'ai beaucoup apprécié cette rando, et même s'il n'y avait pas de chrono, j'ai eu la chance de rouler avec un groupe de 7/8 courreurs d'un bon niveau, et où l'allure était bien menée.

Pour mes sorties suivantes, les températures s'améliorant, j'en profite pour continuer à hausser mon niveau. Coté Home Trainer, je passe à présent à 2 sorties hebdomadaires, et les sorties de routes incluent à présent le maximum de côtes possibles.

A l'inverse, il me faut aussi, bien planifier les périodes de récupération. Il ne s'agit surtout pas d'être complètement cramé lorsqu'arrivera le mois de juin, alors j'essaye de placer quelques semaines où l'entrainement sera plus light, et j'essaye d'adapter les circuits en fonction de l'état des jambes, avec des séances de Home Trainer moins poussées lorsque la sortie du Week-End a été difficile.

Je profite d'une semaine de vacances, pour me rendre chez mon médecin, et lui faire remplir un certificat médical de non contre indication à la pratique du sport de compétition, précieux sésame qui me sera demandé lorsque je récupérerais mon dossard lors de l'étape du tour. Pendant cette semaine, je récupère le parcours de la Blé d'Or sur internet, cyclosportive à laquelle j'ai décidé de participer sur le parcours de 95 kms, et m'entraine plusieurs fois sur le parcours. Une des sorties me vaudera d'ailleurs un bon rhume, ayant roulé la moitié du temps sous les averses de pluie et de grèle.

Avril

Nous sommes le 15 avril, je suis à Chartres pour participer à la Blé d'Or, ma première cyclosportive. Je sais que je serais probablement loin dans le classement, mais je veux profiter de cette cyclo, pour me faire une petite expérience de la compétition avant d'arriver sur l'Etape du Tour. Le départ est donné, dès les 100 premiers mètres une première chute devant moi, mais je ne me laisse pas impressionné et je continue, en faisant attention aux autres. Après une première côte, le peloton s'étire, et nous voila à présent un groupe d'une petite dizaine de coureurs. C'est parfait, je me dis que le plus dur est fait et qu'il faudra à présent rouler au gré des différents groupes qui se reformeront. Après 5 kms de course, et au moment de passer un petit pont, je suis soudainement incapable de suivre l'allure de mon groupe, alors que les jambes me semblaient bonnes et que personne ne semble avoir accéléré. Une fois distancé, j'entends alors le frottement de ma roue sur mon cadre. Je m'arrête, remonte la roue sans comprendre et repars, même problème. Là, je réalise que le cadre de mon vélo vient de céder, et la patte qui maintient la roue est coupée nette au niveau du cadre, irréparable. C'est le drame !...

Tant pis pour la Blé d'Or, mais la semaine de préparation dans les Alpes et l'Etape elle-même me semblent tout à coup fort compromises, à cette période de l'année. Je dois faire une croix sur la Vélostar, autre cyclosportive à laquelle j'avais prévu de participer 15 jours après.

Mai

Le vélo est toujours en réparation, et j'essaye de compenser le volume sur Home Trainer. J'en profite, pour inclure une montée du col de Peyresourde sur Home Trainer, chaque semaine, et en travaillant à différentes allures.

je récupère finalement mon vélo mi mai, un mois après sa casse. Heureusement, le cadre étant encore sous garantie, je m'en tire sans frais.

Le week-end qui suit a lieu une randonnée organisée par le conseil général d'Eure & Loir, et qui permet d'effectuer le parcours du contre la montre qui aura lieu la veille de l'arrivée du Tour: Bonneval - Chartres. J'y participe, et lorsque chacun accélère et les groupes se forment, je me retrouve finalement esseulé entre 2 groupes. Après avoir résisté 15 kms, vent de face, je me fait reprendre, et je dois me contenter de suivre l'allure du peloton ensuite.

Je dispose de peu de sorties avant de partir dans les Alpes, alors pour les sorties suivantes, j'attaque directement par des sorties de 150 à 170 bornes avec beaucoup de dénivellé, et peu importe s'il pleut. Heureusement, la forme est encore là.

Juin

2eme semaine de juin, me voila arrivé sur mon camp de base, à Briançon. Beaucoup de grosses sorties de prévues, le but de la préparation étant d'enchainer plusieurs cols à chaque fois, de façon à valider mon allure, mon alimentation, et bien d'autres paramètres. J'enregistrerais les détails du parcours sur mon compteur de toute façon, pour les analyser ensuite.

Pour ma 1ere sortie, j'ai prévu d'enchainer 2 hors catégories: le col d'Izoard et le col d'Agnel. La voiture est stationnée au pied des 2 cols, de façon à assurer le ravitaillement après la première montée. La montée du col d'Izoard se passera bien , sous un soleil radieux. J'attaque ensuite le col d'Agnel, je monte régulièrement et arrive à 6 kms de la fin du col, la partie la plus dure. C'est là qu'apparaissent les premières crampes, je fais tous mes efforts pour continuer à m'alimenter et à boire, mais c'est trop tard, les crampes ne me lacheront plus jusqu'au sommet, et je lutterais au mental, en gémissant à chaque crampe, mais je tiendrais malgré tout jusqu'au bout s'en mettre pied a terre.
L'analyse de mon compteur me fera comprendre par la suite, que j'ai mal géré la montée de l'Izoard, probablement trop euphorique, et j'aurais dû me contenter de monter plus modestement. Ce type d'erreur m'aurait probablement coûter un abandon sur l'Etape du Tour, puisqu'il m'aurait été impossible d'enchainer d'autres cols derrière. L'enseignement de cette sortie aura donc été très important. La descente de l'Agnel a été ensuite tout aussi difficile, puisque la pluie et le vent se sont invités, et j'ai dû descendre à petite vitesse, complétement frigorifié.

Une des autres sorties que j'avais prévu durant cette semaine, était l'enchainement du col de la Madeleine et du col du Glandon, à la différence près que je devais monter la Madeleine par l'autre versant que celui que j'aurais à monter le jour de l'Etape du Tour. Je l'avais callé après ma journée de repos de façon à être opérationel. Là, je me suis efforcé de maintenir mes pulsations cardiaques au bon seuil, et à boire très régulièrement, sans jamais chercher à accélérer. J'attaque ensuite le Glandon, là aussi, je dois éviter de me mettre dans le rouge dans le début, les forts pourcentages se trouvant dans la seconde partie du col. La fin du col est effectivement très raide et semble interminable, mais j'atteinds le col, en bon état, et avec encore ce qu'il faut dans les jambes pour pouvoir continuer. J'en resterais la tout de même pour cette fois, même s'il faudra compter avec 2000m de dénivellé supplémentaire le jour J. Les dosages entre les différents paramètres, me semblent les bons, et je m'efforcerais de les appliquer. Du coup, ma cote de confiance remonte.

Les montées suivantes du Galibier, une fois par le Lautaret, et le lendemain par le Télégraphe, me permettront de faire de nouvelles répétitions et de m'assurer que je serais au point.

Durant cette semaine, j'aurais monté 10 cols pour un total de 11600 m de dénivellé, soit un peu plus du double de ce que j'aurais à faire en un jour.

Mes cales de chaussures seront mortes à l'issue de cette semaine et je devrais les changer dans l'urgence.

Afin de récupérer, la semaine suivante a été plus light, et j'ai repris des sorties de col sur Home Trainer et des sorties de 150 kms le week-end, ensuite.

Ca va en surprendre plus d'un, mais bien que je suis décidé depuis un an, c'est à seulement 15 jours de l'Etape, que je me décide à en parler autour de moi, rares étant ceux qui étaient au courant jusque là. Je voulais vraiment éviter une pression supplémentaire, et à vrai dire, certains commentaires (même s'ils partaient d'un bon sentiment) pendant ces 15 derniers jours (voire après l'Etape), m'ont confirmé que c'était la meilleure chose à faire. Si dans mon entourrage, quelqu'un avait déjà effectué ce type d'épreuve, je l'aurais écouté bien volontier, mais je préferrais m'en remettre à mon expérience personnelle et aux nombreuses informations que j'ai étudiées au cours de mes lectures, et testées depuis plusieurs mois. Enfin voilà, c'est dans ma nature, et si j'avais échoué, au moins je n'aurais eu à m'en prendre qu'à moi-même.

Juillet

Nous voila à une semaine, de l'événement. Il s'agit alors de se reposer, de boire et s'alimenter pour faire ses réserves avant la course.

  • Les derniers jours précédents la course
J'avais dès mon inscription en novembre, réservé au camping municipal d'Albertville (les hotels ayant déjà été pris d'assaut dès l'annonce des étapes du tour un mois auparavant). Je prends donc la route dès le vendredi pour me rendre à Albertville, et je m'installe au camping et y monte ma tente. Heureusement que j'avais réservé, certains tentaient encore leur chance le jour même, mais ils étaient refusés.

C'est le début d'après-midi, j'ai encore le temps de me rendre au village du tour afin de repérer les lieux et de retirer mon dossard et les divers cadeaux qui sont offerts aux participants (sac à dos, T Shirt et bandana estampillés de l'étape du tour, et autres babioles). Il y a déja beaucoup de monde, et le retrait du dossard n'est qu'une pure formalité à partir du moment où on a pas oublié d'imprimer la confirmation d'inscription, ainsi que le certificat médical.



J'en profite pour faire le tour des exposants et regarder la fin de l'étape qui est diffusée sur l'écran géant.


Samedi, il me faut emmener ma voiture à La Toussuire. Contrairement aux autres cyclos qui font une boucle, là il me faudra un moyen de transport pour rentrer à Albertville une fois la course terminée. Je n'oublie d'ailleurs pas de laisser des affaires de rechange ainsi qu'une paire de chaussures dans mon coffre, afin de pouvoir conduire plus aisément au retour. Avant de partir à La Toussuire, je me rends au village en vélo, et le dépose sur le parc gratuit qui a été prévu et qui est surveillé, et je rentre au camping, à pied. Inutile de prendre le risque de me faire voler mon vélo en le laissant au camping en mon absence.

Je prends donc la route pour La Toussuire, et j'en profite pour analyser cette montée, que j'avais faite en voiture 3 ans auparavant mais dont j'avais un peu oublié la longueur et certains passages. Je trouve un endroit tout prêt de la ligne d'arrivée ou je dépose ma voiture, même si je dois ramper une fois la course terminée, au moins il n'y aura pas loin. J'en profite pour manger un morceau, et je me rends sur le lieu où ont été affraités des cars par ASO, et qui nous reconduiront à Albertville. Nous voila donc reparti dans l'autre sens, et après près d'une heure et demi de route, nous voila de retour sur le village de l'étape à Albertville.

J'assiste au tirage de la tombola, c'est très long, comme beaucoup de concurrents ne sont pas présents, les tirages s'enchainnent plusieurs fois avant que le lot soit gagné.
Il fait très chaud, je fais un saut au stand de Skoda qui distribue des bobs, j'ai l'air un peu ridicule avec ça sur la tête, mais s'il peut m'éviter l'insolation et d'être mal le lendemain, alors tant pis pour mon look.
Je regarde ensuite l'arrivée de l'etape du jour sur l'écran géant et me rends ensuite à la pasta partie qui se déroule à coté dans le gymnase. Le menu est assez sommaire: un plat de pâtes (bolognaise ou carbonara), une bouteille d'eau et une pomme. Qu'importe, le menu aurait probablement été le même si j'avais mangé au camping.

Après le repas, je récupère mon vélo déposé le matin au parc à vélo, et retourne au camping.
Je profite des dernières heures pour monter ma plaque sur le vélo, effectuer quelques réglages, et préparer ma tenue. Il s'agit de bien s'assurer que tout ce que j'ai besoin d'emmener rentrera dans mes poches. Il faut que j'emmene des petits sachets de poudre isotonique que j'avais préparé au préalable, afin de les mélanger à de l'eau lorsque je referais le plein de mes bidons. Il me faut aussi des gels et des barres énergétiques, ainsi qu'un peu de place pour le coupe vent que j'aurais besoin d'enfiler dans les descentes.
Je me couche assez tôt, le lendemain il faudra que je sois debout un peu avant 5h00.

Le réveil sonne, je me lève avec l'impression d'avoir bien dormi et d'être bien révéillé. J'avais réussi à m'endormir sans être stressé, c'est déjà ça. J'écoute au dehors, aïe, il pleut... Un exposant m'avait confié la veille qu'il fallait s'attendre à de la pluie dans la montée de la Madeleine, il a l'air d'avoir raison. Tant pis, je ne vais pas flancher maintenant. Malgré la pluie, il ne semble pas faire trop froid, aussi je ne change rien à ma tenu, je resterais en court, et mettrais le coupe vent au départ. Par contre, je décide d'ajouter les sur-chaussures, si jamais il devait pleuvoir toute la journée, il vaut mieux garder les pieds au sec. Je rajoute aussi une paire de sous gants dans une de mes poches au cas où.

Une rapide toilette, et je prends le temps de prendre mon petit déjeuner, sans que ce soit trop copieux, mais avec ce qu'il faut pour démarrer.
Je pars du camping et prends la direction du départ. Je dépose mon sac avec mon N° au camion prévu à cet effet, je pourrais ainsi le récupérer à l'arrivée.

Il continue à pleuvoir. A coté, j'entends un type râler, il avait apparamment fait l'étape de St Flour l'année précédente, où il avait déjà plu abondemment, et il ne pensait pas possible que le sort puisse s'acharner 2 fois de suite. Moi j'attends ce jour depuis un an, je partirais coùte que coùte, après on verra.
Par rapport au nombre d'inscriptions initiales, la pluie aurait finalement découragé 2 à 3000 coureurs.

J'arrive au SAS N°7, dans ce SAS, il n'y a en principe que des gens comme moi qui font l'étape pour la première fois, ou alors d'autres qui je suppose, n'ont pas réussi à aller au bout lors des précédentes éditions et qui retentent leur chance.

L'Etape du tour 2012 Acte 1 - Partie 2

    L'Etape du tour 2012 Acte 1 : Albertville - La Toussuire (Partie 2)
  •  La course
7:00 - Le départ est donné pour le 1er SAS.
Alors que nous sommes toujours en train d'attendre, un bruit, comme un bouchon de champagne, interrompt tout le monde dans ses discussions. Un gars devant vient de crever, il n'a pourtant rien fait de spécial, mais ce n'était certes pas le meilleur moment pour que ça lui arrive. Il tente de regonfler avec sa bombe anti-crevaison, mais rien n'y fait. Il finira par sortir du SAS, et je ne sais pas s'il aura finalement pu réparer et prendre le départ à temps.

7:40 - Le départ de notre SAS est donné, il était temps, avec la pluie et en restant immobile depuis trop longtemps, je commençais à grelotter. Les barrières sont retirées et nous sommes escortés jusqu'à la ligne de départ. Nous arrivons à coté de la flamme olympique qui a été rallumée pour l'occasion. De là, la course peut vraiment commencer. Peu importe si on franchit la ligne de départ 40 mn après les premiers, la puce de notre plaque sera détectée au passage de la ligne et le temps total en tiendra compte.
Dans les rues d'Albertville, ça part assez prudemment, tout le monde sait que l'étape sera longue. Il faut faire attention cependant, il y a de nombreux dos d'âne jusqu'à la sortie de la ville.

Peu avant d'arriver à un passage à niveau, j'entends le sifflet d'un gendarme prévenant d'un danger, et au moment ou nous franchissons le passage à niveau, 2 gars devant moi perdent leurs bidons et je les évite. En regardant sur le coté, il y a en fait des dizaines de bidons qui ont été perdus, ce passage a fait une véritable hécatombe, et je pense à ceux qui n'ont pas daigné s'arrêter pour reprendre leurs bidons (ou peut-être qu'ils ne s'en sont pas rendus compte?) et qui vont devoir à présent, gérer leur alimentation avec prudence.

Les 17 premiers Kms sont assez plats et nous permettent de nous échauffer. Nous arrivons alors au pied de la Madeleine, et dès les premiers metres de la montée, un gars devant moi n'a pas changé de braquet, il force comme un malade et commence à faire des zigzags sur la route. Je le double prudemment et soudain je sens un coup dans ma roue arrière. Au cours de ses zigzags, le gars avait fini par revenir sur moi, m'avait percuté et était finalement tombé. Tout en continuant à monter, je me retournes et vois que le gars remonte sur son vélo. Plus de peur que de mal, mais à mon avis, celui-là n'aura pas été au bout.

J'essaye de m'efforcer de monter la Madeleine à l'allure où je l'avais monté quelques semaines auparavant, mais par moment, les pulsations me semblent un peu trop élevées. Je réduis l'allure lorsque c'est nécessaire et j'arrive globalement à maintenir un rythme correct sans me mettre dans le rouge.
Sur mon vélo, j'ai ajouté une montre, et je m'efforce de boire régulièrement toutes les 5 mn.
Au fur et à mesure de la montée, la pluie s'arrête, et rapidement, le temps change du tout au tout. Il se met à faire très beau, et je dois m'arrêter pour enlever mon coupe vent.

Les derniers lacets de la Madeleine sont impressionnnants, on voit au dessus, tout comme au dessous, une longue procession de coureurs sur plusieurs kms.

En haut de la Madeleine, un premier ravitaillement liquide est prévu. Comme il n'y a pas trop de monde j'en profite pour faire le plein. Une tonne à eau accrochée à un tracteur, était stationnée et un gars y remplissait des pichets et faisait ensuite la distribution aux bidons qu'on lui tendait. Sitôt les bidons remplis, je ne m'attarde pas et reparts.



La descente est très roulante, je l'avais faite déjà il y a quelques semaines et je l'avais déjà bien appréciée. Je ne suis d'habitude pas un grand descendeur, mais le fait d'avoir d'autres coureurs devant soi et de jauger leurs trajectoires aide vraiment. C'est une des rares courses où la circulation est interdite, on peut donc aussi se permettre de prendre des trajectoires qu'on ne prends pas habituellement. Tout se passe bien et les coureurs sont assez espacés pendant la descente.

Arrivé en bas de la Madeleine, je m'arrête pour enlever mon coupe vent et m'étirer un peu. Je discute avec 2 autres coureurs, et l'un d'eux me fait: "Ca y est on en a la moitié de fait". Par rapport au kilométrage, et en arrondissant grossièrement, il a un peu raison, mais je me devais de lui rappeler qu'il restait encore 3 cols à monter et que le prochain n'était pas des moindres, pour l'avoir déjà monté récemment. J'espère ne pas l'avoir démoralisé.

Nous sommes à La Chambre, il y a un ravitaillement, mais je ne m'y arrête pas, je prends juste quelques barres énergétiques qu'on me tend au passage.

Le début du col du Glandon n'est pas loin, mais nous devrons tout de même faire une boucle supplémentaire de 10 kms relativement plats et qui n'étaient pas prévus lors de l'inscription en novembre. Cette portion a été ajoutée plus tard, suite à des travaux empêchant les coureurs d'emprunter la route habituelle.

L'ascension du Glandon démarre, et à la sortie du premier village, je double un type à l'allure étrange. En y regardant de plus près, je me rends compte qu'il est unijambiste et ne s'aide même pas d'une prothèse sur l'autre jambe. Tout les gars qui le doublaient affichaient un profond respect pour lui. J'apprendrais à l'arivée, qu'il court en paralympique et il ne mettra finalement que 2h de plus que moi.
La première partie du Glandon n'est pas la plus difficile, mais je me fais doubler par un type qui souffle comme un pompier. J'imagines très bien les problèmes qu'il va rencontrer lorsque la pente va se durcir.

Nous passons le petit village de St Colomban, où la pente se calme sur 1 km. Après, on attaque le gros de la montée avec des premiers kms à 8 / 9 % qui font déjà mals, et la fin, 2.5 kms, à 10 / 11 % de moyenne. Pendant cette montée, ça devient du délire, je vois des coureurs allongés sur les bernes essayant de recupérer, d'autres profitant d'une petite cascade naturelle pour se raffraichir et remplir leur bidon, et enfin des tas de cyclistes qui marchent à coté de leur vélo. Dans les derniers kms il y a énormément de "marcheurs", mais je ne serais pas gêné et je pourrais aller jusqu'au bout, tout en surveillant le cardio et en m'alimentant régulièrement. Dans les derniers lacets du Glandon, les premiers campingcars des supporters venus encourrager les coureurs (les vrais) quelques jours plus tard, sont déjà en place, et tout le monde nous encourage de bon coeur.

J'arrive en haut, un type est allongé sur le bord de la route, les pompiers essayant de lui faire passer ses crampes.
Un gars s'arrête à ma hauteur surpris de ne pas voir de ravitaillement, et je lui explique qu'il faut encore atteindre la Croix de Fer à 2.5 kms et où se trouve le prochain ravitaillement. Je le dépanne d'un peu d'eau comme il m'en reste suffisamment.



La jonction jusqu'à la Croix de Fer est moins dure que la partie finale du Glandon. Je double pas mal de coureurs, et on voit que tout le monde a été bien calmé par ces derniers kms.

En haut du col, je refais le plein de mes bidons, mange une demi banane et voit arriver la voiture chrono de fin de course. Je ne m'attarde pas et repars devant elle dans la descente. Celle-ci est plus longue que ce que j'imaginais, et je pensais qu'on arriverait plus rapidement au pied du col du Mollard.



L'ascension démarre, il y a déjà beaucoup moins de monde que dans les cols précédents. Je pense qu'il y a dû y avoir pas mal d'abandon ou élimination dans le Glandon. Le col du Mollard n'est pas très long, mais la pente n'est pas négligeable et est très régulière. Il n'y a quasiment pas d'ombre, et il fait toujours aussi chaud. Mon compteur indiquera jusqu'à 37°C. La voiture chrono me double pendant la montée, je la retrouve stationnée en haut et repartirais une nouvelle fois devant elle pour faire la descente.



Je croise peu de monde dans la descente. Il faut être prudent, de ce coté quelques virages assez serrés, ainsi que pas mal d'alternance de zones d'ombre et de soleil.
Arrivé en bas, un ravitaillement. J'hésite à m'arrêter, en principe j'ai assez pour aller jusqu'à La Toussuire, mais il faut que je prévois que ce sera peut-être plus long que prévu.
Je repars, il reste quelques kms pour atteindre St Jean de Maurienne, au pied de La Toussuire.

Nous attaquons la montée de La Toussuire, j'arrive à tenir les premiers kms, mais la fatigue commence à se faire sentir et l'allure à être plus faible.



Même si les pourcentages ne sont plus ceux du Glandon, j'utilise à présent mon plus petit braquet, et une ou deux dents de plus à l'arrière me serait à ce moment-là d'une grande aide. Je m'arrête finalement, 1 à 2 mn, pas plus, et je repars. Finalement, ça me redonne un peu de tonus et je me rends compte en retrouvant les coureurs avec qui j'étais quelques instants avant, et qui ne se sont pas arrêtés, que je garde finalement la même allure qu'eux. Je devrais rééditer 5 à 6 petites pauses durant la montée, à chaque fois que le pente s'élève un peu.
A présent, il n'y a plus vraiment de course, chacun utilise son plus petit développement, espérant simplement aller au bout et en finir avec cette satanée montée. Et dire que ma stratégie était d'assurer les premiers cols et de tout lacher dans la montée de La Toussuire, je n'aurais finalement pas d'énergie en rab pour cela, au contraire. Je pense que beaucoup avait envisagé la même stratégie également.

Pendant la montée, je croise 2 pompiers en train de soutenir un gars, arrivant à peine à marcher. Il avait visiblement été au-delà de ses limites.
Le même phénomène se produira plus loin dans la montée (domage pour le gars qui n'était plus qu' à 4 ou 5 kms de l'arrivée), et je préfère m'arrêter pour permettre aux pompiers de traverser la route. Après avoir déposé le gars dans le camion, un des pompiers me poussera ensuite pour repartir.

La fin de la montée est un peu moins dure, et je me sens repousser des ailes. Comme les pros, nous passons sous l'arche symbolisant la flamme rouge, avec l'ultime km à parcourir.

Nous arrivons dans la dernière ligne droite, moment d'intense émotion pour moi, car je repense à tout ce qui s'est passé depuis un an, les moments de doute avec le vélo cassé, les craintes de ne pas arriver à aller au bout. Il y a un speaker qui commente nos arrivées, beaucoup de monde est là pour nous applaudir, que c'est bon!



Sitôt passé la ligne d'arrivée, le bip de détection de la plaque se fait entendre, mettant fin au chrono. Quelques mètres plus loin, on nous remets notre médaille.


Je me rends au camion situé non loin de la ligne d'arrivée et y récupère mon sac, que j'avais déposé le matin avant le départ. Je discute avec un gars qui vient d'arriver lui aussi, il me confie avoir fait l'étape Modane - L'Alpe d'Huez l'année précédente, et qu'il a plus souffert sur l'étape d'aujourd'hui.

Voila, cette journée restera un excellent souvenir, comme un truc que je me devais de faire au moins une fois dans ma vie. Maintenant, il y a fort à parier que je retenterais l'aventure un jour ou l'autre.

Je tire mon chapeau à ces centaines de bénévoles sur le bord des routes et aux ravitaillements, et tous ceux mobilisés pour assurer la sécurité des lieux: gendarmes, pompiers, samu. L'Etape du Tour, c'est une organisation bien rodée, et je la conseillerais à tous les amoureux du vélo (avec un minimum d'entrainement ça va de soi).

Mon seul regret, ce sont sont tous ces déchets laissés à même la route, par les coureurs et qu'il est pourtant simple de remettre dans ses poches. Malgré les quelques efforts qui ont été fait par l'organisation (sac poubelles aux ravitaillements, grands filets de collecte un peu plus loin), il faudrait pouvoir arriver à responsabiliser chaque coureur. Ce sont des sites d'exception qu'il faut impérativement préserver.
  • Quelques chiffres
9000: Le nombre d'inscrits (dont 46% d'étrangers)
5688: Le nombre de coureurs au départ
4422: Le nombre de coureurs à l'arrivée
3533: Ma position à l'arrivée
10h 38: Le temps total que j'ai passé sur le vélo
7h 26: Le temps total que j'ai passé dans les montées

Le Col de la Madeleine - classé Hors Catégorie:
- 25,3 km de montée à 6,2%

Le Col de la Croix de Fer (via le col du Glandon) - classé Hors Catégorie:
- 22,4 km de montée à 6,9%

Le Col du Mollard - classé 2ème Catégorie:
- 5,7km de montée à 6,8%

La Toussuire - classé 1ère Catégorie:
- 18km de montée à 6,1%
  • Liens
Le lien officiel, avec toutes les informations sur la course:
http://www.letapedutour.com/ET1/fr/homepage.html

Le reportage de la course, fait par Velovelo, avec de nombreuses photos:
http://www.velovelo.com/article.php3?id_article=8812

  • Ce que j'en ai retenu
Ma vision est surtout celle d'un amateur, alors il est fort possible qu'un compétiteur y trouve à redire. Cela dit, voici les quelques conseils que je pourrais donner à quelqu'un qui voudrait se lancer dans l'aventure:

- Avant toute chose prendre du plaisir lors de ses sorties d'entrainement.

- Planifier ses objectifs pour l'année à venir. C'est à mon sens, le meilleur moyen de se fixer des objectifs inermédiaires, et de ce fait pas trop lointains. Ce sont eux qui maintiendront votre motivation.

- Commencer à s'organiser dès les étapes connues au mois d'octobre. Le lieu du séjour doit être choisi judicieusement, et les réservations devront être passées rapidement. Ne pas oublier de penser à tout ses déplacements une fois la-bas, le jour J, à 7:00 vous devrez être sur le lieu de départ !

- Coté entrainement, y aller progressivement sans chercher à trop en faire au début, mais en augmentant peu à peu la distance et les difficultés à chaque fois. Ne pas hésiter à alterner avec des périodes de récupération, c'est pendant ces périodes que votre corps assimilera le travail effectué précédemment.

- Coté alimentation, s'habituer à boire régulièrement (et pas seulement quand on en a envie) et en quantité suffisante. En cas de déficit hydrique c'est la crampe assurée. Les boissons isotoniques du commerce sont en principe très bien adaptées. Bien tester les boissons et alimentation solide que vous choisirez, et pas à la dernière minute.

- Rouler en mettant beaucoup de variété: dans ses sorties, mais aussi dans l'allure, la cadence, la force, le volume des sorties, la fréquence cardiaque... Ce sont toutes ces composantes qu'il vous faudra travailler, mais je vous laisse vous rendre sur les sites spécialisés qui vous donneront de nombreux conseils pour cela.

- Les compteurs cardio sont un excellent moyen de contrôler ses efforts, mais il faudra au préalable bien connaitre ses seuils de fréquence cardiaque. Le seuil anaérobie (pour simplifier, votre fréquence, lorsque vous serez trop essouflé) est celui qu'il faudra chercher à ne pas dépasser, si vous voulez tenir longtemps.

- Monter un col, ca ne s'improvise pas, et il est préférable de s'y tester au préalable, tout en restant à l'écoute de ses sensations. Je dirais même que enchainer 2 cols c'est mieux, on ne verra pas forcément les effets d'une montée faite trop à bloc sinon, et on pourra être ammené à le payer dans la seconde ascension.

- Maintenir un carnet d'entrainement des différentes sorties. Il permettra de garder une trace de vos nombreuses sorties (les bonnes, mais aussi les moins bonnes qui donnent de nombreux enseignements) et de suivre votre évolution.