lundi 1 juin 2015

BRM 400 Km - Longjumeau 2015

A l'occasion de Paris-Brest-Paris qui est organisé cette année, comme tous les 4 ans, de nombreux BRM (Brevet de Randonneurs Mondiaux) sont organisés tout au long de l'année à travers la France. Quiconque veux prétendre à se lancer dans l'aventure d'un Paris-Brest-Paris doit tout d'abord valider plusieurs brevets qualificatifs de 200, 300, 400 et 600 kms.
 
En ce qui me concerne, cet immense défi n'est pas encore prévu cette année, mais j'ai souhaité profiter de cette opportunité, pour m'essayer à de la longue distance. J'avais déjà franchi la barre des 300 kms, c'est donc en toute logique que je me suis orienté vers ce brevet de 400 kms.
 
 
 
Il ne s'agit pas d'une course, et chacun est libre de rouler à son allure, à partir du moment où il a effectué la totalité du parcours, et qu'il a pointé les différents contrôles répartis sur le parcours.
Pour moi, ce sera un test intéressant, me permettant d'effectuer pas mal de bornes, en grande partie de nuit, et me permettant de vérifier ma condition physique face à la fatigue et à la durée passée sur le vélo. Le parcours ne comporte pas spécialement de difficulté, en dehors de sa longueur.
 
J'ai dû pour l'occasion acheter un peu d'équipement: un compteur GPS, un gilet réfléchissant, de bonnes lampes avant et arrières, des jambières...
 
Le départ a lieu à Longjumeau à 16h, et je me rends une heure plus tôt afin de m'inscrire et de préparer mon vélo. On nous fourni le road-book, notre carte de route, et on nous indique pour les différents points de contrôles, comment valider le passage en ces lieux.
 
Les vélos sont contrôlés et nous voilà ensuite lâchés dans la nature. Il y a des vélos de toutes sortes, chacun ayant ses combines pour y loger tout se dont il a besoin.
 
Nous voila donc partis pour ce long périple, l'allure n'est pas excessive et me convient bien. Nous formons rapidement un petit groupe d'une vingtaine de coureurs.
Il fait beau, mais nous roulons contre le vent. Quelques côtes pour sortir de l'Essonne, mais rien de très pentu.
 
Nous avançons à travers la Beauce, et arrivons au premier point de contrôle, après 110 km de route. Nous tamponnons nos cartes à l'auberge, et refaisons le plein de nos bidons. Il est proche de 20h, et une partie du groupe, fait une halte pour manger.
 
Je repars avec le reste du groupe, nous ne sommes plus que 10. A l'avant du groupe certains assurent un tempo idéal, ni trop, ni pas assez rapide, et nous progresserons efficacement.
A 22h, nous ne sommes plus très loin de Blois, mais il nous faut déjà allumer les lampes sur le vélo. Arrivé à Blois, nous arrêtons au Mc Do. Il ne s'agit aucunement de se gaver d'un double cheese burger, mais de faire tamponner nos cartes de route. Nous en profitons aussi pour enfiler quelques affaires pour la nuit. Il ne fait pas encore très froid, mais l'un des membres du groupe, qui a déjà 4 Paris-Brest-Paris à son actif, nous conseille vivement de nous habiller chaudement, car la nuit sera fraiche, ce que tout le monde fera sans broncher.
 
Nous repartons, la traversée de Blois, nous procure quelques hésitations, mais les GPS nous sont d'une grande utilité. J'en profite pour allumer le mien, la batterie devant à présent être suffisante jusqu'à la fin, malheureusement l'ayant acheté une semaine auparavant, je ne l'ai pas encore bien en main, celui-ci s'éteignant automatiquement après quelques secondes. Bon, il faudra que je fasse plus attention la prochaine fois, en attendant, il vaut mieux que je sois capable de suivre le groupe, sinon il me restera le road book au cas où je me retrouverais tout seul.
 
Il fait à présent bien nuit, la lune nous éclairant quelque peu. Nous traversons la Sologne, de longues lignes droites et plates à n'en plus finir. Lors de traversée de village, je profite de l'éclairage urbain pour lire mon compteur ou regarder l'heure. C'est dingue comme le temps passe moins vite la nuit!
Cela dit, nous maintenons notre allure, chacun restant bien concentré sur celui qui le précède.
 
Nous arrivons à Vannes Sur Crosson pour le 3e contrôle. A cette heure de la nuit, personne pour pouvoir valider notre passage, aussi la photo de la pancarte de l'entrée du village fera office de "preuve" à notre retour. Dans le village, une fontaine, nous permettra de remplir les bidons.
 
Nous repartons, 260 km dans les jambes, mais jusque là les organismes tiennent le coup, et tout le monde est encore éveillé et attentif.
 
Nous arrivons au point de contrôle suivant, la boulangerie de Bazoches Les Gallerandes. Le boulanger est prévenu de notre arrivée, il ouvre normalement à 5h, mais il est 4h40. Ce dernier nous entends depuis son fournil et il vient nous ouvrir. Il remplit nos cartes, et nous lui achetons des pains au chocolat tout chaud. Voilà un délice qui se mérite! Nous ressortons de la boulangerie, et devons faire face à la réalité de nouveau: il fait un froid de canard dehors à cette heure!
 
Quelques kilomètres de route, et nous voilà un peu plus réchauffés. D'ailleurs le jour ne tarde plus à se lever, et c'est déjà un premier sentiment de victoire que d'avoir pu braver la nuit.
 
Le 5e et dernier point de contrôle se situe à Authon La Plaine, après 350 km de route. On doit faire pointer nos cartes dans le bar restaurant, mais là encore, nous sommes en avance sur l'horaire et celui-ci n'est pas encore ouvert. Même si nous passons à côté de l'occasion de prendre un bon café, une photo de l'établissement nous permettra de valider notre passage.
 
Les 50 derniers kilomètres se feront toujours à bonne allure, et nous retrouverons quelques bosses sur la fin que l'on arrivera à passer grouper. Il est 8h, et nous sommes le premier groupe à arriver à Longjumeau, mais encore une fois, ce qui prime avant tout c'est la satisfaction d'avoir réaliser un beau et long périple tous ensemble. J'en profite d'ailleurs pour remercier tous ceux avec qui j'ai rouler, et qui m'ont permis de prendre autant de plaisir sur mon premier BRM.
 
J'ai un peu mal partout, mais je me sens plutôt bien. J'ai tiré de nombreux enseignements, et je note déjà de nombreux points d'améliorations si je devais participer de nouveau à un tel événement.
 
Maintenant, dans les années à venir; il y a fort à parier que je monterais la barre un peu plus haut, en me lançant d'autres défis, et qui sait, peut-être que dans 4 ans, je serais au départ de mon premier Paris-Brest-Paris, affaire à suivre...
 
 
 
 

lundi 27 avril 2015

Liège - Bastogne - Liège Challenge 2015

Après m'être essayé aux pavés de Paris Roubaix, l'année dernière, j'ai choisi de mettre une autre classique à mon programme, il y a déjà plusieurs mois, une excellente occasion pour moi de découvrir la Wallonie et ses Ardennes belges.
 
On la surnomme la "Doyenne" parce que c'est la course cycliste la plus ancienne, et sa renommée n'est plus à faire tant les coureurs pro rêvent d'ajouter cette grande classique à leur palmarès. Le parcours y est long, ponctué de nombreuses bosses aux pourcentages sévères.
 
La formule qui est proposée aux amateurs comporte plusieurs parcours: celui de 273 km reprenant l' intégralité du parcours de la course, ainsi que 2 autres parcours de 156 km et 75 km. Même si le parcours de 273 km me fait rêver, j'ai choisi celui de 156 km. Mieux vaut être raisonnable comme c'est ma première participation, et se faire déjà une bonne idée des difficultés. Les parcours ne sont pas chronométrés et ne donnent pas lieu à un classement, en revanche on pourra connaître son temps et son classement sur 4 des principales côtes.
 
J'arrive à Liège en milieu d'après-midi et me rend directement à la Halle pour y retirer mon dossard. Mon hôtel est situé de l'autre côté de Liège, à  6 km, et lorsque je m'y rends, je suis surpris de voir que la ville elle-même comporte beaucoup de montées. Ce qui signifie pour moi, qu'il me faudra garder encore un peu de force pour pouvoir regagner mon hôtel après la course.
 
Contrairement à mes craintes, il n'a pas fait trop mauvais ce vendredi finalement, mais la météo annonce beaucoup de pluie pour ce samedi. Je me lève de bonne heure, et effectivement lorsque je met le nez dehors, la route est déjà bien détrempée et il pleut. Il ne semble pas faire particulièrement froid, mais je ne prends pas de risque, ce sera cuissard et veste longs. Je quitte mon hôtel pour me rendre au départ, et je n'ai pour cela qu'à suivre le flêchage, puisque c'est la route empruntée par la fin du parcours.
 
L'horaire de départ est libre et déterminé en fonction de la longueur du parcours, j'arrive un peu après 7h et je me joins au premier groupe de coureur qui s'élance sur le parcours. Les premiers kilomètres se font en ville, avec de nombreux signaleurs aux carrefours. Nous nous retrouvons assez nombreux, et sitôt sorti de la zone urbaine de premières côtes permettent déjà d'étaler les coureurs. Celles ci ne sont pas encore répertoriées comme principales difficultés, mais elles contribueront à fatiguer les organismes.
 
Je suis dans un groupe assez conséquent, et nous arrivons à la bifurcation entre les parcours de 156 et de 273 km. La quasi totalité du groupe prends la direction du 273 km, me laissant presque seul sur le 156 km. Malgré la pluie, ceux qui se sont inscrits sur le grand parcours semblent assumer leur choix, et ne pas renoncer.
 
Encore quelques côtes, puis nous arrivons dans la première à être répertoriée, même si celle-ci ne fait pas partie du parcours officiel: la côte de l'ancienne barrière. Celle-ci est plus longue que pentue.
 
L'arrêt au ravitaillement suivant sera bref, avec cette pluie, je suis à présent bien trempé, et il faut surtout éviter de se refroidir. Nous traversons une ville où les rues sont entièrement pavées, et nous devons nous arrêter à un stop, alors que c'est le début de la côte de la Haute Levée, de l'autre côté de la route, avec ses premiers pourcentages au delà de 10%. La montée dure plusieurs km, mais heureusement la pente s'adoucit ensuite.
 
Un peu plus loin, nous attaquons le col du Rosier, assez long mais aux pourcentages réguliers. Cette montée est chronométrée, alors j'essaye de garder un bon rythme pour la monter.
 
S'en suit quelques kilomètres en vallée, où je roulerais par moment seul, ou avec quelques coureurs.
 
Nous traversons un village, et là, ce que je redoutais (sans mauvais jeux de mots) le plus, se présente à moi: la côte de la Redoute. On est tout de suite dans le vif du sujet, et la pente ne tarde pas à dépasser les 10%. J'arrive à maintenir un coup de pédale correct et à effectuer quelques dépassements, malgré une route pas très large. Vers le milieu de la côte, les pourcentages dépasseront les 20%, mais je continue en force. Je vois le sommet de la côte, content d'en arriver au bout.
 
Le ravitaillement suivant sera lui aussi assez bref, car au moment où je m'arrête la pluie se met à redoubler. Je dois ensuite traverser la ville, où il est aussi difficile pour les cyclistes que pour les automobilistes de se dépasser.
 
Nous attaquons ensuite la côte de la Roche aux Faucons, là aussi les pourcentages y sont en grande partie au delà des 10%, je ne fais pas une grande montée, mais j'arrive à gérer mon effort.
 
Nous sommes à présent proche de Liège, et la dernière difficulté se présente: la côte de Saint Nicolas.
Même si celle-ci est globalement moins raide que les 2 précédentes, elle comporte tout de même de belles portions bien pentues. Dès le début de la côte, de nombreux coureurs me dépassent à bonne allure, je prends un coup au moral et je me rends compte que je ne suis plus aussi frais. Je ne lâche pas pour autant, et arrive en haut, même si c'est de façon moins fluide que je ne l'aurais souhaité.
 
Il reste encore quelques kilomètres en zone urbaine, la dernière montée à Liège où est jugée l'arrivée des pros, et nous rejoignons la Halle qui boucle le parcours.
 
Les principales côte du parcours, avec mes temps et classements:
 
La côte de l'Ancienne Barrière     - 4.8 km à 4.7% (Max 6%)
La côte de la Haute Levée            - 3.5 km à 5.6% (Max 12%)
Le col du Rosier                           - 4.5 km à 5.7% (Max 12%)   - 17 mn 22 - 1505 / 2977
La côte de la Redoute                   - 1.7 km à 9.7% (Max 20%)   -   8 mn 53 - 1451 / 3279
La côte de la Roche aux Faucons - 1.5 km à 9.9% (Max 16%)   -   9 mn 15 - 1964 / 3300
La côte de St Nicolas                    - 1.4 km à 7.6% (Max 13%)   -   7 mn 12 - 2195 / 3306
 
Dommage que le week-end aie été perturbé par la pluie, mais cette première expérience a été très enrichissante, et j'aurais grand plaisir à revenir, qui sait, peut-être pour effectuer le grand parcours la prochaine fois.

La vidéo:
 

lundi 20 avril 2015

La Blé d'Or 2015

Pour la 4ème année consécutive, je retrouve cette cyclo qui prends son départ à 20 mn de chez moi.
 
Alors que j'avais effectué le grand parcours sous la pluie l'année dernière, j'ai opté pour le petit parcours cette année, et les conditions s'annoncent pas trop mal avec du soleil, mais beaucoup de vent malheureusement. Nous aurons à parcourir 98 km à travers la Beauce, qui est fort exposée au vent. D'après les prévisions météo, nous devrions avoir un vent favorable à l'aller, alors que nous devrions le subir au retour.
 
J'avais monté mes jantes hautes en carbone, mais avec les bourrasques qu'il a fait le samedi, je me suis finalement ravisé, et j'ai remis des jantes classiques en alu.
 
Arrivé à Lèves, je ne tarde pas à aller m'échauffer, de façon à pouvoir me placer au départ, peu de temps après le départ de ceux qui effectuent le grand parcours. Je doit être placé vers le milieu, ce sera toujours mieux que la fin, pour essayer d'accrocher un bon groupe.
 
Le départ est donné, tout se passe bien, et comme je m'y attendais, ça bouchonne un peu dans la première côte, mais j'arrive à remonter quelques places et à intégrer un petit groupe. J'évite de trainer en queue de peloton, et au fil des premiers kms, nous reprenons déjà d'autres coureurs.
 
Après 40 kms, nous sommes dans un groupe assez conséquent, mais au fil des accélérations, beaucoup lâchent les uns après les autres et je me fait violence à chaque fois pour les dépasser et recoller au groupe. La stratégie aujourd'hui est simple, avec le vent, il faudra être le moins souvent isolé.
 
Je roulerais ensuite avec une dizaine de gars, efficacement en nous protégeant du vent. Me sentant bien, je n'hésite pas à prendre régulièrement des relais.
 
Nous arrivons à Pontgouin, qui sera suivi de la principale difficulté du parcours. Je suis un peu coincé dans se groupe, alors que je me sens de bonnes jambes pour grimper, alors dès qu'un passage se libère, je n'hésite pas à accélérer l'allure, et je remonte de nombreux concurrents. Arrivé en haut de la côte, je me retrouve seul, mais ce n'est pas grave, je connais la suite du parcours qui est abritée en forêt, et plutôt roulante.
 
Arrivé à St-Maurice-St-Germain, un coureur me rattrape, et en me retournant j'aperçoit un petit groupe non loin de lui. C'est de bon augure, le vent allant être à présent défavorable. Notre petit groupe avance bien, tout le monde collaborant.
 
Nous revenons sur un groupe précédant, et nous sommes à présent une bonne cinquantaine, et continuerons ainsi de nombreux kms. Malheureusement une cassure, me laisse avec une vingtaine de coureurs, mais nous continuerons à bien nous entendre et à nous partager les relais. Les cuisses commencent à me piquer un peu, et j'ai à présent un peu de mal à me porter à l'avant.
 
A 5 km de l'arrivée, je commence à lâcher prise avec le groupe, heureusement, la côte de Levesville dans un premier temps, me permettra de rester au contact, et arrivé dans la côte de la Chacatière, je donne tout ce qui me reste, même si les jambes me brûlent.
 
Je termine finalement en 3h05, au milieu du classement (188e / 373). Je suis loin des premiers bien évidemment, mais je suis satisfait de ma course, je pense avoir bien géré, en faisant les efforts qu'il fallait aux bons moments. Je décroche le brevet d'Argent, que je manquais ces dernières années de quelques minutes à chaque fois.
 
Le parcours, bien que remodelé, était assez proche de l'ancien parcours, avec même quelques côtes de moins, ce que je trouve un peu dommage.
 
A l'arrivée le plateau repas nous attend, et le traditionnel œuf en gelé, est toujours un régal!
 

mercredi 4 mars 2015

La Jacques Gouin 2015

Une fois de plus, c'est cette cyclo qui lancera ma saison. Ce n'est pas le genre de cyclo sur laquelle je suis le plus à l'aise, mais elle constitue le premier rendez-vous de l'année, me permettant de me motiver lors de mes sorties hivernales afin d'être opérationnel dès ce premier jour de mars.
 
Le parcours est quasiment celui de ces dernières années, avec une nouvelle côte qui y a été inséré vers la fin du parcours, soit 115 kms, avec des portions roulantes, entrecoupées de plusieurs côtes, pour pas loin de 1000 m de dénivelé.
 
C'est maintenant ma 3ème participation, et comme lors des éditions précédentes, je m'attends à ce que le niveau et le rythme y soient élevés, même si ce genre de parcours est proche de ce que j'effectue régulièrement à l'entrainement.
 
Une fois arrivé à Mennecy, je retrouve Seb, pour qui ce sera la première participation. Je retire mon dossard, et ma noix de coco, petit clin d'œil de l'organisation qui a choisi cette année les Antilles pour thème.
 
Nous nous plaçons dans les SAS de départ, et celui-ci est donné à 9h00 pétante.

 
Cette année les températures sont beaucoup plus clémentes avec pas loin de 10°C, mais il tombe une petite pluie qui va rendre la route glissante.
 
Ca part vite, mais pas d'incident à noter, et après quelques kilomètres, des groupes commencent à se former. Je retrouve Seb, et nous essayons de tenir le rythme qui est imposé à l'avant du peloton.
 
La première côte arrive, et elle scinde déjà notre groupe. Je perdrais de vue Seb qui était à l'avant, pour me retrouver avec d'autres coureurs.
 
Passé 20 km, mon compteur refusera de détecter l'aimant de ma roue, et je devrais m'en passer par la suite, heureusement j'ai encore à peu prêt le parcours en mémoire.
 
Il y a beaucoup de vent, et celui-ci étant plutôt de face, il faut veiller à ne pas se laisser décrocher dans les parties roulantes. Nous sommes à présent moins nombreux, et j'essaye de me porter vers l'avant dans les côtes. Bien souvent, nous reprenons les lachés des groupes précédents.
 
Je suis à présent dans un petit groupe, et je n'hésite pas à prendre quelques relais. Dans une côte, j'emmènerais d'ailleurs un peu trop fort, n'emmenant qu'un seul coureur dans mon sillage. Nous discutons ensemble, et décidons d'attendre le reste du groupe.
 
Nous roulerons ensemble de nombreux kms, jusqu'à ce que le groupe explose de nouveau. Dans l'avant-dernière côte, je monte à mon allure, et continue à envoyer dans la foulée sur la partie plane suivante, le vent étant à présent favorable.
 
Le groupe précédent reviendra sur moi au pied de la côte de Champcueil, où celui-ci se disloquera de nouveau. C'est la plus difficile du parcours, mais je la passe sans encombre.
 
J'ai encore pas mal d'énergie et je termine à bloc, dépassant par moment quelques coureurs.
 
Je termine en 3h55, soit 10 mn de plus que l'année dernière. Un peu déçu forcément, comme j'étais beaucoup plus frais à l'arrivée cette année, mais ça fait partie du jeu, c'est une course où il faut savoir se placer en permanence et savoir gérer ses efforts.
 
Je regarde l'état de mon vélo et de ma tenue, maculés de boue. Même lors de ma participation à Paris-Roubaix l'année dernière, j'étais arrivé dans un meilleur état.
 
Je vais prendre mon plateau repas et retrouve Seb, qui est arrivé 10 mn avant moi.
 
Toute l'équipe de Eric Ramos a encore bien travaillé, et le menu accompagné de l'ambiance antillaise, était une excellente idée.

samedi 20 septembre 2014

La Levallois - Honfleur 2014

Ce n'est que tardivement, que je me suis décidé à participer à cette épreuve, suite à l'annulation de la Jacques Anquetil, qui devait avoir lieu le week-end suivant.
 
Cette épreuve se déroule en randonnée, où il n'y a ni chrono, ni classement. Le parcours fait environ 217 km, mais j'ai décidé de pousser le vice un peu plus loin, en ajoutant une portion de près de 90 km jusqu'à Bayeux, où je passerais la nuit chez des amis, avant de rentrer en train le lendemain. J'aurais donc un peu plus de 300 km à parcourir au cours de cette journée.


J'ai prévu un petit sac à dos, avec le minimum d'affaires: vêtements de rechange, une paire de chaussures légères, serviette, brosse à dent...
 
Sébastien qui y a participé l'année dernière, récidive cette année. Il avait plu abondement l'année dernière, mais le temps s'annonce beaucoup plus clément cette année. Nous ferons la route ensemble.
 
Levé à 4h, et à 5h30 nous arrivons à Levallois. Nous trouvons une place dans une rue, pour nous garer. Je m'apprête à payer le parcmètre, lorsqu'un gars passe en vélo et me fait: "pas le samedi!". Effectivement, je m'apprêtais à payer pour la journée du lundi...
 
Nous nous rendons au retrait des dossards, et il y a déjà un peu de monde. Il nous faut attendre 6h15, toutefois, où la salle est alors ouverte. Je retire l'enveloppe avec mon dossard, et dépose mon petit sac à dos à la consigne, je pourrais ainsi le récupérer à Honfleur.
 
A 6h45, nous sommes prêts, et nous élançons parmi un groupe de coureurs. Heureusement que nous sommes arrivés tôt, il y a encore beaucoup de monde à faire la queue pour le retrait des dossards.
 
Il fait encore nuit, les rues sont assez éclairées, mais j'ai quand même prévu des leds clignotantes, d'autant plus que le temps est assez brumeux.
 
Les coureurs sont assez éparpillés, et nous n'hésitons pas à remonter vers l'avant. Ce n'est pas une cyclosportive, et pourtant nous sommes pris par le jeu de rouler à un bon rythme, lorsque c'est possible.
 
Après quelques kms, nous commençons à voir les premiers champs, alors que le jour commence à se lever.
 
Les coureurs sont à présent un peu plus regroupés, et nous continuons notre progression, d'un groupe à un autre.
 
Arrivé à Thoiry, nous nous arrêtons rapidement au ravitaillement, et repartons en compagnie de quelques autres coureurs, auxquels se joindront encore d'autres un peu plus loin.
 
L'allure est plutôt rapide, et Seb n'hésite pas à se porter à l'avant, si bien qu'il se retrouve parfois tout seul devant dans les côtes, et je m'extrais alors du groupe pour le rejoindre. Nous roulerons comme ça quelques km, avant que le groupe ne revienne finalement à chaque fois.
 
Lors d'une longue côte, il y a de nombreux coureurs, je perds Seb de vue, et le retrouverais finalement au second ravitaillement. Il est 10h40, et on nous sert un sac repas. Il est vrai qu'on a roulé assez vite, et que nous sommes plutôt en avance pour manger. Tant pis, j'avale ce que je peux avaler et nous repartons.
 
Nous faisons quelques km ensemble, avant d'être rejoins par un petit groupe de 3 coureurs. Ca roule plutôt fort, et je préviens Seb de ne pas m'attendre si jamais je décroche.
 
Nous rattrapons un premier coureur puis un autre. La route est plutôt roulante, tout le monde tient la cadence, mais une côte assez longue, va d'abord décrocher 2 coureurs, et moi-même peu avant d'arriver en haut. L'écart se fait tout de suite, et seul, je sais que je ne reviendrais pas.
 
Je continue à mon allure, et j'ai en point de mire un autre groupe de coureur juste devant. Je profite d'une longue descente pour les rejoindre.
 
L'allure est un peu moins élevée que celle du groupe précédent, parti devant, mais elle me convient bien. Nous roulons à bonne allure, et je vais quand même pouvoir récupérer quelques forces en vu de ce qu'il me restera à effectuer après Honfleur.
 
Le groupe s'arrête au 3e ravitaillement, et nous repartons ensemble, jusqu'à ce qu'un des coureurs se rende compte qu'ils ont oublié l'un des membres de leur club. Ils s'arrêtent, et je continue seul. 10 kms plus loin, le groupe me dépasse et je recolle à nouveau.
 
Nous ne sommes plus très loin de Honfleur, et nous apercevons le pont de Normandie, imposant.
 
Arrivé, à quelques km de Honfleur, nous sommes rejoins par un autre groupe de coureur, et le final se fera à allure élevée. Nous longeons le port, la route n'étant pas en très bon état, puis c'est l'arrivée.
 
Je retrouve Seb, qui est arrivé 20 mn avant moi. Il est 14h30, ça va, je suis en avance sur mes prévisions, et ça me laisse du temps pour me rendre à Bayeux. Je mange un peu, refais le plein de mes bidons, récupère mon petit sac à dos, et me voila reparti, mais seul cette fois, et sans fléchage.
 
J'ai tracé mon parcours sur une carte, et je me suis fais une sorte de road book, avec les villes à traverser et le nom des départementales, mais j'avoue qu'un compteur GPS, m'aurait sans doute plus aidé.
 
Dès la sortie de Honfleur, une première côte, pas très pentu, mais plutôt longue.
 
La suite du parcours, se fera sur de petites routes assez tranquilles et pas trop fréquentées, heureusement. Il me faut régulièrement m'arrêter pour vérifier ma carte, et m'assurer de ne pas avoir à faire demi-tour, mais tout se passera bien, et je suivrais l'itinéraire prévu.
 
Passé Ouistreham, la fin sera plutôt roulante, et j'arrive chez mes amis François et Karine, après un peu plus de 300 km, fatigué, mais pas complètement mort. Je remercie François au passage, de s'être tenu prêt à venir me chercher en cas de défaillance, mais il n'aura pas eu besoin heureusement.
 
Pour en revenir à la Levallois-Honfleur, l'organisation à été top. Même si ce n'est pas une course, il y a des coureurs de tous niveaux, et on ne roule jamais seul. Pour beaucoup, l'objectif est de rallier Honfleur, quelle que soit l'allure.

Une très belle épreuve, et un défi qu'on peux se lancer sans forcément avoir un gros niveau, dès lors qu'on a un minimum d'entrainement, et qu'on gère bien son allure.

mercredi 27 août 2014

L'Etape Sanfloraine 2014

Ayant prévu une semaine de vacances dans la région avec des amis, à la même période, l'occasion était trop belle pour ne pas participer à cette cyclosportive. 3 parcours sont proposés, et j'ai choisi le  plus grand, avec 146 km pour près 2600 m de dénivelé. Le niveau y sera certes plus élevé, mais je ne me focalise pas sur le classement, ce sera plus l'occasion pour moi de réaliser un beau parcours à travers la région environnant Saint Flour, tout en bénéficiant de l'organisation de la course.


 
Notre location est située à quelques kms de Saint Flour, et je profites de notre passage le samedi, pour y retirer mon dossard sur l'aire d'arrivée situé sur la ville haute.
 
Dimanche matin, je retourne à Saint Flour, et me gare sur l'un des parkings près de l'arrivée. Contrairement à d'autres cyclos, la ville est plutôt bien pourvue en parkings, y compris pour les campings cars, et cela permets au 700 participants de se garer aisément. La ville est complétement plongée dans le brouillard, et une heure avant le départ il ne fait que 4°C. Je n'avais pas envisagé qu'il fasse aussi froid, mais j'enfile tout de même une paire de manchettes et un coupe-vent.
 
Je pars m'échauffer un peu, puis je redescends à la ville basse où le départ sera donné.
 
Je me place dans le premier sas, non pas parce que je suis un crack, mais parce que les numéros ont été affectés dans l'ordre des inscriptions. Il semble qu'il y aie quand même pas mal de prétendants à la victoire dans ce sas, aussi, je me place plutôt dans les dernières positions, histoire de ne pas gêner ceux qui feront la course en tête.
 
Le speaker évoque la disparition d'un des organisateurs de la course, et tous les participants s'executent unanimement lors de la minute d'applaudissement qui leur est demandée à sa mémoire.
 
Il est 9h, et Bernard Hinault est venu donner le coup d'envoi, en personne. Les participants des 3 parcours sont lancés en même temps, cependant, le 1er km sera neutralisé derrière voiture de l'organisation.
 
La température est remontée à 7°C, mais il y a toujours beaucoup de brouilllard. Nous sommes assez nombreux, et rapidement de premières côtes permettent d'étirer le peloton.
 
Il y a longtemps que je suis venu dans la région, aussi je découvre les lieux au fur et à mesure de notre progression. A la sortie d'un virage, après quelques kms, nous nous retrouvons nez à nez avec le viaduc de Garabit, construit par Gustave Eiffel, impressionnant ! Ensuite, la route remonte et nous longeons les gorges de la Truyère. Il y a encore un peu de brouillard, et je ne peux pas trop profiter de la vue, mais ce n'est pas grave j'aurais l'occasion d'y repasser, au cours des jours qui suivent.
 
On ne peux pas dire que le parcours comporte beaucoup de plat, en fait, nous alternons montées et descentes. L'organisation a bien fait les choses, et de petites pancartes ont été apposées avec le nombre de kms de montée restant, avec bien souvent entre 3 et 5 kms de montée.
 
Nous passons à Fridefont, où les concurrents du 57 kms devront biffurquer.
 
Le brouillard a fini par se lever, le ciel se fait bien bleu et les températures remontent. J'enlève tout d'abord mon coupe vent, puis mes manchettes un peu plus tard.
 
Nous traversons Pierrefort, et je m'arrête comme prévu au ravitaillement, afin de refaire le plein de mes bidons. Les températures ne sont pas excessives, et je rempli un seul bidon.
 
Je repars, et continuerais en compagnie de petits groupes de coureurs, mais l'alternance de montées et de descentes, fait que mes compagnons de route changent assez régulièrement.
 
Arrivé aux quatres routes de Cézens, nous sommes une bonne douzaine de coureurs, et c'est là que se séparent les 2 parcours restants. Je prends à gauche pour le 146 kms, mais tout le monde prends à droite le 109 kms. Je me retourne, seul un autre coureur a biffurquer avec moi. Nous discutons un peu, et essayons de rouler efficacement ensemble, comme nous reprenons à présent le vent de face.
 
Le gars est très bon descendeur, et je me ferais larguer dans la descente qui suivra. A l'inverse, dès que la route s'élève de nouveau, je parviens à combler mon retard et à reprendre un peu d'avance.

Nous passons Brezons, suivi d'un petit bout de vallée, et nous arrivons au pied du col de Lagrifoul, principale difficulté de ce parcours, avec près de 9 kms de montée. Les kms commencent à peser un peu, mais la montée se fera agréablement, par une température clémente. En haut du col, il y a beaucoup de paturages, et nous basculons ensuite pour une courte descente, avant d'attaquer le col de Prat de Bouc, qui constitue le passage situé aux abords du Plomb du Cantal.
 
Comme mentionné au début, je suis en vacances dans la région avec quelques amis, et c'est en haut du col de Prat de Bouc que je leur ai donné rendez-vous. Et je ne suis pas déçu lorsque j'arrive au sommet du col, j'ai droit aux encourragements de mes supporters, équipés comme pour le passage du Tour de France, avec les banderolles à mon nom. Je me doute que tout ça était préparé de longue date à mon insu, et ça me fait vraiment chaud au coeur, qu'ils aient improvisé cette petit fête en haut du col. Merci à eux, d'autant plus que l'attente devait être longue avant mon arrivée !
 
Je prends le temps de partager ce moment avec eux, et je repars, il reste une bonne quarantaine de kms encore. 
 
Je rejoins quelques coureurs dans la descente de Prat de Bouc.
 
La fin du parcours comporte à présent des montées moins longues, mais il reste tout de même très valloné, et nous n'arrrêterons pas notre petit chassé croisé jusqu'à la fin, avec mon précédent compagnon de route, bien meilleur descendeur que moi.
 
Nous arrivons à Saint-Flour, mais il nous reste encore un bout de montée jusqu'à l'arrivée située en ville haute. J'y mets mes dernières forces, et je passe la ligne avec un sentiment de bonheur.
 
Bien sûre, je fini loin au classement, en 6h05, mais j'ai beaucoup apprécié cette cyclo, avec un magnifique parcours très varié, et alternant montées et descentes, où il faut à la fois des qualités de grimpeur mais aussi de descendeur.
 
Encore merci à mes amis supporters, qui ont grandement contribué à rendre cette journée inoubliable !

vendredi 25 juillet 2014

L'Etape du Tour 2014 : Pau - Hautacam

Après avoir participé à une des étapes organisées en 2012 (Albertville - La Toussuire), j'ai décidé de remettre ça cette année, avec une belle étape Pyrénéenne, empruntant le col du Tourmalet, et la montée d'Hautacam. Bien que cette étape ne comporte que 2 cols, elle reste d'un niveau convenable, par rapport à ce qui est proposé habituellement, avec près de 4000 m de dénivelé pour 148 kms.


 
Sébastien et Timothée, seront de la partie eux aussi, et nous nous lancerons tous les 3 dans cette belle aventure.

Coté préparation, j'avais planifié plusieurs cyclos depuis le début de l'année, afin de me motiver et de me mettre en condition: Jacques Gouin, Paris Roubaix Challenge, Blé d'Or, Ventoux Beaumes de Venise, Ardéchoise, et j'arrive dans un bon pic de forme, à quelques semaines de l'Etape.

De plus, je connais bien ces 2 montées que j'ai déjà eu l'occasion d'effectuer par le passé, et je sais qu'une arrivée à Hautacam c'est quelque chose qu'il faudra bien négocier.
 
L'avant-course
 
Nous prenons la route le vendredi, Seb et moi, et arrivons à Pau en début d'après-midi. Nous avons le temps de retirer nos dossards et de regarder la fin de l'étape sur l'écran géant.
 
Nous regagnons ensuite le camping de Morlaàs, où nous établirons notre camp de base.
 
Samedi matin, direction Lau Balagnas, en bas de la montée de Hautacam, afin d'y déposer notre véhicule, puis retour à Pau avec la navette qui a été mise en place par l'organisation. Nous retrouverons Timothée dans l'après midi, qui nous a rejoint par le train. Après avoir récupéré nos vélos, déposés le matin, au parc gratuit, situé au village, nous rentrons ensuite tous ensemble à Morlaàs. Nous ne pouvons plus reculer à présent, il faut au moins que l'un d'entre nous termine la course, si l'on veut récupérer la voiture.
 
Malgré l'annonce de quelques averses par la météo, nous serons finalement épargnés, ces 2 jours.
 
La course
 
Dimanche matin, voilà le moment tant attendu, celui pour lequel on s'est entrainé toute l'année, et qu'on ne veux manquer pour rien au monde. Même si l'ambiance entre nous est bon enfant, chacun gère sa petite dose de stress et d'adrénaline, lié à la crainte que les choses ne se passent pas comme prévu, ou que la météo s'en mêle.
 
Nous regagnons Pau en vélo, et nous nous répartissons dans les sas auxquels nous avons été affectés. Ayant déjà effectué une Etape du Tour, j'aurai le privilège de partir 20 mn avant Timothée, et 30 mn avant Seb, pour qui ce sont leur première édition.
 
Un peu avant 8h, le départ de notre sas est donné, nous nous élançons à travers les rues de Pau, et nous nous retrouvons assez rapidement sur une petite route de campagne. Pour l'instant, le temps est convenable et la température idéale.
 
Je n'hésite pas à rouler à bonne allure et à dépasser des concurrents lorsque c'est possible, tout en surveillant mon cardio.
 
Quelques petites côtes avant d'arriver à Nay, puis la première difficulté répertoriée, la côte de Bénéjacq (2,6 km à 6,9 %), que j'avale assez rapidement.
 
Encore quelques kilomètres de faux plat, et nous abordons ensuite, la côte de Loucrup, seconde difficulté du jour, avec 2 km à 6,9 %. Elle sera elle aussi assez rapidement montée, sans présenter de réelle difficulté.
 
Comme je l'avais prévu initialement, je m'arrête au ravitaillement de Bagnères de Bigorre, afin de refaire le plein de mes bidons. Le temps s'est à présent bien couvert, et je sens des premiers grains de pluie. Le ciel est très gris au loin et ne présage rien de bon, et je profite de l'arrêt pour enfiler mes manchettes. 
 
La route commence à s'élever progressivement, et la pluie commence à se faire de plus en plus forte, m'obligeant à enfiler la veste de pluie.
 
Nous arrivons à Sainte Marie de Campan, où l'ascension du Tourmalet commence réellement. La pluie redouble, et on n'entends plus personne dans les rangs, chacun se contentant de monter à son rythme, et espérant une accalmie.
 
Nous passons le lieudit de Gripp, et je sais que dorénavant, il n'y aura plus de répit jusqu'au sommet. Par moment, la pluie s'arrrête, mais il se remet à pleuvoir tout aussi rapidement.
 
Nous arrivons aux paravalanches, La Mongie n'est plus très loin, mais il faut commencer à affronter quelques rampes à 10%.
 
Passé la station, inutile d'essayer d'admirer le paysage, car nous sommes à présent noyés dans le brouillard. De nombreux camping cars, venus pour le passage des pros sont déjà en place, et seuls quelques braves resteront à l'extérieur pour nous encourager.
 
Après une dernière rampe, j'atteins le sommet du col. J'avais l'intention de m'arrêter, histoire de récupérer quelques barres et gels dans ma poche, sous ma veste de pluie, mais les conditions climatiques m'en dissuadent, et je préfère attaquer la descente dans la foulée. Il ne fait pas plus de 7°C, et nous sommes noyés dans l'humidité.
 
Je passe le premier virage de la descente où déjà, les secours sont à l'œuvre.

En jetant un coup d'œil à mon compteur, celui-ci n'affiche plus que 2 barres verticales, qui me rappellent étrangement le jeu pong des années 80. Il n'a visiblement pas aimé ces conditions humides, et pour lui la course s'arrêtera là, mais pas pour moi, qui ne suis résolument pas décidé à rendre les armes.

La route est complètement détrempée, et je continue la descente, tout en anticipant au maximum les passages de virages. Dans une ligne droite, ce sont même quelques vaches, qu'il faudra prendre soin d'éviter.
 
Je continue la descente, j'ai froid aux mains et aux pieds, et mes muscles se tétanisent, à tel point qu'une crampe me vient dans une cuisse. Il faudrait que je mange quelque chose, mais je n'ai pas le courage d'essayer d'extirper quelque chose de ma poche, ni même de m'arrêter. Tant pis, je continue, et je prends soin de mouliner les jambes régulièrement pour faire passer les crampes.
 
Au niveau de Barège, quelques bonnes lignes droites, qui permettent de redonner un peu d'allure, puis arrivé à Luz Saint Sauveur, je prends cette fois-ci le temps de m'arrêter. Il faut absolument que je mange quelque chose, si je ne veux pas le payer dès le début de la montée d'Hautacam. Je ne me suis pas arrêté longtemps, mais je suis transis de froid et je commence à grelotter sur place. Il faut éviter de se refroidir alors je repars sitôt une bonne barre avalée.
 
Les kilomètres suivants seront plus descendants que plats, et permettront de tourner à nouveau les jambes, et de relancer la machine, à une bonne allure.
 
Arrivé au rond point de Pierrefite, nous bifurquons à droite, et une portion plane accompagnée par le soleil qui refait son apparition, est une bénédiction.
 
J'arrive à Arbouix, situé au pied de Hautacam. Je fais un arrêt rapide au ravitaillement. Suite à l'arrêt de mon compteur, je n'avais plus trop la notion du temps, et je suis agréablement surpris en regardant ma montre, de constater que je suis largement en avance sur mes meilleures prévisions. Si je fais une bonne montée de Hautacam, je devrais réaliser un bon classement.

Je m'élance dans la montée. C'est incroyable, une foule immense est présente et nous encourage de toute part. Certains font retentir les cloches, et, porteur d'un maillot à pois, j'ai droit à des encouragements particuliers. Pendant quelques instants, je me sent dans la peau d'un coureur du Tour de France, qui doit fendre la foule pour aller chercher la victoire.

Le soleil est là, et le moral est d'un seul coup complètement reboosté. Que c'est bon ce bain de foule!
 
La pente s'élève rapidement, et donne lieu à des pourcentages sérieux qui me ramènent rapidement à la réalité. Nous croisons ceux qui ont terminé la course et qui redescendent, et heureusement, nous ne sommes pas dans des groupes trop compact à la montée, et il reste la possibilité de doubler lorsque c'est nécessaire.

Cette montée est vraiment terrible par ses changements de pente, et on retrouve régulièrement de bonnes rampes qu'ils faut passer en force.

Au niveau de St André, il y a 3 kms soutenus à plus de 10%, et je sais que lorsque je les aurais passé, j'aurais fait le plus dur.

Il reste 2 kms, et la pluie fait de nouveau son apparition. Pas question de s'arrêter, il faut en finir au plus vite à présent.

Je passe la ligne, et contrairement à l'arrivée à La Toussuire il y a 2 ans, il manque la sono, le soleil et le public. Hautacam étant un cul de sac, l'arrivée est du coup moins festive, mais qu'importe.

Le temps d'envoyer un SMS à Timothée et Seb pour les prévenir de mon arrivée,  je ne m'attarde pas là-haut où il ne fait pas bien chaud, et redescends au village de Lau Balagnas. La course étant terminée, descente tranquille et prudente, sous la pluie, et en prenant soin de ne pas gêner les autres concurrents qui sont dans la montée.

Arrivé au village, on nous remet notre médaille de finisher, et nous pouvons ensuite profiter de la Pasta Party.

Seb et Timothée en terminent eux-aussi et nous nous retrouvons au village. J'aurais conservé mon avantage du départ jusqu'au bout finalement sans jamais les revoir, mais Seb aura réussi à grignoter ma marge de quelques minutes en réalisant un très bon temps de 7h. Timothée, pénalisé par un arrêt prolongé en bas du Tourmalet, causé par un début d'hypothermie, n'aura pas démérité, en repartant courageusement et en ralliant l'arrivée. Beaucoup n'auront pas eu cette chance, et auront dû jeter l'éponge au sommet ou dans la descente du Tourmalet.

Au final, j'aurais réalisé une très bonne performance en me classant 2674e sur près de 10000 concurrents au départ. Il faut croire que je suis plus à l'aise dans les mauvaises conditions, ou peut-être que j'avais tout simplement envie d'en finir au plus vite.

L'organisation a été au top une fois encore, seul petit bémol, cette longue attente de 1h30 pour quitter le parking une fois la course terminée, où aucune solution de contournement n'avait été prévue.

Comme la dernière fois, beaucoup trop d'emballages trainaient sur la route, c'est pourtant si simple de les garder sur soi...

Les Chiffres:

Le col du Tourmalet:             17.1 km à 7.3 %
La montée de Hautacam:       13.6 km à 7.8 %

Mon temps:                            7 h 10 mn 33 sec
Ma position à l'arrivée:          2674
Le nombre de finishers:         8453
Le nombre de partants:          9876
Le nombre d'inscrits:           13000


La vidéo: