lundi 23 mai 2016

La Challenge Vercors 2016

En cette fin du mois de mai, la Challenge Vercors offre l'opportunité de démarrer la saison avec une première cyclosportive de montagne. Ce n'est certe pas une épreuve avec de grands cols alpins, mais celle-ci propose un joli parcours de 154 km, avec 2 cols principaux, et le reste du parcours assez vallonné, le tout pour 2900 m de dénivelé. Autre particularité de cette épreuve, une course est réservée aux femmes le lendemain sur un parcours qui leur est dédié.

 
Le départ se fait pour la première fois depuis St Nizier du Moucherotte. J'y ai réservé un emplacement au camping situé 3 km plus bas, qu'il me faudra remonter le matin de la course, mais pas de quoi puiser dans mes forces avant le départ.
 
Le réveil est un peu frisquet, il ne fait que 3°. A 1000 m d'altitude, et au mois de mai, ce n'est pas surprenant. Nous avons beaucoup de chance, malgré une semaine très pluvieuse, ce samedi est annoncé comme la plus belle journée de la semaine.
 
Au départ tout le monde porte manchettes ou coupe-vent, mais nul doute que l'on pourra s'en séparer lorsque les températures vont remonter au cours de la journée.
 
Le départ est donné avec un peu de retard, le beau temps a engendré de nombreuses inscriptions de dernière minute, et on laisse le temps aux derniers concurrents de récupérer leur dossard et de se placer sur la ligne de départ.
  
Le départ est donné, mais les 8 premiers kms, en descente, seront neutralisés par une voiture de l'organisation, ceci pour la sécurité des concurrents.
 
A Lans Le Villard, la course démarre véritablement, et le petit col de la Croix Perrin, va déjà permettre de faire une sélection. Je monte à mon rythme, en remontant quelques coureurs.
 
A l'issue de la descente suivante, je me retrouve avec un petit groupe, et tout le monde s'emploie à se relayer et nous faisons la jonction avec un autre groupe.
 
Arrivé au pied du col d'Herbouilly, les températures sont à présent très clémentes, et j'en profite pour enlever mon coupe-vent. La montée fait 10 km, les premiers sont pentus, mais le milieu de la montée redeviens un peu plus roulant. Nous retrouvons des pentes plus sérieuses sur la fin, dans une partie boisée.
 
Passé le col, je bascule pour une longue descente. Les concurrents sont à présents distants les uns des autres, et je peux faire la descente sans appréhension. A part quelques épingles, la descente est très roulante.
 
Un peu après St Martin En Vercors, je bifurque sur le parcours Granfondo, où, passé le rond point, on traverse un long tunnel rectiligne de pas loin de 2 kms, fort heureusement éclairé. Au début c'est assez angoissant, et puis c'est tellement roulant, on se sent comme aspiré dans ce boyau, que ça devient finalement grisant.
 
S'en suit encore un bon bout de descente, où je croise un coureur du petit parcours, qui reviens sur ses pas... enfin sur ses roues, victime d'un mauvais aiguillage, visiblement.
 
Un petit raidar à passer et j'arrive au ravitaillement de St Jean. Je refais le plein et repars, car ici débute la montée du col de la Machine, 10 kms assez réguliers le plus souvent à 7 ou 8%.
 
Je me sens plutôt bien et remonte régulièrement quelques coureurs. Bien qu'il fasse déjà assez chaud, nous traversons des parties en forêt ombragées, où nous bénéficions d'un peu de vent par moment.
 
Peu avant la fin du col, nous abordons une petite route en corniche, traversée de petits tunnels, absolument magnifique. On imagine mal le travail qu'il a fallu à ces hommes pour tailler cette route à travers la roche.
 





Passé le col de la Machine, répit de courte durée puisqu'il faut enchainer avec le col de Carri, mais
heureusement celui-ci est un peu moins pentu et moins long.
 
La descente qui suit, se fera avec un vent assez fort, jusqu'à La Chapelle En Vercors où je fais mon second arrêt ravitaillement.
 
Un peu plus loin, je rejoins un autre coureur, le vent est de face, nous passons spontanément nos relais, et roulons efficacement pendant de nombreux kms.
 
La route commencera à remonter quelques kms plus loin, en plein soleil, au milieu des pâturages, il n'y aura plus de vent. Je commence à avoir un petit coup de pompe, mais j'essaye de maintenir le rythme, sans oublier de bien m'hydrater.
 
Plus loin, nous continuons à monter, mais cette fois-ci nous sommes bordés par les rochers, dans un milieu beaucoup plus frais. Je retrouve de meilleures sensations.
 
J'arrive à Lans En Vercors, où il reste à monter les 8 derniers kms neutralisés du départ. La pente n'est pas très raide, mais ils seront à présent moins aisés avec la fatigue et la chaleur.
 

J'aborde cette partie avec un autre coureur, mais je dois finalement finir seul, celui-ci étant pris de
crampes. Je continue à mon rythme, et passe la ligne à St Nizier/
 
Je termine en 5h42 (pour 146 kms, après neutralisation des 8 premiers kms), avec une bonne marge d'avance pour l'obtention du brevet d'Or. Je me classe bien modestement à la 245e place sur 357 concurrents, mais je suis satisfait de ma course. J'ai l'impression d'avoir progressé et d'avoir bien géré mes efforts du début à la fin, et même si je n'ai pas fait des descentes à tombeau ouvert, je n'ai cette fois pas reperdu toutes les places gagnées dans les montées.
 
Un superbe parcours dans une région qui mérite le détour. Côté organisation, merci aux signaleurs qui ont parfois dû rester de longues heures en plein soleil, n'ayant parfois que leur pancarte de signalisation pour se faire un peu d'ombre.

La Vidéo:

 

jeudi 7 avril 2016

Le Tour des Flandres Cyclo 2016

    Après une participation au Paris Roubaix et à Liège Bastogne Liège, je me devais de poser mes roues sur le Tour des Flandres, cet autre monument du cyclisme. Le "Ronde Van Vlaanderen" en flamand, ou Ronde, est la course que tout cycliste belge rêve de remporter un jour, à l'image de Paris Roubaix chez nous. Le dernier français à l'avoir remporté, n'est autre que Jacky Durand, le mayennais.
 
    La course a lieu une semaine et demie après les attentats, et je suis heureux qu'elle aie été maintenue, car c'est vraiment l'un des événements sportifs majeurs en Belgique.
 
    Pour ma première participation à cette cyclo, j'avais envisagé dans un premier temps participer au parcours intermédiaire de 129 km, au départ de Audenarde, et qui emprunte les 15 monts, mais la difficulté à trouver un hôtel proche du départ, m'a convaincu de tenter le parcours complet, au départ de Bruges, avec un total de 227 km, 15 monts et de nombreux secteurs pavés. Parmi ces monts, beaucoup sont eux-mêmes pavés et comportent des passages qui s'étagent de 10 à 22%. La palme revient au Koppenberg et au Paterberg, avec respectivement 22% et 20.3% de pente maximale.
 
 
 
    Comme tous les ans, les 16000 places disponibles seront attribuées un mois avant l'épreuve, et nous serons 5000 guerriers à nous élancer sur le grand parcours. L'épreuve se déroule sous forme de randosportive, c'est à dire sans classement. C'est probablement préférable pour assurer la sécurité de tout ce monde, la plupart des routes n'étant bien souvent pas très larges.
 
    Le parcours des pros est finalement assez proche du notre, mais leur route se croisera à plusieurs reprises, de sorte qu'ils remontent certains monts plusieurs fois, ce qui portera le total à 255 km pour 18 monts.
 
    J'ai longuement hésité quand au vélo et à l'équipement que je devais utiliser. Pour Paris Roubaix, j'avais trouvé plus sage de reprendre le "mulet" que j'avais équipé de pneux de 28. Ici, il y aura moins de pavés, mais il faudra pouvoir passer les murs à 20%. Je décide finalement de garder mon vélo actuel, mais je monte la cassette de 32 que j'avais utilisé pour la première fois dans la côte de la Redoute sur Liège Bastogne Liège, l'année dernière. Je monte en plus des pneux de 25 qui devraient me suffire pour passer les pavés sans risque de crevaison.
 
    Je me rends donc à Audenarde le vendredi, afin d'y retirer ma plaque, et je reprends aussitôt ma route pour me rendre à Bruges, à 1h de là, et où aura lieu le départ. Il me reste un peu de temps, et j'en profite pour visiter Bruges, une ville très agréable, aux rues pavées et au nombreux petits canaux. Là-bas le cycliste est roi, et on y croise fort peu de voitures.
 
    Samedi matin, levé de bonne heure, afin de me rendre au stade vers 7h, au levé du jour. J'avais pris soin de réserver mon hôtel proche de celui-ci, et je ne mets pas plus d'un quart d'heure pour m'y rendre. Je dépose un sac avec quelques affaires, pour pouvoir me changer et me doucher à l'arrivée.
 
    Il ne fait que 4 degrés, l'ai pris le cuissard court, mais j'ai pris soin d'ajouter sous gant, manchettes et coupe vent. La météo avait annoncé du beau temps, mais la journée restera finalement voilée. En prévision des pavés, j'ai aussi apposé quelques sparadraps à la base des pouces, afin d'éviter toute ampoule.
 
    Du stade, il faut ensuite se rendre devant le beffroi de Bruges, où est situé le km 0, du coup une petite dizaine de kms qui se feront tranquilles, mais qui s'ajouteront à la distance déjà conséquente. Il y a déjà beaucoup de monde devant le beffroi, beaucoup s'y rendant directement sans passer par le stade.
 
   Je passe l'arche, et me voilà parti pour la première partie du parcours, une centaine de km en direction de Audenarde, sans réelle difficulté. Nous sommes nombreux et il est facile de se retrouver dans un groupe de son niveau. J'essaye de rouler à bonne allure, tant que possible, car je veux me garder une marge de temps qui puisse pallier tout problème mécanique par la suite.
 
   Nous sommes proches de Audenarde, et un premier secteur pavé se présente. A vrai dire, il y a moyen, comme le font la plupart, de prendre la piste cyclable sur le coté, mais j'ai envie de jouer le jeu et de me frotter aux pavés afin de prendre quelques premiers repères. C'est l'occasion pour moi de tester mon dérailleur électrique sur les pavés, et je dois avouer, que c'est plutôt plaisant, les vitesses passent avec une précision chirurgicale malgré les importants mouvements de la chaine. Je croise juste les doigts pour ne pas rencontrer de problème de déconnection des câbles d'ici l'arrivée.
 
    Le premier mont se présente quelques kms plus loin, le Walkenberg, ce n'est pas le plus difficile, d'autant qu'il est goudronné. Il servira de hors d'œuvre pour une série qui enchainera 15 monts, alors que les 100 premiers kms de courses pèsent déjà dans les jambes. Les monts se suivent et ne se ressemblent pas: le Molenberg, l'Eikenberg... certains que l'on découvre au dernier moment au hasard d'une bifurcation, certains pavés, d'autres pas, certains plus ou moins longs, certains réguliers, certains avec de bons raidars qu'il faut passer en force... Bref, c'est là tout le charme de ces montées si typiques de la Flandre.
 
    J'avoue ne pas avoir étudié tous ces monts au préalable, mais lorsqu'arrive le 7e mont, le
Koppenberg, je sais qu'il s'agit d'un des plus durs. On quitte une petite route tranquille en bifurquant sur la gauche, et là on se retrouve sur des pavés assez irréguliers, la pente s'accentuant rapidement. J'aborde la partie la plus difficile à 22%, il faut passer en force tout en prenant soin d'éviter les autres coureurs devant soi. Face à une telle pente, les quelques coups de pédale que je mets en danseuse, font patiner ma roue arrière sur les pavés. Devant, certains commencent à mettre pied à terre, et ce que je craignais se produit, avec l'étroitesse du passage, plusieurs coureurs sont arrêtés devant moi, ce qui par réaction en chaine, entraine l'arrêt de ceux qui étaient derrière. Il n'est pas possible de remonter sur le vélo, et comme tout le monde, je suis contraint de pousser mon vélo sur quelques dizaines de mètres. Dès que la pente est plus favorable, je remonte et termine la montée.
 
    Les ravitaillements sont nombreux, et je prends le temps de m'arrêter et de m'alimenter convenablement à chaque fois. Ils sont bien garnis, et je ne manquerais de rien. Après le dernier ravitaillement situé à 200 kms du départ, il reste encore 4 montées. La fatigue est présente, mais les jambes tiennent le coup.
 
    Nous montons le Vieux Kwaremont, ce n'est pas le plus pentu, mais avec plus de 2 kms de montée sur les pavés situés en fin de parcours, il est assez usant. De nombreux supporters présents pour la course du lendemain, nous encouragent de bon cœur, d'ailleurs je renifle de bonnes effluves de bières au moment où je passe devant eux.
 
    Quelques kms plus loin, nous abordons le dernier mont, mais pas des moindres puisqu'il s'agit du Peterberg. J'entame la section pavé derrière un petit groupe de coureurs, et nous nous retrouvons rapidement dans la partie à 20%, il faut bien doser son effort, la route est étroite, et je dois maintenir mon coup de pédale pour me tenir a distance raisonnable de ceux qui me précèdent, afin de pouvoir palier leur arrêt éventuel. Je sens ma roue avant qui décolle des pavés par moment, et bientôt la pente se fait plus raisonnable, et j'atteins le sommet. Ouf, c'était limite, mais je suis heureux d'avoir passer ce mur, malgré plus de 200 bornes dans les jambes.
 
   Il ne reste plus que 10 kms plats pour rejoindre Audenarde. Quelques coureurs me dépassent, mais je n'ai plus la force de prendre leur roue. Je passe la ligne d'arrivée un peu moins de 10h après avoir passé celle de départ.

   Je retourne au Qubus, à 3 km de là, récupère mon sac, prends une bonne douche, et me rassasie d'un bon hamburger frites. Il ne me reste plus qu'à emprunter la navette qui a été prévue pour ramener les coureurs et leur monture, à Bruges.

   Je ne regrette pas avoir opté pour le grand parcours finalement. La majorité des participants ayant choisi le parcours de 129 km, j'imagine que la densité de coureurs devait être gênante dans les montées, et sur le 227 km, il n'y a que dans le Koppenberg où j'aurais été contraint de m'arrêter suite à un bouchon devant moi.
 
   Le lendemain sera nettement plus ensoleillé, et j'en profite pour rejoindre Renaix, où se situe la
montée du Kruisberg. Un écran géant a été installé au sommet, ainsi qu'une buvette où je peux apprécier quelques bonnes bières en attendant le passage des coureurs. Il reste un peu moins de 30 kms lorsque les pros passent devant nous: un premier groupe avec les échappés du matin, suivi comme leur ombre par Sagan, Vanmarke et Kwiatkowsky, et non loin derrière un 3e groupe, où je reconnais Cancellara, impressionnant de facilité, alors que tout le monde est à la peine.
 
    Je rentre en France plein de bons souvenirs, heureux d'avoir pu affronter ce parcours mythique, et de m'en être sorti sans casse, ni bobo. Chez les pros, c'est Sagan qui remporte cette 100e édition du Ronde, une victoire amplement méritée pour cet immense champion.
 
Les difficultés du parcours:
 
                           NomKm         Longueur      % Moyen       % Max
PavésLange Aststraat96400 m
MontWolvenberg108700 m7.9%17.3%
PavésRuiterstraat109800 m
PavésKerkgate1121200 m
Mont (pavé)Molenberg120500 m7%14.2%
PavésPaddestraat1282300 m
PavésHaaghoek1381900 m
MontLeberg140800 m4.2%13.8%
MontBerendries144890 m7.2%12%
MontValkenberg1491100 m8.2%13%
Mont (pavé)Eikenberg1611200 m6.2%10%
Mont (pavé)Koppenberg171500 m9.4%22%
PavésMariaborrestraat1752000 m
MontSteenbeekdries177500 m5.3%6.7%
Mont (pavé)Taaienberg180700 m6.1%16%
PavésKaperij182300 m
Mont (pavé)Kaperij1841000 m5.5%9%
MontKanarieberg1911100 m7.7%14%
Mont (pavé)Kruisberg2001400 m4%9%
MontKarnemelkbeekstraat207900 m4.9%10%
Mont (pavé)Vieux Quaremont2122200 m4%11.6%
Mont (pavé)Paterberg217400 m12.9%20.3%

La vidéo:


lundi 7 mars 2016

La Jacques Gouin 2016

La saison cyclo redémarre, et j'ai décidé cette année encore, de participer à cette épreuve qui se tient à 1h de chez moi.
 
C'est déjà ma 4ème participation, et comme les années précédentes je ne m'attends pas à briller. Le fait qu'il n'y a qu'un seul parcours de 115 km et qu'elle se déroule en fin d'hiver, a tendance à y rendre le niveau assez élevé, mais ce n'est pas grave, j'y vais surtout avec l'intention de prendre du plaisir, et essayer de m'y améliorer.
 
La journée se déroulera sous le signe de l'Espagne, thème retenu par l'équipe de Eric Ramos. Les dossards nous sont tout d'abord remis par de charmantes dames en tenues espagnoles. On verra ensuite, tout au long du parcours, les signaleurs agiter de petits drapeaux espagnols pour nous indiquer la route.
 
Le départ est donné à 9h. Nous avons plutôt de la chance, il fait beau et pas de pluie ni de neige, comme encore annoncé par la météo la veille, par contre, le vent est déjà fort et il sera l'ennemi numéro 1 aujourd'hui.
 
Parti en milieu de peloton, je m'efforce dans les premiers kms, de faire la jonction avec les groupes nous précédents lorsqu'ils sont à portée, mais j'ai décidé cette fois, d'être un peu plus sage et de ne pas me cramer dès le début de la course, comme je le fait trop souvent.
 
Au km 10, Je suis dans un groupe assez conséquent, et en prévision de la première côte qui arrive, je remonte une partie du peloton, et m'arrange pour rester avec la tête de celui-ci en fin de côte. Nous avons perdu quelques éléments, mais restons nombreux.
 
Vers le km 20, je perds le contact dans un faux plat, balayé par du vent de côté. Je ne me résigne pas, et continue à m'accrocher pour finalement revenir quelques km plus loin.
 
Les côtes s'enchainent, terrain de jeu qui me conviens en général mieux, et où de nouveaux groupes de coureurs se reforment.
 
Je me retrouve isolé avec 3 autres coureurs, nous collaborons bien, mais nous nous faisons absorbé par un groupe d'une cinquantaine de coureurs. Je me laisse emmener, et en profite pour récupérer.
 
Passé le km 60, une chute se produit devant moi, à l'arrière du peloton, 3 gars se retrouvent au sol. Tout le monde va bien, je repars, mais j'ai perdu le contact avec le peloton. Je n'ai plus le choix, et devrais désormais rouler à bloc, avec un fort vent de coté. Je reprends des coureurs, qui partagent parfois quelques relais avec moi, mais il semble qu'il n'y aie plus que des coureurs isolés ça et là.
 
Les jambes ne sont pas trop mal, malgré les kms passés seul à lutter contre le vent, et j'arrive à remonter quelques places dans chaque côte, y compris celle de Champcueil, et ses forts pourcentages.
 
Il reste 10 kms, je reviens sur un gars qui a l'air un peu cramé. Il y a un fort vent de face, et j'assure la majeure partie des relais. A l'amorce du dernier virage, il repasse devant. J'ai encore quelques forces, et j'accélère pour passer la ligne devant lui, mais il semble joueur et vouloir disputer le sprint avec moi. Au final, j'aurais une roue d'avance sur la ligne, et beau joueur, il me donne une petite tape amicale dans le dos. Une place de mieux ne changera pas grand chose à mon classement, mais ce petit sprint était un petit moment plutôt sympa.

Je termine en 3h55, le même temps que l'année dernière. Pas vraiment d'amélioration, mais la satisfaction d'avoir bien gérer les 50 derniers kms, seul dans le vent.
 
Une fois de plus , toute l'équipe a été au top pour nous accueillir sur la Jacques Gouin, et la paëlla servie à l'arrivée, était un régal.
 

mardi 21 juillet 2015

L'Etape du Tour 2015 : St Jean De Maurienne - La Toussuire

Lorsque le parcours a été publié courant octobre 2014, je me suis d'abord dit que cette étape ressemblait trop à celle que j'avais effectué en 2012, avec un départ depuis Albertville. Et puis vu l'engouement suscité auprès de mes collègues et amis, qui souhaitaient y prendre part, je ne pouvait faire l'impasse, d'autant que c'est un très beau parcours, et un défi sportif assez conséquent. J'ai donc re-signé pour ma 3e Etape Du Tour.
 
Le parcours est assez court, mais il n'en est pas moins difficile avec 4 cols à enchainer, pour un total de 4600 m de dénivelé. En 2012, le parcours empruntait le col de la Madeleine, à la place du col du Chaussy, pour un final identique. J'avais souffert à l'époque, et je me doute que ce sera encore le cas cette année.
 
 
Côté préparation, j'arrive avec 5000 kms dans les jambes depuis le début d'année, quelques épreuves et séjours en montagne, et j'ai réussi à perdre du poids. Bref, j'arrive au moins aussi bien, si ce n'est mieux, préparé qu'en 2012.
 
Comme l'année dernière, Sébastien et Timothée seront de la partie également.
 
Samedi matin, Seb et moi faisons route jusqu'à St Jean de Maurienne, où nous récupérons Tim, pour ensuite nous rendre à la Toussuire pour y retirer les dossards. Bien que nous montons en voiture, nous pouvons avoir un aperçu de la pente qu'il nous faudra monter le lendemain, probablement en pleine chaleur, et déjà bien fatigués. Arrivés à quelques kilomètres du sommet, c'est l'embouteillage et il devient très difficile d'accéder à la station. Nous retirons nos dossards, et faisons un tour rapide du village de l'Etape et de ces nombreux exposants. Un grand mur a également été apposé avec le nom des 15000 participants, et nous prenons quelques minutes pour vérifier que nous y figurons bien.
 
Redescente à St Jean de Maurienne, et on file à St Michel de Maurienne où est situé notre camping.  ASO a cette année, fait main basse sur tous les hôtels de la région dès l'annonce de l'Etape, pour proposer des packages, aussi cette solution s'est avérée plus économique, tout en étant pas trop éloignée du départ. Nous plantons nos tentes, mais le sol composé principalement de gravier, complique un peu la tâche. Ma tente n'est pas très stable, mais tans pis, nous n'aurons que 2 nuits à passer ici.
 
5h le dimanche matin, c'est le grand jour. J'ai assez bien dormis, sans éprouver de stress.
6h, nous enfourchons nos vélos et partons en direction de St Jean, 13 kms sur une route plate voire descendante, qui nous feront une petite mise en jambe, l'Etape n'offrant que 3 kilomètres de plat avant d'attaquer la première montée.
 
Nous regagnons nos SAS, le second pour Tim, le 5e pour moi, et le 6e pour Seb. A 7h le premier SAS est libéré, et chaque SAS suivant est libéré toutes les 8 mn.
 
Nous voilà parti, les premiers kilomètres vont se faire à bonne allure tout en étant modérée, et rapidement nous nous retrouvons dans la pente du col du Chaussy. 16 kms de pente régulière, entrecoupée d'une petite descente. La température monte rapidement, et déjà la transpiration augmente. Je m'efforce de boire, m'alimenter très régulièrement, et à veiller à ce que le cardio ne monte pas trop, mais celui-ci a déjà tendance à prendre facilement quelques pulses.
 
La montée se poursuit, je double un gars sur un vélo élyptique. Il a lui aussi un dossard et semble parti pour faire la totalité de l'étape sur cet engin. Chapeau !
 
Nous arrivons au sommet, et je bascule directement dans la descente. J'aperçois un gars qui remonte avec une roue complétement voilée, je sais que la descente est étroite et dangereuse, et celui-ci a probablement été victime d'un accrochage au cours de celle-ci. Quelques centaines de mètres plus loin, je dois freiner brutalement, car plein de coureurs se retrouvent à l'arrêt devant moi. Un motard nous informe qu'il y a eu 3 accidents au cours de la descente qui ont nécessité l'intervention des secours. Un hélico viendra d'ailleurs récupérer l'un des blessés, un peu plus bas.
 
Une grosse partie de la descente se fera par à-coup, où nous descendrons quelques centaines de mètres et nous retrouverons bloqués plusieurs minutes. Je finis par arriver en bas, mais cette mésaventure m'aura fait perdre près d'une demi-heure, et elle va densifier le nombre de coureurs, ceux des SAS suivants nous ayants rejoints.
 
Nous abordons la boucle qui nous fait longer l'autoroute jusqu'à Epierre, pour nous faire revenir de l'autre coté vers St Etienne de Cuisnes. Il commence à faire chaud à présent dans la vallée, et il s'agit de ne pas laisser trop de forces dans cette partie. Il y a de nombreux coureurs, aussi j'arrive à me glisser de groupe en groupe pour bénéficier d'une bonne allure.
 
Peu avant Epierre, j'aperçois la zone "sprint", composée de 2 tapis de chronométrages espacés de 250 m. J'accélère et fais l'effort le temps de ces 250 m. Après l'arrivée, j'apprendrais que mon classement sur ce sprint sera de 292e sur 9471. Plutôt pas mal, mais bon, je pense que beaucoup n'ont pas souhaité dépenser d'énergie et se préserver pour la suite.
 
Arrivé à St Etienne de Cuisnes, je prends le temps de remplir mes bidons et j'attaque le col du Glandon. La traversée de St Etienne se fait dans une bonne ambiance, avec de nombreux encouragements. Vêtu d'un maillot à pois, j'aurai d'ailleurs droit à des encouragements plus spéciaux tout au long de la journée.
 
Je connais bien cette montée pour l'avoir déjà effectuée 2 fois par le passé, je sais pourtant qu'il faut rouler à une allure modérée en début de montée, mais le cardio se mets rapidement à monter, et je n'arrive pas à le faire baisser. Je profite au passage d'un spectateur qui m'asperge d'un peu d'eau d'un ruisseau, mais ca ne suffit pas à refroidir le moteur.
 
J'arrive a St Colomban, avec un petit replat qui me permet de souffler un peu, mais c'est aussi à partir de là que la pente se fait ensuite la plus sévère, sans répit jusqu'au sommet. Je continue la montée, mais les pulsations ont encore augmentées, et je sens vraiment que le moteur est en surchauffe.
 
Quelqu'un prononce mon prénom, je me retourne, c'est Seb! Il passe, mais j'avoue ne pas être trop en état de faire la causette avec lui. D'ailleurs, je m'arrête quelques mètres plus loin, prenant le temps de retrouver un rythme cardiaque convenable. Je repars, mais rapidement je suis à nouveau dans le dur, avec des débuts de crampes dans les jambes. J'arrive péniblement à parcourir 1 km ou 2, et arrivé dans les 2 derniers kilomètres, je dois me résigner, et je préfère effectuer cette partie à pied. J'ai monté de nombreux cols, et c'est la première fois que je dois en terminer un à pied, ce n'est pas glorieux... Enfin le sommet n'est plus très loin, et si ça peux me permettre de continuer...
 
Un gars sur le coté est en train de vômir. D'autres marcheurs me dépassent allègrement, et je dois, même à pied, faire quelques pauses. Je me sens au fond du gouffre, et je doute fortement de mes capacités à passer les 2 cols restants.
 
Il y a déjà de nombreux camping cars près du sommet, et en passant près de l'un deux, je me fait arroser abondamment avec un jerrican. La vache, c'est glacial!
 
A 500 m du sommet, je remonte sur le vélo et fais l'effort de terminer jusqu'au col.
 
Le ravitaillement est le bienvenu, je bois du coca, mange quelques quartiers d'oranges. J'ai constaté plusieurs fois par le passé, que cela avait un effet plutôt positif, dans ces moments là. J'en profite pour me dévêtir un peu, le T shirt que je porte sous mon maillot, contribue sans doute pour beaucoup dans cette surchauffe. J'enfile le coupe vent pour la descente... et me rends compte 200 m plus loin, qu'il reste encore les quelques kilomètres de montée jusqu'au col de la Croix de Fer. Tiens, je l'avais oublié celui-là! Heureusement, la montée n'est pas trop pentue, et j'atteints le sommet sans trop peiné. Au final, c'est quasiment une heure que j'aurais dilapidé sur l'ensemble de la montée.
 
Je réenfile le coupe vent, cette fois-ci, et me lance dans la descente. Je reprends du plaisir, et n'hésite pas à relancer un peu et à tourner les jambes dès que je peux, tout en restant prudent, la route n'étant pas toujours dans le meilleur état.

J'aperçois le virage à droite qui marque le début de la montée au col du Mollard, voilà l'instant de vérité, ai-je suffisamment récupéré?... Ce col ne fait que 6 km, mais la pente est quasi constante à près de 7%. Je monte kilomètre, après kilomètre, l'allure n'est pas trop mauvaise, le cardio a cessé de s'affoler, et les jambes ne me font plus trop mal. Ouf, je reprends espoir.
 
Arrêt rapide au ravitaillement, et je m'élance dans la descente du Mollard. Celle-ci est très technique avec de nombreux virages qui s'enchainent les uns après les autres, mais je constate que j'ai fait de gros progrès en descente, et je prends énormément de plaisir dans celle-ci.
 
Au bout d'une interminable descente, j'arrive à St Jean de Maurienne, et prends le temps de remplir les bidons et de manger un peu au ravitaillement.
 
J'attaque les premières pentes de la montée de La Toussuire, il fait encore très chaud. Les premiers
kilomètres sont les plus difficiles, et si j'arrive à tenir sur ceux-ci, ce sera bon pour le moral. Je dépasse de nombreux concurrents, qui se sont arrêtés dans les quelques coins d'ombre. A présent je suis beaucoup mieux, et j'enchaine les kilomètres à allure régulière, sans caller. Régulièrement, des spectateurs nous aspergent avec des jets d'eau, ça fait un bien fou! Nous passons le Corbier, beaucoup de gens nous encouragent. Il reste encore quelques passages pentus, mais je sais que plus rien ne pourra m'arrêter dorénavant. J'atteints La Toussuire, et je me permet même de finir sur la plaque.
 
Sitôt passé la ligne, on nous remets la médaille et le T Shirt de Finisher.
 
En 2012, j'avais bien passé le Glandon et j'avais ensuite coincé dans La Toussuire. Cette année ce fût l'inverse, heureusement que j'ai réussi à inverser à la tendance sur la seconde partie de l'épreuve.

Je retrouve Seb à l'arrivée, heureux d'avoir été au bout en 8h50. Quand à Tim, il réalise lui aussi une belle perf en passant sous la barre des 8h.
 
Comme les précédentes, cette Etape du Tour me laissera plein de bons souvenirs. Je suis loin du temps que je m'étais fixé, mais qu'importe, le passage sur la ligne d'arrivée aura suffit à faire oublier tous les mauvais moments de la journée.

Quelques Chiffres:

Col de Chaussy (1C)              15,4 km à 6.3 %
Col de la Croix de Fer (HC)   22,4 km à 6,9%
Col du Mollard (2C)               5,7km à 6,8%
La Toussuire (1C)                   18km à 6,1%
Mon temps:                            9 h 26 mn 01 sec
Ma position à l'arrivée:          6333
Le nombre de finishers:         9877
Le nombre de partants:        12092
Le nombre d'inscrits:           15000

La Vidéo:



dimanche 5 juillet 2015

Le Défi des Fondus de l'Ubaye 2015

Adepte de la pratique du vélo sous toutes ses formes, ce défi se présentait à moi comme une nouvelle épreuve qu'il me fallait tenter un jour. A vrai dire, je n'avais pas spécialement prévu d'y participer dès cette année, mais un changement dans mon programme initial, et le décalage de mes vacances m'offre finalement cette opportunité. Je pourrais ainsi participer à l'épreuve le lendemain de mon arrivée, et profiter de la semaine qui suivra pour monter d'autres cols dans cette région de l'Ubaye que je ne connais pas.
 
Le principe de ce défi est simple; au départ de Barcelonnette, effectuer jusqu'à 7 montées, en moins de 24h, et dans cet ordre: Col de Vars, Station Sainte-Anne, Cime de la Bonette, Col de la Cayolle, Col d'Allos, Col Saint-Jean, Col du Pontis. L'accès à la confrérie se fait dès lors qu'on a monté 4 cols (Membre), 5 cols (Maître) ou 7 cols (Grand Maître). Je me fixe pour objectif les 5 cols, avec l'espoir de pouvoir continuer sur les 7 cols.
 
Contrairement à une cyclosportive, le parcours n'est pas en boucle, une fois un col atteint, on le redescend et on passe au suivant, ce qui permet à chacun d'arrêter quand bon lui semble. Il n'y a pas de classement, et chacun est libre de rouler à son allure.
 
Cerise sur le gâteau, nous pédalons pour une bonne cause, et notre engagement est en quasi-totalité reversé à l'association "Vaincre la Mucoviscidose". Même les commerces locaux y vont de leur soutien, en fournissant la majeur partie des ravitaillements.
 
A une semaine de l'événement, ma participation est plutôt compromise, je souffre d'un mal de dos, qui je pense va rapidement s'estomper, et à l'inverse, à 3 jours de l'épreuve, celui-ci me fait un mal de chien, m'interdisant toute possibilité de monter sur un vélo. Heureusement, tout va rentrer dans l'ordre aussi rapidement que le mal était venu, et je redeviendrais opérationnel le jour J.
 
Arrivé à Barcelonnette le vendredi en début d'après-midi, je retire ma plaque de cadre et assiste à la réunion d'information organisée en fin de soirée. Tout nous est clairement expliqué: les contrôles en haut des cols, les ravitaillements, la possibilité de laisser des affaires à différents points du parcours, ... Pour la sécurité de tous, nous devrons pointer à chaque lieu de passage et informer de notre souhait d'arrêter ou inversement de continuer vers d'autres cols.
 
Samedi matin, je fais partie de la première vague à s'élancer à 5h30 de Barcelonnette. Ceux ayant prévu de 1 à 3 montées s'élanceront à 8h. Nous pointons notre carte de route, et nous élançons dans la vallée.
 
Ca roule tranquille jusqu'au pied du col de Vars. Les premiers kms sont assez roulants, et passés les 2 tunnels, la montée démarre véritablement. Les derniers kms sont plus durs, et déjà je croise les premiers qui en ont finis et qui redescendent. J'arrive en haut à mon tour, le temps de pointer ma carte et je redescends.
 
Je reprends la vallée et bifurque vers la station Sainte-Anne. Cette montée est courte mais comporte quelques bonnes portions qu'il faut bien négocier. Les températures commencent à monter, de même que mon cardio qui me semble un peu plus élevé que je ne l'aurais souhaité. J'arrive en haut, me disant que je récupérerais dans la descente.
 
Je regagne la vallée et m'arrête au ravitaillement de Jausier. Il faut à présent attaquer le gros morceau de la journée, la cime de la Bonette et ses 2802 m d'altitude, réputée être le point le plus haut d' Europe pouvant être atteint via une route goudronnée. Il faut faire preuve de patience, les 24 kms de montée pour 1600 m de dénivelé, ne s'avaleront pas d'un coup de pédale. La route est plutôt belle et
large au départ, il fait de plus en plus chaud, mais le léger vent qui souffle fait oublier cette impression. Et pourtant, je suis luisant de sueur, ce qui semble plaire aux mouches qui prennent un malin plaisir à se regrouper autour de moi, et à m'accompagner dans la montée. Ce qui me rassure, c'est que les autres cyclistes que je dépasse emmènent eux aussi leur essaim de mouches satellites. Je tente de les berner par quelques accélérations, mais rien à faire, elles reviennent. La montée se poursuit, et quelques rampes plus difficiles viennent casser le rythme qui était jusque là régulier. De premières crampes apparaissent, et je réalise avoir sous estimé la chaleur et les efforts lâchés dans les premières ascensions. J'absorbe un gel, m'hydrate, mais c'est trop tard, le mal est fait, et je me résigne à faire quelques arrêts dès lors que je me sens dans le dur. Le dernier kilomètre est un mur, et je me fais violence pour aller jusqu'au sommet. Malgré quelques minutes perdues ça et là, je suis encore dans le timing que je m'étais fixé, mais je commence à avoir de gros doute quant à mes capacités à tenir jusqu'au bout.
 
Je redescends à Barcelonnette, et prends le temps de me restaurer convenablement d'une salade de pâtes que les bénévoles de l'association ont pris soin de nous préparer. Je repars avec l'espoir que cette salade sera magique et qu'elle me redonnera mes jambes.
 
J'attaque le col de la Cayolle, même si celui-ci est un peu moins pentu que la Bonette, il est tout de même long de 25 kms et il ne faudra guère plus compter sur l'ombre durant la montée. D'ailleurs, je ne tarderais pas à retrouver mes amies les mouches, venant régulièrement faire un petit bout de chemin avec moi. La première partie du col n'est pas la plus difficile, mais les jambes ne sont pas revenues, et le moral commence lui-aussi à me lâcher. Dommage, car ce col est assurément l'un des plus beaux de la région, j'aurais aimé prendre plus de plaisir à le monter. Vers la fin du col, la pente se fera un peu plus sévère, sans être pourtant excessive, m'obligeant à de nouveaux arrêts. Je me sens tout honteux, d'être là à l'arrêt, alors que les autres me dépassent, certains essayant même de m'encourager. Mes bidons qui avaient été remplis d'eau bien fraiche au dernier ravitaillement, contiennent à présent de l'eau chaude qui me donne mal au ventre. Je repars, mais je sens bien qu'il n'y a plus d'essence, et que le cœur n'y est plus.
 
J'atteins le sommet du col, n'oubliant surtout pas de pointer. Ce col est le 4e, synonyme d'entrée dans la confrérie. Je redescends tranquillement, me disant que les jambes et l'envie reviendront peut-être. Au ravitaillement d'Uvernet, il y a d'un coté, l'accès au col d'Allos, le 5e, et de l'autre le retour à Barcelonnette. Et puis flûte, je rentre, plus l'envie, plus les jambes, et tous ces derniers cols que je n'ai pas monté, je les monterais au cours de la semaine de vacances qu'il me reste dans la région.
 
De retour à Barcelonnette, je rends ma plaque et notifie l'équipe de mon intention d'arrêter là. Une belle balade tout de même de 180 kms pour 4300 m de dénivelé, mais qui me laisse un petit goût de déception. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même, mais j'aurais appris de mes erreurs, et aurais déjà rectifié le tir au cours de la chaude semaine qui suivra, concernant certains points qui m'ont fait défaut.
 
En soirée, le repas préparé par les bénévoles est un régal, et tant la soupe à l'oignon que les pâtes me requinqueront à la fois les muscles et le moral. Chapeau à eux, qui assureront le service jusqu'à 5h du matin lorsque les derniers arrivants des 7 cols en finiront.
 
Coté organisation, ce défi fut une vrai réussite, et la trentaine de membres qui y ont contribués, ont œuvrés durant tout un week-end à l'accueil des participants, les pointages, les ravitaillements, la restauration... sans oublier tout le travail amont. Le fruit de tout ce labeur a permis de récolter un peu plus de 17000 € au profit de l'association Vaincre la Mucoviscidose. Franchement, un grand bravo, et un grand merci à toute l'équipe !
 
Que l'on monte un col, ou 7 cols, ce défi reste un défi personnel, que l'on peux réaliser dans une ambiance très conviviale, et quel que soit son niveau.
 
Je me suis arrêté après 4 cols cette année, mais promis je reviendrais, la région est trop belle, et toute l'équipe des Fondus de l'Ubaye trop sympas !

lundi 15 juin 2015

Les 3 Ballons 2015

Bien sûre, je ne tiendrais pas de brèves de comptoir sur ce blog, pour y discuter ballon de rouge, de rosé et de blanc... Non rien de tout ça, ce nom évoque tout simplement l'une des plus belles cyclos, se déroulant au cœur des Vosges, et dont le tracé relie le ballon de Belfahy, le ballon d'Alsace et le Grand Ballon.
Son ratio distance/dénivelé (213 km pour 4300m de dénivelé) la classe parmi les plus dures de France, juste derrière la Marmotte.

J'ai coché cette épreuve de longue date, et j'en ai fais l'un des principaux objectifs de ma saison.


 
En étudiant le parcours, et en estimant le temps dans lequel je suis capable de le réaliser, je me rends compte que je ne suis pas très loin du temps pour obtenir le brevet d'or, soit 9h40.
Le parcours sera long et difficile, avec de nombreux raidars où il ne faudra pas faiblir, je pense ce défi audacieux, mais ce sera une bonne source de motivation durant l'épreuve. J'établie un plan de route, avec les heures de passages aux cols, et le fixe à l'avant de mon vélo, pour mémo.

Pour le logement, j'ai réservé dès le début de saison un emplacement au camping de Luxeuil Les Bains, où se tiendra le départ.

Arrivé sur place le vendredi, je retire ma plaque de cadre et en profite pour visiter un peu Luxeuil. Les 3 Ballons, sont semble t'il, une fierté pour les habitants, et les commerçants n'hésitent pas à afficher leur soutien à l'épreuve par des T Shirts ou vélos dans les vitrines. Je me sens en tout cas bien mieux accueilli qu'à Beaumes de Venise l'an dernier. La ville n'est pas doté de nombreux parkings, c'est pourquoi l'organisation a judicieusement placé l'arrivée à Raddon et Chapendu, à 7 km de là.

Il va pleuvoir toute la nuit précédant l'épreuve, mais heureusement, lorsque je me lève un peu après 5h, il s'arrête de pleuvoir. Le temps ne s'annonce pas aussi ensoleillé pour autant, je glisse tout de même une veste de pluie dans l'une de mes poches.

J'arrive au départ. Il n'y a, à vrai dire, que très peu de français, la plupart sont belges ou hollandais, comme à la Marmotte.

A 7h15 le départ est donné, et sitôt, les quelques carrefours traversés pour sortir de Luxeuil, nous retrouvons de la ligne droite. Je vois déjà de nombreux coureurs me dépasser à fond, de mon coté, je me contente de suivre l'allure sans faire d'efforts inutiles.

Après une vingtaine de kms, une première côte de 4 kms, qui se passe sans encombre. Déjà, plusieurs concurrents sont victimes de crevaisons, la pluie ayant probablement charrié de nombreux gravillons sur la route, durant la nuit.
 
Nous sommes assez nombreux et arrivons ensuite au pied du col des Chevrères, l'épouvantail de la journée. Les premiers kms de montée ne sont pas trop durs, mais ça se corse sur les 3 derniers, où on sera toujours au dessus de 10%, avec des pointes allant jusqu'à 15%. Tout le monde est dans le dur et s'efforce de monter sans fléchir. La montée est rendu particulièrement difficile, par une route assez étroite, et par le nombre important de participants à cet endroit, où il est très difficile de doubler. Quelqu'un devant moi, a des problèmes de dérailleur, il a du mal à passer sa vitesse, se retrouve à l'arrêt en équilibre, et oscille dans ma direction. Je lui crie dessus pour manifester ma présence, ce qui a pour effet de le faire osciller dans l'autre sens, et il finit par tomber. Tel que ça se présentait, un de nous deux (voire les 2) allait se retrouver à terre, avec les pires difficultés ensuite pour repartir, je préférais que ce soit lui :-)
 
Le sommet est atteint, c'est ce col d'ailleurs qui marque la proximité avec le col de Belfahy. Un coup d'œil à mes prévisions, j'ai 5 mn d'avance. Il y a un ravitaillement, mais je ne m'arrête pas, ayant assez pour aller jusqu'au suivant.
 
Après la descente, je roule avec un groupe assez conséquent, et nous abordons la montée du ballon d'Alsace. Des 3 montées possibles, c'est le côté le moins difficile, et c'est vrai qu'il est assez roulant, mais il faut tout de même composer avec une montée de plus de 10 kms à 5% qui pèsera en fin de parcours.
 
Je m'arrête au ravitaillement, peu après le sommet. J'en suis à présent à 10 mn d'avance sur mes prévisions.
 
Il ne fait pas trop chaud, et l'air est plutôt humide, mais je fait une bonne descente, en m'efforçant de pédaler un peu dès que c'est possible. Je me fais une petite frayeur, lorsque j'évite in extremis une pierre, à peine plus gros qu'un œuf, au milieu de la route, alors que je suis lancé à pleine vitesse.
 
Nous attaquons le col du Hundsruck, 9 kms assez roulant également. Mon avance sur l'horaire se porte à 20 mn en haut.
 
Le col suivant, c'est le gros morceau de la journée, le Grand Ballon, et ses 15 kms de montée. Jusqu'au col Amic, où l'on retrouve la route des crêtes, la pente y est régulière, et j'arrive à atteindre ce repère malgré la fatigue qui commence à peser. A partir du col Amic et pour les 6 derniers kms, on sera en moyenne sur du 8% de pente. Je commence à souffrir, et je me dis que j'ai sans doute sous-estimé ce col dans mes prévisions. L'envie de s'arrêter est forte, mais j'essaye de faire abstraction de la fatigue, pour tenir bon jusqu'au bout. J'arrive au col, vidé de mes forces. Je suis pile poil dans mon horaire, j'ai perdu mes 20 mn de marge mais ça reste jouable.
 
Arrêt au ravitaillement, il faut faire la queue pour remplir les bidons, et je perds encore de précieuses minutes. Je profite de la descente pour bien tourner les jambes et chasser les toxines.
 
Nous attaquons le col d'Oderen, j'ai retrouvé mes jambes, et hormis une petite rampe vers la fin, je fais une montée correcte. 10 mn d'avance sur mes prévisions en haut du col.
 
Le plus dur est fait et il reste encore 2 montées, dont le nom m'est inconnu et que j'identifie comme le col du Ménil et le col des Croix.
 
Alors que je suis avec un petit groupe de coureur, nous passons le col du Ménil, sans faire la moindre ascension. Là, je réalise, qu'il ne s'agit pas de la montée que j'attendais, et je n'ai plus vraiment de repères quant à la fin du parcours.
 
Nous montons le col des Croix, 4 kms, et arrivé en haut, je suis heureux d'avoir monté ce que je crois être le dernier col.
 
Nous redescendons, et arrivé à l'entrée de Servance, un signaleur nous fait prendre une petite route à droite. Horreur, cette route est un véritable mur qui démarre d'entrée à 12%, et je dois faire craquer ma chaine pour repasser illico petit plateau, grand pignon. En haut de cette côte, le dernier ravitaillement du parcours, mais je fais l'impasse.
 
Malheureusement, ce mur n'était que le hors d'œuvre, car dans sa continuité, on retrouve la dernière montée (celle que j'avais pris initialement à tort, pour le col des Croix), et là encore les pourcentages sont démesurés, avec de nombreux passages à 15%. Virage après virage, j'espère que c'est la fin, ou tout du moins que les pourcentages redeviendront plus raisonnables. Le moral dans les chaussettes, j'attends un passage à 10% plus doux (si on peux s'exprimer ainsi), et je m'arrête. C'est la première fois de la journée que je pose pied dans une ascension,  je n'ai aucune idée de la longueur de cette montée, et mes espoirs sont en train de s'envoler. Je ne m'attarde pas pour autant, je bois un coup, absorbe un gel, et je repars face à la pente. Environ 1 km après, j'atteins le sommet. Après une courte descente, encore quelques kms de montée, mais cette fois avec une pente plus raisonnable. 
 
Cette fois, c'était bien la dernière montée, d'après le kilométrage restant, il ne faudra pas trainer si je veux me maintenir dans les temps.
 
Nous retrouvons la région des milles lacs empruntée le matin, et il faut malgré tout passer quelques petits raidars en force.
 
La fin sera plus cool, avec un peu de descente, et un final sur le plat, où il faudra cependant affronter le vent qui souffle dans la vallée.
 
Je passe la ligne d'arrivée à Raddon et Chapendu. Un coup d'œil à mon chrono, c'est gagné, j'ai atteins mon objectif, avec un temps final de 9h27, pour l'obtention du brevet d'or.
Un vieil adage cycliste dit que le temps mis sur les 3 Ballons, corresponds à celui mis sur la Marmotte, ce qui dans mon cas correspondrait à une amélioration de plus d'une heure par rapport à ma participation en 2013. A vérifier.
 
Les 7 kms par la route, pour retourner à Luxeuil, ne seront qu'une formalité. La route est rectiligne et sans difficulté.
 
Une cyclo qui m'aura fait souffrir, mais que j'ai beaucoup appréciée malgré tout. L'organisation était au top, et le cadre de la cyclo somptueux.
 
Les chiffres:
 
Temps:                                          9h27:10
Classement:                                  1355 / 2378
 
Col des Chevrères (916 m)          10.3 km à 5%
Ballon d'Alsace (1171 m)            12.4 km à 5.2%
Col du Hundsruck (748 m)          8.7 km à 3.9%
Grand Ballon (1343 m)                16.0 km à 6%
Col d'Oderen (884 m)                  7.0 km à 5.6 %
Col des Croix (679 m)                 4.1 km à 4.5 %
Côte de Beulotte St Laurent (?)   4 km à 12.2 % + 3.4 km à 2.6 %

La Vidéo:


lundi 1 juin 2015

BRM 400 Km - Longjumeau 2015

A l'occasion de Paris-Brest-Paris qui est organisé cette année, comme tous les 4 ans, de nombreux BRM (Brevet de Randonneurs Mondiaux) sont organisés tout au long de l'année à travers la France. Quiconque veux prétendre à se lancer dans l'aventure d'un Paris-Brest-Paris doit tout d'abord valider plusieurs brevets qualificatifs de 200, 300, 400 et 600 kms.
 
En ce qui me concerne, cet immense défi n'est pas encore prévu cette année, mais j'ai souhaité profiter de cette opportunité, pour m'essayer à de la longue distance. J'avais déjà franchi la barre des 300 kms, c'est donc en toute logique que je me suis orienté vers ce brevet de 400 kms.
 
 
 
Il ne s'agit pas d'une course, et chacun est libre de rouler à son allure, à partir du moment où il a effectué la totalité du parcours, et qu'il a pointé les différents contrôles répartis sur le parcours.
Pour moi, ce sera un test intéressant, me permettant d'effectuer pas mal de bornes, en grande partie de nuit, et me permettant de vérifier ma condition physique face à la fatigue et à la durée passée sur le vélo. Le parcours ne comporte pas spécialement de difficulté, en dehors de sa longueur.
 
J'ai dû pour l'occasion acheter un peu d'équipement: un compteur GPS, un gilet réfléchissant, de bonnes lampes avant et arrières, des jambières...
 
Le départ a lieu à Longjumeau à 16h, et je me rends une heure plus tôt afin de m'inscrire et de préparer mon vélo. On nous fourni le road-book, notre carte de route, et on nous indique pour les différents points de contrôles, comment valider le passage en ces lieux.
 
Les vélos sont contrôlés et nous voilà ensuite lâchés dans la nature. Il y a des vélos de toutes sortes, chacun ayant ses combines pour y loger tout se dont il a besoin.
 
Nous voila donc partis pour ce long périple, l'allure n'est pas excessive et me convient bien. Nous formons rapidement un petit groupe d'une vingtaine de coureurs.
Il fait beau, mais nous roulons contre le vent. Quelques côtes pour sortir de l'Essonne, mais rien de très pentu.
 
Nous avançons à travers la Beauce, et arrivons au premier point de contrôle, après 110 km de route. Nous tamponnons nos cartes à l'auberge, et refaisons le plein de nos bidons. Il est proche de 20h, et une partie du groupe, fait une halte pour manger.
 
Je repars avec le reste du groupe, nous ne sommes plus que 10. A l'avant du groupe certains assurent un tempo idéal, ni trop, ni pas assez rapide, et nous progresserons efficacement.
A 22h, nous ne sommes plus très loin de Blois, mais il nous faut déjà allumer les lampes sur le vélo. Arrivé à Blois, nous arrêtons au Mc Do. Il ne s'agit aucunement de se gaver d'un double cheese burger, mais de faire tamponner nos cartes de route. Nous en profitons aussi pour enfiler quelques affaires pour la nuit. Il ne fait pas encore très froid, mais l'un des membres du groupe, qui a déjà 4 Paris-Brest-Paris à son actif, nous conseille vivement de nous habiller chaudement, car la nuit sera fraiche, ce que tout le monde fera sans broncher.
 
Nous repartons, la traversée de Blois, nous procure quelques hésitations, mais les GPS nous sont d'une grande utilité. J'en profite pour allumer le mien, la batterie devant à présent être suffisante jusqu'à la fin, malheureusement l'ayant acheté une semaine auparavant, je ne l'ai pas encore bien en main, celui-ci s'éteignant automatiquement après quelques secondes. Bon, il faudra que je fasse plus attention la prochaine fois, en attendant, il vaut mieux que je sois capable de suivre le groupe, sinon il me restera le road book au cas où je me retrouverais tout seul.
 
Il fait à présent bien nuit, la lune nous éclairant quelque peu. Nous traversons la Sologne, de longues lignes droites et plates à n'en plus finir. Lors de traversée de village, je profite de l'éclairage urbain pour lire mon compteur ou regarder l'heure. C'est dingue comme le temps passe moins vite la nuit!
Cela dit, nous maintenons notre allure, chacun restant bien concentré sur celui qui le précède.
 
Nous arrivons à Vannes Sur Crosson pour le 3e contrôle. A cette heure de la nuit, personne pour pouvoir valider notre passage, aussi la photo de la pancarte de l'entrée du village fera office de "preuve" à notre retour. Dans le village, une fontaine, nous permettra de remplir les bidons.
 
Nous repartons, 260 km dans les jambes, mais jusque là les organismes tiennent le coup, et tout le monde est encore éveillé et attentif.
 
Nous arrivons au point de contrôle suivant, la boulangerie de Bazoches Les Gallerandes. Le boulanger est prévenu de notre arrivée, il ouvre normalement à 5h, mais il est 4h40. Ce dernier nous entends depuis son fournil et il vient nous ouvrir. Il remplit nos cartes, et nous lui achetons des pains au chocolat tout chaud. Voilà un délice qui se mérite! Nous ressortons de la boulangerie, et devons faire face à la réalité de nouveau: il fait un froid de canard dehors à cette heure!
 
Quelques kilomètres de route, et nous voilà un peu plus réchauffés. D'ailleurs le jour ne tarde plus à se lever, et c'est déjà un premier sentiment de victoire que d'avoir pu braver la nuit.
 
Le 5e et dernier point de contrôle se situe à Authon La Plaine, après 350 km de route. On doit faire pointer nos cartes dans le bar restaurant, mais là encore, nous sommes en avance sur l'horaire et celui-ci n'est pas encore ouvert. Même si nous passons à côté de l'occasion de prendre un bon café, une photo de l'établissement nous permettra de valider notre passage.
 
Les 50 derniers kilomètres se feront toujours à bonne allure, et nous retrouverons quelques bosses sur la fin que l'on arrivera à passer grouper. Il est 8h, et nous sommes le premier groupe à arriver à Longjumeau, mais encore une fois, ce qui prime avant tout c'est la satisfaction d'avoir réaliser un beau et long périple tous ensemble. J'en profite d'ailleurs pour remercier tous ceux avec qui j'ai rouler, et qui m'ont permis de prendre autant de plaisir sur mon premier BRM.
 
J'ai un peu mal partout, mais je me sens plutôt bien. J'ai tiré de nombreux enseignements, et je note déjà de nombreux points d'améliorations si je devais participer de nouveau à un tel événement.
 
Maintenant, dans les années à venir; il y a fort à parier que je monterais la barre un peu plus haut, en me lançant d'autres défis, et qui sait, peut-être que dans 4 ans, je serais au départ de mon premier Paris-Brest-Paris, affaire à suivre...